Moins connue que Marrakech, cette ville marocaine est le refuge de ceux qui fuient la foule et le bruit - Madonna comprise

Rares sont ceux à y avoir déjà mis les pieds, alors que le Maroc ne leur est pas étranger. Capitale de l'artisanat du pays, elle est encore à l'état de belle inconnue pour bon nombre de touristes, mais plus pour longtemps.

Moins connue que Marrakech, cette ville marocaine est le refuge de ceux qui fuient la foule et le bruit - Madonna comprise
© 123RF

Au premier regard, cette destination demande un certain lâcher-prise pour s'y projeter. Loin de l'effervescence millimétrée de sa cousine Marrakech, elle s'offre à ceux qui cherchent encore le frisson de l'inattendu. Si la Ville Rouge brille sous les projecteurs, cette ville du Nord préfère l'ombre de ses murs séculaires et le silence de ses riads cachés. Un luxe de discrétion qui a même séduit Madonna, venue y passer les fêtes de fin d'année, loin des regards indiscrets.

Ici, on ne visite pas, on s'immerge tant l'accueil est chaleureux. Imaginez un labyrinthe de 9 000 ruelles où le GPS capitule à la première intersection venue. C'est la plus grande zone piétonne au monde, un chaos organisé où les ânes chargés d'épices croisent des voyageurs en quête de souvenirs, à jamais gravés. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981, cette cité médiévale est un conservatoire vivant. Entre les effluves de bois de cèdre et le parfum entêtant de la menthe fraîche, chaque détour est une leçon d'histoire.

On y vient pour toucher du doigt le savoir-faire des maîtres artisans. Sur la place Seffarine, le martèlement du cuivre rythme la journée, tandis qu'un peu plus loin, le spectacle chromatique des tanneries - comme celle de Chouara - saisit les sens (nez sensibles, s'abstenir). Les cuves de pigments naturels, inchangées depuis le Moyen Âge, dessinent un tableau organique que l'on observe depuis les terrasses, une branche de menthe sous le nez pour apaiser l'ardeur des odeurs de cuir brut.

Le cœur spirituel du pays bat également ici, entre les murs de l'université Al Quaraouiyine. Fondée au IXᵉ siècle, elle rappelle que cette ville fut, bien avant l'heure, un phare intellectuel pour toute l'humanité. Mais pour dompter ce géant de pierre et de zelliges sans s'épuiser, une aide locale est précieuse. Via la plateforme GetYourGuide, il est très simple de réserver une visite sur mesure (cours de cuisine, atelier mosaïque ou autre). C'est ainsi que l'on rencontre Fatah, un guide local passionné et passionnant qui connaît chaque recoin de la médina comme sa poche et vous ouvre des portes que vous n'auriez jamais osé pousser seul...

© Julie Guillermet/Journal des Femmes

Vous l'avez sûrement deviné, ce refuge n'est autre que Fès. Plus brute, plus authentique et surtout plus accessible, la capitale spirituelle du Maroc offre une parenthèse hors du temps, où la gastronomie fassie - de la soupe harira à la pastilla au poulet - et ses centaines de chats errants mais bien portants, finissent de convaincre les derniers sceptiques.

Lors d'une prochaine escapade, sortez des sentiers battus et mettez le cap sur la reine méconnue du Maghreb pour quelques jours. Vous en repartirez le ventre plein et la tête aussi.