"Ces jolis prénoms français qui seront partout dans cinq ans" :  c'est le titre d'un récent article publié par le quotidien britannique The Mirror. Et pour cause, comme l'Insee le fait chez nous, l'ONS (Office for National Statistics) anglais recense chaque année la liste des prénoms les plus donnés, et notamment ceux qui connaissent la plus forte progression dans les maternités

Dans l'Hexagone, c'est Leyann du côté des garçons, et Rosalia du côté des filles, qui ont connu l'ascension la plus fulgurante ces dernières années. Mais chez nos voisins, surprise : les prénoms "frenchies", tant masculins que féminins, ont particulièrement la cote. Deux choix se démarquent nettement, alors même qu'ils semblent doucement délaissés par les parents français.

Entre 2016 et 2025, la popularité de Maeva a littéralement explosé en Angleterre et au Pays de Galles. Avec une croissance annuelle vertigineuse de 69,1 %, ce prénom originaire de Polynésie française (qui signifie "bienvenue") arrive en tête des tendances féminines. Côté garçons, c'est le très classique Rémy qui tire son épingle du jeu avec une solide hausse de 15,9 % par an.

En France, le constat est radicalement différent. Très en vogue entre les années 80 et 2000, Rémy est aujourd'hui en fort déclin sur notre territoire : en 2025, seuls 30 petits garçons ont été prénommés ainsi, bien loin des 1 583 naissances recensées en 1990. Idem pour les Maeva, véritables stars de la Gen Z, qui se font de plus en plus rares. Alors qu'elles atteignaient un pic en 2001 avec 3 270 naissances, on ne comptait plus que 190 petites Maeva en 2025. C'est donc désormais de l'autre côté de la Manche que la relève sera assurée. Selon les prévisions des experts, aucun doute : "d'ici 2030, ces prénoms figureront parmi les plus populaires dans les cours de récréation" anglaises.

À l'inverse, les parents français adorent s'inspirer des registres anglophones : Olivia, Edouard, June, Emmy, Lily, Liam, Robin, ou Arthur – qui figure encore aujourd'hui parmi les plus donnés en France – les prénoms d'influence britannique connaissent un succès constant chez nous depuis des décennies. Un échange de bons procédés, finalement : pendant que nous leur empruntons leurs classiques, ils réinventent nos pépites oubliées. Reste à savoir si cet engouement britannique suffira à redonner à Maeva et Rémy leur cote d'antan dans nos maternités.