Liz Taylor, enchères et en or

Quelque soixante joyaux mythiques provenant de la collection de la star sont exposés à Paris par la maison Christie's, escale d'une exposition mondiale itinérante avant une vente prévue à New York.

Tour à tour ingénue troublante, brune incandescente et allumeuse bling-bling, Liz Taylor s'est érigée en fantasme d'un siècle. Somptueuse, extravagante, capricieuse, elle a aimé, joué, épousé à tour de bras, connu la richesse, la gloire et... collectionné les bijoux, comme les hommes.

Après Moscou, Londres, Los Angeles et Dubaï, l'incroyable trésor de la légende du cinéma décédée le 23 mars dernier, est à découvrir chez Christie's Paris (9, avenue Matignon - Paris 8e), du 16 eau 17 novembre.

Ensuite, le 13 décembre, la maison Christie's America mettra à l'encan les centaines de colliers, sautoirs, bagues, broches ou boucles d'oreilles d'une valeur supérieure à 50 millions de dollars. Une opération dont les bénéfices seront reversés à la fondation pour la lutte contre le sida créée par l'actrice, la Elizabeth Taylor AIDS Foundation (ETAF).

L'amour à mort

1963. Elizabeth Taylor est Cléopâtre, reine d'Égypte et des superlatifs. Richard Burton est Marc Antoine, général romain, son partenaire à l'écran. Coup de foudre servi sur un plateau. Les chastes étreintes du scénario deviennent des scènes torrides, intenses, incendiaires. Déjà un scandale: les deux acteurs sont mariés, mais ne cachent, ni leur flamme, ni leur attirance sexuelle. Le film est un gouffre financier, un fiasco, mais il a le mérite de constituer un couple captivant, un extraordinaire duo de cinéma.

Pour le meilleur et pour le pire...


La relation explosive de ces deux monstres sacrés est marquée par des disputes homériques et des retrouvailles enflammées. Mais l'alcool, dont ils abusent tous les deux, la bouffe, que Liz ingurgite, boulimique, leur font perdre de leur superbe. La maladie, les crises conjugales, aussi. Oscarisée à deux reprises (pour La Vénus au Vison en 1961 et Qui a Peur de Virginia Woolf en 1967), la Mégère Apprivoisée de Franco Zeffirelli ne s'illustre plus qu'à travers ses cures de désintox et ses déboires médicaux. Loin du tumultueux Burton, Liz ne sera plus que l'ombre d'elle-même. Prestations médiocres, chirurgie esthétique, elle grossit, rajeunit, se berce d'illusions en convolant avec un sénateur, puis un ouvrier. Maudits, les amants terribles ne cesseront jamais, contre vents et marées, de se voir, de s'admirer et de s'apprécier. Ils ont désormais l'éternité, pour se battre, s'ébattre, sans se jeter la pierre... précieuse.