A l'approche de la rentrée des classes, c'est la même rengaine chez toutes les familles : il va falloir organiser le retour à l'école, vérifier que toutes les fournitures sont prêtes, décider qui les emmène le matin et vient les récupérer le soir, et surtout faire comprendre aux petits que les vacances sont terminées, qu'il va falloir reprendre un bon rythme de sommeil et se préparer à retrouver les contraintes de l'école. Pour les parents, le retour en classe est une véritable anticipation.
Partant d'un bon sentiment, beaucoup de parents se mettent alors à multiplier les petites remarques du quotidien : "Fini les grasses matinées", "bientôt le grand jour" ou encore "il va falloir se remettre au travail". Une manière bienveillante de préparer en douceur le terrain pour la reprise et d'éviter un choc brutal le jour J. Pour les adultes, tout prévoir à l'avance semble rassurant et permet de ne pas se laisser submerger par le stress la veille de la rentrée. Pourtant, c'est tout l'inverse pour les enfants. Selon la psychologue clinicienne Catherine Rioult, interrogée par le magazine Parents, cette habitude est souvent "contre-productive".
Trop anticiper, et faire du retour à l'école le sujet principal des derniers jours de vacances est justement ce qui va causer le plus d'anxiété aux enfants. "Le scolaire, ça stresse les parents. Et les parents angoissent les enfants. Donc, on va rester cool. On n'en parle pas", préconise ainsi l'experte. Bien sûr, cela ne signifie pas qu'il ne faut rien organiser. L'adulte doit effectivement garder ce changement de rythme en tête, notamment pour adapter l'heure du coucher par exemple, mais "rappeler sans cesse à l'enfant" que le retour en classe approche n'est absolument pas "nécessaire", et ne fait que lui transmettre une charge mentale inutile.
C'est aussi ce qu'expliquait la coach parentale Hélène Decat sur son compte Instagram "Éveil & Conscience Formations", rappelant que la rentrée n'est pas une épreuve en soi pour les enfants : ce sont plutôt les parents qui, à force d'en faire toute une histoire pendant les jours précédents, vont créer malgré eux une atmosphère anxiogène et pousser les jeunes à redouter ce moment. "La rentrée n'est pas un challenge à gagner. C'est une transition. Une étape du quotidien. Plus tu apaises l'ambiance autour, plus l'enfant s'y adapte sereinement." Pour une rentrée détendue, le secret est donc le lâcher-prise.
Pour désamorcer la pression invisible de la rentrée, l'attitude du parent est déterminante : le calme de l'adulte reste le premier régulateur émotionnel de l'enfant. Les experts du développement infantile s'accordent à dire qu'un enfant a surtout besoin de se sentir sécurisé pour aborder un changement de rythme. Au lieu de focaliser les conversations sur les contraintes à venir ou le contenu du cartable, privilégier des moments d'échange spontanés, écouter ses éventuelles appréhensions (sans lui transmettre les vôtres), et maintenir une atmosphère apaisée à la maison suffit à faire tomber le stress.