Être assidu à l'école, bien réviser ses cours, avoir de bonnes notes, et obtenir son diplôme avec mention... Ce sont les clés pour réussir dans la vie, du moins, comme on l'imagine depuis toujours. Mais aujourd'hui, un parcours scolaire irréprochable ne suffit plus à s'assurer une place de choix sur le marché de l'emploi. Si le diplôme n'a pas perdu de sa valeur, il ne se suffit pourtant plus à lui-même. "Déjà, il y a des métiers où on n'en a pas vraiment besoin, et puis il y a toute l'évolution de la carrière où plus on avance, plus on oublie le diplôme. Ce qui va compter, c'est la manière d'être, le savoir-être", nous explique ainsi Sylvie Bremond Mookherjee, ancienne DRH chez de grands groupes comme Orange ou L'Oréal et désormais coach en orientation. 

Depuis quelques années, et encore plus depuis l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle, les "soft skills" sont sur toutes les lèvres. Dans un monde où l'on a longtemps valorisé les "hard skills" – à savoir les compétences techniques concrètes comme la programmation, l'analyse financière ou les connaissances juridiques par exemple – l'accent est aujourd'hui mis sur les qualités humaines et comportementales, ce fameux savoir-être qui fait désormais la différence. Et certaines matières enseignées à l'école permettent justement de développer au mieux ces capacités propres à l'humain.

"En tête des soft skills essentiels, que le World Economic Forum de 2025 identifie comme les compétences comportementales clés attendues par les recruteurs, on retrouve la pensée analytique. C'est-à-dire la capacité à résoudre des problèmes complexes, à analyser les situations en profondeur. Et c'est d'autant plus vrai avec l'arrivée de l'IA", note Sylvie Bremond Mookherjee. Pour la spécialiste, pas de doute, deux matières scolaires pèsent plus que les autres dans la balance. D'abord, les maths. "Travailler les mathématiques, ça devient absolument indispensable. Même si ce n'est pas ce qu'on préfère, il faut quand même faire des efforts. Et je pense que les recruteurs vont y regarder de près", et ce, même dans les métiers qui ne semblent pas nécessiter de grandes connaissances mathématiques. 

Mais les matières scientifiques sont loin d'être les seules : "J'ai envie de dire la philosophie aussi. C'est-à-dire que la capacité d'analyse, ça peut être une analyse avec les chiffres, mais ça peut être aussi une analyse de la pensée. Tout ce qui est compréhension du monde, compréhension des autres, c'est tout aussi important", assure l'experte, par ailleurs autrice du livre Travail plaisir, c'est possible dans le monde qui change.

"Ces matières sont vraiment indispensables pour créer cette capacité d'analyse. Notamment pour les jeunes, qu'ils puissent prendre du recul par rapport aux réseaux sociaux. Je vois des étudiants qui me montrent des articles sur les réseaux... qui sont en fait des fakes. Ils ont 24 ans, ils sont en master à la Sorbonne, c'est un peu inquiétant. Donc, cette capacité de discernement est essentielle", conclut ainsi Sylvie Bremond Mookherjee, également professeure dans la prestigieuse université. La preuve qu'à l'ère des algorithmes et de l'IA, la logique et la réflexion restent les plus grandes armes sur un CV.