"Un pourcentage minable..." : Sheila spoliée de sa fortune, elle devrait être bien plus riche que cela

Sheila a été lésée d'une grosse partie de sa fortune. La chanteuse de 80 ans aurait pu gagner davantage d'argent si elle n'avait pas été escroquée par un homme qui profitait de sa naïveté pour s'enrichir personnellement, comme elle l'a confié au "Monde"…

"Un pourcentage minable..." : Sheila spoliée de sa fortune, elle devrait être bien plus riche que cela
© Niviere David/ABACAPRESS.COM

Au début des années 1960, en pleine explosion des yé-yé, la France découvre une jeune femme bourrée de talent : Sheila. Derrière l'ascension de la jeune chanteuse, un homme : Claude Carrère.  Un conte de fées à première vue… Mais c'était sans compter sur la vénalité de cet homme de spectacle, aujourd'hui décédé.

Sheila, arnaquée par son producteur : "Je ne touchais rien"

"Nous n'étions rien, ni l'un ni l'autre – je faisais les marchés, lui était un chanteur raté – mais de notre collaboration est né un empire (...) Il avait du pif, un sens inné du marketing, un appétit vorace pour l'argent, alors que moi, je ne songeais qu'à vivre mon rêve d'artiste, disciplinée et bon petit soldat", a récemment rappelé Sheila dans les colonnes du Monde. Et à celle qui, à la ville, est Annie Chancel de détailler : "Il est devenu mon producteur (…) et a tout pris en main, m'accordant sur les ventes de disques un pourcentage tellement minable qu'il a finalement été obligé de me salarier, sinon je ne touchais rien"

Pourtant, l'interprète de Spacer n'a pas immédiatement douté de la sincérité de son mentor. Ce n'est qu'en 1996, que cette fille de commerçants a intenté un procès à ce fameux Claude Carrère, qui l'avait spoliée d'une énorme somme d'argent. Résultat : les prud'hommes ont condamné sa société à verser 4,3 millions de francs à la chanteuse. 

Sheila et Claude Carrère © DEVILLE CHRISTIAN/SIPA

Sheila a eu "500 boutiques franchisées" à son nom : "Il gagnait un maximum d'argent"

Une compensation bien maigre comparée aux sommes empochées par l'ex-manageur de Sheila. "Plus on part de loin, plus la réussite a de valeur. La mienne n'est due qu'à l'huile de coude et à la droiture inculquée par mes parents. Je n'ai donc aucune amertume, à 80 piges, même si j'en ai pris plein la gueule. Aucun sentiment de revanche. Juste une immense gratitude. Et la fierté de ne m'être donné aucune limite", a d'ailleurs scandé l'artiste de 80 ans… qui a eu des magasins à son nom ! 

Effectivement, celle qui ne voulait plus voir ses parents "se lever à 4 heures" a accepté l'idée d'ouvrir plusieurs boutiques de Sheila, "destinées à vendre des vêtements griffés Sheila". "Je dessinais des esquisses de robes, de jupes, de blousons avec de jeunes stylistes ; puis je posais avec les tenues, qui étaient distribuées un peu partout. Comme ça marchait bien, on a ouvert des magasins à la tête desquels je pensais mettre mes parents", a-t-elle raconté.

Mais le producteur a rapidement mis son grain de sel : "Carrère s'est récrié. Il a placé des gens à lui, écartant mon père (…) Mes parents sont donc devenus, comme moi, ses salariés tandis que la chaîne s'est étendue, jusqu'à compter 500 boutiques franchisées". Une aventure qui s'est relativement mal terminée : "Un jour, Carrère a brusquement annoncé la faillite de l'entreprise et la fermeture de tous les magasins. Parallèlement, il se débrouillait pour que j'enchaîne les disques, sur lesquels il gagnait un maximum d'argent, tout en m'empêchant de reprendre la scène, car cela m'aurait donné de l'indépendance"