Rachida Dati, gênée par ses origines ? "C'est pas que j'avais honte mais je me disais..."
Qu'on l'aime ou pas, Rachida Dati reste indéniablement un exemple de ce que peut produire l'ascenseur social. La ministre de la Culture et candidate à la mairie de Paris avait pourtant de sacrées embûches sur son chemin...
À 60 ans, Rachida Dati entend bien poursuivre son chemin en décrochant un poste qu'elle convoite de longue date : maire de Paris ! Celle qui est déjà maire du chic 7e arrondissement de la capitale, a cumulé les fonctions au cours de sa carrière politique et peut se targuer d'avoir bien mené sa barque. Mais ce n'était pas gagné d'avance, bien au contraire ! Plus jeune, Rachida Dati a composé avec son environnement familial pas facile...
Rachida Dati née dans une famille de 11 enfants : "Par moment, on a envie d'être enfant unique"
La candidate de droite aux municipales à Paris, actuellement donnée 2e des sondages entre 26% et 28% derrière Emmanuel Grégoire pour le PS et ses alliés, est revenue sur sa jeunesse et ses origines, modestes, dans Legend, de Guillaume Pley. Cadette d'une famille de onze enfants, elle est la fille d'une mère au foyer et d'un maçon musulman, qui a tout de même souhaité que ses enfants fassent leur scolarité dans une école privée catholique.
"Comment c'est à table ?", lui a demandé l'animateur, pour revenir sur ses souvenirs de jeune fille. Ce à quoi la principale concernée a répondu amusée : "Y'a pas de table !" Et Rachida Dati de détailler un peu son enfance : "On n'a pas beaucoup d'écart [elle est née en 1965, ndlr]. Il y a un enfant par an. Et maman a perdu pas mal d'enfants, elle a été enceinte pratiquement toute sa vie (...) Par moment, c'est très agréable d'avoir plein de frères et soeurs, et par moment on a envie d'être enfant unique (…) Il y a toujours du mouvement mais, contrairement à ce qu'on peut imaginer, c'est très organisé quand même."
Rachida Dati a-t-elle eu honte de sa famille ? "C'était une chape de plomb"
La mère de Zohra, née en 2009, a connu une éducation "plus stricte qu'ailleurs" mais qui lui "convenait totalement". "C'était très carré, j'étais punie souvent même si j'étais première de ma classe", a-t-elle complété. Un statut qui lui a permis de très vite "prendre le lead" sur sa famille. "Ma sœur aînée [Malika Dati, elle-même engagée en politique, ndlr] s'est mariée très jeune, elle s'est mariée à 17 ans et demi, avec mon cousin d'ailleurs, et elle est repartie au Maroc (…) Donc moi j'ai pris un peu la conduite de la famille pour les études, l'école, remplir les papiers parce que j'avais des parents qui ne savaient pas lire, pas écrire."
Questionnée sur sa grande discrétion au sujet de sa famille, l'ancienne ministre de la Justice et magistrate de profession a déclaré : "C'est pas que j'avais honte mais je me disais, en France, on aime bien les étiquettes, les statuts et je craignais que ma condition sociale d'origine, ma famille, puissent être un handicap dans ma réussite ou dans le fait d'accéder à des postes à responsabilité. C'était pas un plafond de verre qu'on pouvait connaître, c'était une chape de plomb." Réputée pour être un bulldozer en politique, Rachida Dati a depuis fait exploser son plafond de verre. Un parcours bientôt couronné par une victoire à Paris ? Réponse en mars prochain.
