Si la mère joue la carte de l'humour, l'enfant a choisi un tout autre parcours. Anne Roumanoff, qui s'est bâti un nom dans le monde très masculin du "one man show", a en effet donné naissance à une fille qui préfère les chiffons et les podiums des défilés, aux blagues et aux parquets bien lustrés des salles de représentation. Née de son union avec son ex-mari Philippe Vaillant, l'aînée Alice a donc choisi de se tourner vers un autre monde très cloisonné : celui de la mode.
Nous sommes en 2019 lorsqu'elle lance sa propre maison, qu'elle nomme tout simplement : VAILLANT STUDIO, puis VAILLANT. La jeune griffe tutoie rapidement les sommets et se fait une place de choix dans les scintillantes paillettes du show business. Ses pièces colorées, délicates et sensuelles comme la dentelle et aussi fluides qu'un mouvement chorégraphié, s'exhibent alors sur les célébrités du monde entier ; parmi lesquelles Beyoncé, Lady Gaga, Lena Mahfouf, Lou Doillon, Rihanna ou encore Sydney Sweeney.
Pourtant, sept ans après de tonitruants succès, VAILLANT se retrouve aujourd'hui en difficulté. Sans un bruit, elle est ainsi placée en redressement judiciaire le 2 juin 2026 (Glitz). Dans l'incapacité d'honorer des charges financières massives comparées à sa trésorerie disponible, elle est déclarée en cessation de paiement depuis mai, puis en redressement judiciaire un mois plus tard, sur décision du tribunal des activités économiques de Paris.
Une surprise quand on connaît l'ascension fulgurante qu'a connu le label. En moins de 3 ans, VAILLANT a non seulement obtenu la validation des pipoles, mais également la reconnaissance des experts de la modosphère. En 2022, Vogue la classe parmi les "5 designers à suivre absolument". En 2024, elle est l'heureuse lauréate du prix des "100 femmes de culture" dans la catégorie "Arts créatifs et savoir-faire". Un an plus tard, la créatrice est même nommée dans les "25 nouvelles têtes qui feront 2025" par Vanity Fair.
Dernière consécration et pas des moindres : les défilés. Si nombre de maisons branchées y ont renoncé en raison de coûts onéreux (Y/Project en 2024, Coperni en 2026), VAILLANT foulait chaque année le runway depuis 2022. Or, tenir un défilé n'est pas anodin pour une maison de couture : outre le fait de renforcer sa présence médiatique et sa légitimité mode, c'est aussi le symbole officieux d'une bonne santé financière. "Il faut compter au minimum 100 000 euros" pour monter son fashion show selon Didier Grumbach (jadis président de la Fédération française de couture).
Mais tout n'est pas fini : un redressement judiciaire ne mène pas inéluctablement à la liquidation. La griffe est aujourd'hui en période d'observation jusqu'à décembre 2026 ; période durant laquelle elle planchera sur un plan de relance, avec recherche d'un ou plusieurs repreneur(s). À bon entendeur.