La seconde main est devenue une vraie habitude en France. Selon l'ADEME, 42 % des Français achètent des vêtements sur des plateformes d'occasion. Mais entre acheter d'occasion et savoir vraiment chiner, il reste une petite marge : quand des centaines de chemises, pulls et vestes défilent devant nous, le prix bas peut vite devenir notre principal critère.

Bay Garnett, elle, sait exactement où regarder. La styliste britannique défend la seconde main depuis plus de vingt ans et l'intègre régulièrement à son travail. Dès 2003, pour son premier shooting pour le Vogue britannique, elle avait habillé Kate Moss avec des vêtements chinés. Depuis, elle continue de mélanger pièces vintage et vêtements plus récents dans ses looks. Dans The Guardian, elle explique que ce sont d'ailleurs souvent ces trouvailles d'occasion qui attirent le plus l'attention des personnes qu'elle habille.

Son premier réflexe : ne surtout pas rester sagement au rayon femme. "Regardez aussi au rayon homme", conseille-t-elle. Elle y cherche particulièrement les chemises à boutons, notamment les modèles Oxford ou en popeline, assez structurés, en bleu ciel ou à rayures. Elle raconte même avoir repéré dans le neuf une chemise affichée à un prix très élevé avant d'en trouver une qui lui plaisait au rayon homme d'une boutique de seconde main. Portée manches retroussées avec un vieux jean ou rentrée dans une jupe en soie, la chemise masculine devient alors beaucoup plus intéressante que sur son cintre.

Même chose pour l'état du vêtement. Tout ce qui a déjà vécu n'est pas forcément bon pour le bac à chiffons. La styliste aime notamment les sacs en cuir patinés et a déjà acheté un sweat des années 1970 malgré son tissu délavé, justement parce que cet aspect fonctionnait avec le modèle. Également, un bouton manquant ou une petite couture à reprendre peuvent être réglés grâce à quelques points. En revanche, elle pose une limite très claire : les taches visibles. Là, pas question de se raconter qu'un passage en machine et trois recettes trouvées sur Internet feront des miracles. Elle laisse la pièce.

Pour mettre ces conseils en pratique, nul besoin de connaître une petite friperie confidentielle au fond d'une ruelle. On peut commencer par les boutiques Emmaüs, présentes partout en France, mais aussi Ding Fring, le réseau de friperies du Relais, ou encore les boutiques Afere et celles de la Croix-Rouge française. Ressourceries, recycleries et friperies associatives locales valent également le détour : les arrivages changent constamment et les vêtements y sont souvent vendus à petits prix. De quoi prendre le temps de fouiller tous les portants… rayon homme compris.