Faire défiler ses opérations bancaires et tomber sur un paiement dont on n'a absolument aucun souvenir, ça arrive. Parfois, l'explication se trouve en deux minutes : un commerçant apparaît sous un nom différent, un abonnement avait été oublié ou l'achat a été effectué par quelqu'un de la famille. Mais quand aucune explication ne tient la route et que la carte a bien été utilisée sans autorisation, mieux vaut ne pas laisser traîner l'affaire. Même si le débit n'est pas tout récent.
Le premier réflexe consiste à vérifier l'opération et, si la fraude se confirme, à faire opposition. Pas besoin d'attendre l'ouverture de son agence le lundi matin : la plupart des banques permettent aujourd'hui de bloquer une carte directement depuis l'espace client ou l'application. Il est aussi possible de contacter son conseiller ou le service d'opposition de sa banque. L'idée est surtout d'aller vite, car un paiement frauduleux peut parfois en cacher d'autres. Et découvrir trois nouvelles dépenses inconnues le lendemain n'améliore généralement pas la matinée.
Autre point à connaître : il n'est pas obligatoire d'aller déposer plainte avant de demander à la banque de rendre l'argent. La Banque de France précise que le dépôt de plainte auprès de la police ou de la gendarmerie n'est pas une condition préalable au remboursement. Il reste bien sûr possible de signaler les faits. Et lorsque la carte est toujours dans le portefeuille alors que ses coordonnées ont manifestement servi ailleurs, la déclaration peut aussi passer par Perceval, la plateforme en ligne de la Gendarmerie nationale dédiée aux fraudes à la carte bancaire. C'est notamment utile dans ces situations devenues assez classiques où personne n'a volé la carte elle-même : ce sont simplement son numéro, sa date d'expiration ou d'autres données qui ont été récupérés.
Et c'est justement là qu'une règle assez méconnue peut éviter d'abandonner trop vite. Pour une opération frauduleuse concernée par le régime applicable en France et dans l'espace européen, la demande de remboursement peut être effectuée jusqu'à 13 mois après le débit. Un paiement suspect découvert six, huit ou même douze mois plus tard peut donc encore être contesté auprès de la banque. Attention toutefois si le paiement concerne un bénéficiaire dont l'établissement se trouve hors de l'Union européenne et de l'Espace économique européen : le délai est alors beaucoup plus court, puisqu'il est ramené à 70 jours, soit un peu plus de 2 mois. Le contrat de la carte peut l'allonger, mais sans aller au-delà de 120 jours, soit 4 mois.
Évidemment, connaître ce délai ne signifie pas qu'il faut laisser dormir une fraude pendant un an avant de s'en occuper. Dès qu'un débit paraît vraiment louche, mieux vaut contacter sa banque et lancer les démarches. Mais cette règle mérite d'être connue lorsqu'on remet le nez dans de vieux relevés : une opération frauduleuse passée inaperçue depuis plusieurs mois n'est pas forcément de l'argent définitivement envolé.