Chaque année, nous voyons passer des dizaines (si ce n'est des centaines) de campagnes de rappel de la part de constructeurs automobiles. Rien qu'en 2026, alors que l'année n'est même pas finie, on dénombre déjà plus de 200 procédures visant des véhicules sur la plateforme Rappel Conso. Si certaines concernent des dysfonctionnements mineurs, d'autres touchent directement à des organes vitaux de la voiture : perte soudaine d'assistance de freinage, blocage de la direction ou encore airbags défectueux susceptibles de projeter des débris métalliques dans l'habitacle en cas d'impact...
Pourtant, face à la lourdeur des démarches, au manque de pièces de rechange ou à des courriers qui n'arrivent jamais à destination, de nombreux propriétaires continuent de circuler au quotidien avec des défauts de fabrication majeurs. Pour mesurer l'ampleur de cette mise en danger, le magazine 60 millions de consommateurs a épluché l'ensemble des campagnes de rappels automobiles menées en France de 2016 à 2025, en croisant les données du portail européen Safety Gate et celles de la plateforme officielle Rappel Conso.
Résultat, on remarque de nettes différences entre les marques. D'un côté, il y a les bons élèves comme Jaguar, Jeep, Mini, Honda, Mitsubishi, Tesla ou encore Skoda, qui ont engagé moins de 15 campagnes de rappel en France au cours des dix dernières années. Parmi ces constructeurs sur le haut du podium... aucun n'est français. D'ailleurs, toutes les marques bleu-blanc-rouge se retrouvent plutôt du côté des cancres : dans le Top 5 des constructeurs ayant enregistré le plus de rappels, on compte en effet trois français.
Et c'est Peugeot qui décroche la palme de la marque la plus rappelée en France au cours de la dernière décennie, avec pas moins de 146 campagnes. Soit presque dix fois plus que ses concurrents en bas du classement. Globalement, 60 millions de consommateurs prévient que le groupe Stellantis n'est pas en bonne posture : Citroën, autre marque française de la multinationale, arrive en seconde position avec 142 rappels. Mercedes clôture le podium avec 132 rappels, suivie de BMW avec 82. La présence allemande s'arrête toutefois là, puisque c'est la "French Touch" qui revient à la cinquième place avec Renault et ses 73 rappels.
Ces mauvais résultats s'expliquent par une stratégie propre aux grands groupes automobiles : le partage d'éléments mécaniques et électroniques entre plusieurs marques. Pour réduire leurs coûts de production, Stellantis comme le groupe Volkswagen (deuxième groupe le plus touché par les rappels) équipent une multitude de véhicules avec les mêmes pièces. Dès qu'un composant pose problème, comme le moteur 1,2 PureTech ou les airbags Takata par exemple, la panne se multiplie sur de nombreux modèles. Une unique défaillance suffit ainsi à déclencher une vague massive de rappels.