Irrévérencieuse et peu prompte à suivre les tendances, Catherine Ringer affichait un style assumé qui ne s'excusait jamais. Rebelle dans l'âme et jusqu'à la moelle, la chanteuse des Rita Mitsouko respirait l'anticonformisme jusque dans son vestiaire. C'est donc tout naturellement qu'elle développe une love story pérenne avec "l'enfant terrible de la mode" en personne ; un certain Jean-Paul Gaultier. Depuis leur rencontre dans les années 80, les deux rebelles créatifs font fréquemment des incursions dans le monde de l'autre. C'est d'ailleurs lui qui va l'habiller tout au long de sa carrière. Les fans de la première heure pensent évidemment à l'iconique robe cage aux seins coniques dans le clip de Marcia Baïla (1985). Une silhouette que Madonna portera elle-même 6 ans plus tard, et qui contribuera à renforcer sa légende de popstar sur fond de scandale.
Outre ces fameux seins coniques qui auront traversé l'Atlantique pour atterrir sur le buste de la "Queen of Pop", d'autres pièces vestimentaires, représentatives de l'univers Jean Paul Gaultier, sont aussi emblématiques du vestiaire de Catherine Ringer. Parmi elles, les rayures horizontales sous toutes les coutures. C'est en particulier cette mini robe rayée, beige et noire, qui nous a interpellés. La chanteuse l'a arborée à de nombreuses reprises au fil des années : au festival des Eurockéennes de Belfort à l'été 2007, sur le plateau de Vivement Dimanche spécial "Les Bronzés 3" en décembre 2005, en 2003... Fidèle à elle-même, Catherine Ringer détournera cette pièce Jean Paul Gaultier Printemps-été 2003 pour la porter comme un top.

Un imprimé rayé devenu véritable "gimmick mode" de l'artiste ; non sans raison. Dans la sous-culture des Punks, qui refusent de se soumettre au conformisme depuis les années 70, les rayures sont un incontournable du dressing (au même titre que le tartan ou les épingles à nourrice). La rayure est tout d'abord le symbole ultime du conformisme, car présente sur de nombreux uniformes (écoliers, marins, prisonniers). Lorsque les Punk s'approprient la docile rayure, ils la détournent de son sens premier d'"uniformité" et lui confèrent cette nouvelle aura rebelle.
De surcroît, il se murmure qu'au Moyen-Âge, les vêtements rayés étaient la tenue décriée des parias, des prisonniers, des prostituées, des voyous et des marginaux. Les Punks s'identifiant eux-mêmes comme des anarchistes "anti-système", il n'en fallait pas plus pour qu'ils l'arborent fièrement et procèdent à un "retournement de stigmate".
Un esprit rock et contestataire qui sied donc à merveille à Catherine Ringer. Avec son compagnon Fred Chichin, la chanteuse s'est évertuée à interpréter des textes engagés tout au long de sa carrière. Si les plus jeunes n'ont pas connu ce temps passé, ils se souviendront du moment où elle a esquivé la bise du président de la République, Emmanuel Macron.