Quand on loue son logement, il y a au moins une enveloppe qu'on est plutôt content de ne pas recevoir : celle de la taxe foncière. Chaque automne, elle arrive chez le propriétaire, puisque c'est à lui de la payer. Le principe est assez facile à retenir : être locataire d'un appartement ou d'une maison ne rend pas redevable de la taxe foncière. Mais, cela ne signifie pas pour autant que toutes les lignes présentes sur l'avis restent forcément à la charge du bailleur.
Pour la taxe foncière elle-même, pas de mauvaise surprise. C'est le propriétaire du logement au 1ᵉʳ janvier de l'année qui doit la régler à l'administration fiscale, y compris lorsque le bien est loué. Impossible donc pour un bailleur de regarder le montant total en bas de la page, de le diviser par douze et d'ajouter tranquillement le résultat au loyer. En revanche, l'avis contient une dépense bien particulière qui obéit à une autre règle. Le propriétaire doit toujours la payer au fisc, mais il peut ensuite en récupérer le montant auprès de la personne qui occupe réellement le logement.
C'est là qu'intervient le principe des charges récupérables. Dans une location, certaines dépenses sont payées dans un premier temps par le propriétaire, alors qu'elles correspondent à des services dont profite le locataire. C'est notamment le cas de certaines dépenses liées à l'eau, à l'entretien des parties communes ou encore à l'ascenseur dans un immeuble. Le bailleur avance la somme, puis la récupère généralement à travers les charges. Ce n'est donc pas parce qu'une facture porte son nom qu'il doit nécessairement en assumer chaque centime jusqu'au bout.
Dans cette même logique, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) peut elle aussi être réclamée au locataire. Elle sert à financer la collecte et le traitement des déchets ménagers et apparaît directement sur l'avis de taxe foncière. L'administration l'établit au nom du propriétaire ou de l'usufruitier, mais lorsqu'un logement est loué, le propriétaire peut récupérer son montant auprès du locataire. Une petite subtilité mérite toutefois de sortir la calculatrice : les frais de gestion associés à cette taxe restent, eux, à la charge du propriétaire.
Il faut enfin vérifier le système utilisé dans la commune, car la TEOM n'existe pas partout. Certaines collectivités financent la collecte des déchets avec une redevance d'enlèvement des ordures ménagères, la REOM, qui fonctionne différemment. La mairie ou le groupement de communes chargé des déchets peut indiquer le dispositif appliqué à une adresse. Une chose reste donc à retenir au moment de recevoir une régularisation : voir apparaître une somme liée aux ordures ménagères parmi les charges n'est pas forcément une erreur. En revanche, cela n'empêche pas de vérifier le montant réclamé, surtout si le propriétaire a eu la main un peu lourde sur le copier-coller.