"Une opportunité de me tirer dessus en public..." : Le patineur français Kevin Aymoz menacé et insulté
Le patineur artistique Kevin Aymoz, qui participe aux Jeux Olympiques d'Hiver, a dû composer avec les insultes depuis son plus jeune âge. L'athlète homosexuel de 28 ans fait parfois face à des commentaires extrêmement violents…
Kevin Aymoz, qui représente la France en patinage artistique dans la catégorie individuelle masculine aux Jeux Olympiques d'Hiver, a chaussé ses premiers patins à seulement 3 ans. Mais l'athlète originaire de l'Isère a malheureusement essuyé de nombreuses et violentes insultes dès son plus jeune âge…
Kevin Aymoz, insulté : "C'était assez dur…"
"J'ai appris à patiner avant de marcher", a plaisanté le sportif âgé de 28 ans et qui détonne avec sa petite taille de 1,60 m, interrogé il y a quelque temps par la drag-queen Tabi Stone pour le média Têtu. Mais s'il a pu exercer sa passion toute sa vie, il a été confronté à des insultes parfois violentes, dès sa plus tendre enfance, dès lors que l'on apprenait qu'il prenait des cours de patinage. "C'était assez dur quand j'étais petit parce que, désolé pour les termes, mais dès tout petit j'entendais : 'T'es un p*dé'", a-t-il raconté.
Mais les enfants qui faisaient du patinage artistique avec lui n'étaient guère plus tendres. "Ça a été assez difficile parce qu'il y avait un 'esprit hétéro' qui s'est installé avec tous ces autres garçons qui disaient : 'C'est pas un sport de p*dé, c'est pas un sport de tapettes'. Pour réduire toutes les personnes LGBT à quelque chose de fragile et de pas puissant, qui ne peut pas performer", a expliqué Kevin Aymoz, qui a toujours affirmé son homosexualité.
Kevin Aymoz, face à la violence : "J'avais beaucoup de colère en moi"
En grandissant, à certains moments, Kevin Aymoz a d'ailleurs ressenti le besoin de jouer un rôle. Une véritable pression l'incitant à projeter une image plus virile afin d'être perçu comme plus "masculin" et ne pas se "mettre en retrait de tout le groupe". "J'avais beaucoup de colère en moi parce que je ne pouvais pas m'exprimer comme la personne que j'étais, on devait se forcer à être quelqu'un de solide, comme on dit 'un bonhomme'", a confié celui qui ne révèle pas s'il est actuellement en couple ou non.
Aujourd'hui encore, le septuple champion de France est régulièrement confronté à des insultes homophobes voire des menaces de mort. "Surtout sur les réseaux, ça a été très violent. Pour ma première victoire au Grand-Prix, en novembre dernier, les Américains ont été assez durs", a-t-il expliqué avant de citer des commentaires effroyables qui lui étaient destinés : "Il y en a certains qui m'ont dit que ceux qui avaient tiré sur Charlie Kirk avaient loupé une opportunité de me tirer dessus en public, ce genre de violence qu'on ne devrait pas lire et qu'on reçoit, c'est assez dur. Mais en face à face, jamais. J'ai beaucoup de chance".
