Au moment de décrocher un crédit immobilier, il y a généralement un chiffre qui monopolise l'attention : le taux. Quelques dixièmes de point deviennent soudain une affaire d'État, les simulations s'accumulent et on finit par connaître sa mensualité à l'euro près. C'est assez logique puisque, sur 20 ou 25 ans, une petite différence peut représenter une belle somme.

Sauf qu'un crédit ne coûte pas seulement des intérêts. À la mensualité s'ajoutent plusieurs dépenses qui paraissent parfois beaucoup moins intéressantes à négocier. Certaines sont payées une fois, d'autres reviennent tous les mois pendant des années. Et c'est justement parmi ces dernières qu'il reste plusieurs milliers d'euros à récupérer.

L'assurance emprunteur en fait partie. Même si aucun texte de loi ne l'impose formellement pour obtenir un crédit immobilier, les banques la réclament quasiment systématiquement. Elle prend le relais dans certaines situations prévues au contrat, par exemple en cas de décès ou de perte totale et irréversible d'autonomie. Pour l'achat d'une résidence principale, les établissements demandent généralement aussi une couverture contre l'invalidité et l'incapacité de travail.

Forcément, une protection payée tous les mois pendant deux décennies finit par peser. Que Choisir Ensemble estime même que l'assurance peut représenter jusqu'à un tiers du coût global d'un crédit immobilier. Prenons simplement 50 euros de cotisation mensuelle pendant 20 ans : cela représente déjà 12 000 euros. À 80 euros, la facture atteint 19 200 euros. C'est donc là que se trouve la démarche qui peut faire économiser plusieurs milliers d'euros : ne pas forcément assurer son crédit auprès de la banque qui prête l'argent et comparer les assurances individuelles proposées ailleurs. On parle de délégation d'assurance.

Selon Que Choisir Ensemble, une assurance individuelle coûte en moyenne deux fois moins cher qu'une assurance bancaire. Pour certains profils considérés comme peu risqués, notamment des emprunteurs jeunes et en bonne santé, le tarif peut même être jusqu'à quatre fois inférieur. Sur une cotisation bancaire de 80 euros par mois, par exemple, la diviser par deux représenterait théoriquement 9 600 euros d'écart sur 20 ans. De quoi justifier quelques devis et un peu de paperasse.

Il ne faut toutefois pas choisir le premier contrat affichant une cotisation miniature. Pour comparer correctement, mieux vaut regarder le coût restant jusqu'à la fin du prêt, mais aussi les garanties, les exclusions, les franchises et les conditions de prise en charge. Le plus intéressant, c'est que cette vérification peut se faire aussi bien avant de signer un crédit que plusieurs années après l'achat. Même avec un prêt déjà bien installé dans le budget familial, il peut donc rester une ligne à sérieusement alléger.