Vous êtes parent d'un enfant ou d'un adolescent ? Alors il est (très peu) probable que vous ayez échappé au fameux "six-seven", qui a envahi les cours de récréation et les réseaux sociaux l'année dernière. Inspirée d'une chanson du rappeur Skrilla, cette expression est devenue virale sur TikTok. Volontairement absurde et énigmatique, elle n'a pas de signification précise. Et c'est justement ce qui la rend aussi précieuse pour les ados… que déroutante pour les adultes.

Chaque année, le dictionnaire américain Dictionary.com désigne son "mot de l'année". L'objectif ? Mettre en lumière un terme ou une expression qui a marqué les conversations et les tendances des douze derniers mois. Pour faire son choix, le site s'appuie notamment sur les recherches des internautes, les usages sur les réseaux sociaux et les grandes tendances culturelles. En 2025, c'est donc "six-seven" qui avait décroché le titre. Mais pour 2026, changement de registre : le mot choisi est loin d'être aussi absurde. Au contraire, il en dit beaucoup sur les travers de notre société actuelle.

Roulement de tambour… Le mot de l'année de Dictionary.com est "maxxing". Un concept qui n'a en réalité rien de nouveau et qui désigne une tendance bien dans l'air du temps : vouloir tout optimiser, tout améliorer, quitte à en faire trop. Son apparence, son sommeil, son alimentation, sa productivité… L'idée, qui semble tout droit sortie d'un livre de développement personnel, est de devenir la meilleure version de soi-même, dans TOUS les domaines. Comme si la vie était un marathon, avec l'obligation de battre son record personnel à chaque étape. Sur le papier, pourquoi pas ? Sauf qu'à force de vouloir toujours faire mieux, même les choses les plus simples du quotidien finissent par devenir des objectifs de performance.

Mais cette quête de perfection a ses limites. Comme le souligne Jennifer Donnelly, chercheuse à la RCSI University of Medicine and Health Sciences dans un article publié sur The Conversation et repris par The Guardian, le problème du "maxxing" est qu'il laisse penser qu'il existe une version idéale de nous-mêmes, qu'il suffirait d'atteindre à force d'efforts. Sauf que la santé, le bien-être ou encore les relations humaines ne sont pas des objectifs que l'on peut simplement cocher sur une liste. À vouloir tout optimiser, on risque surtout de passer son temps à se surveiller, à se comparer…et à s'en vouloir de ne jamais en faire assez.