GREAT FREEDOM : 5 bonnes raisons de tomber amoureux de ce film

"GREAT FREEDOM : 5 bonnes raisons de tomber amoureux de ce film"

En Allemagne les homosexuels ont continué d'être traqués et emprisonnés après le régime nazi, au nom du paragraphe 175 du Code Pénal. Avec "Great Freedom", au cinéma le 9 février, Sebastian Meise filme l'amour et la quête de liberté d'un homme placé derrière les barreaux pour ses sentiments.

Great Freedom fait la lumière sur un fait historique terrible

Great Freedom de Sebastian Meise, au cinéma le 9 février, dévoile un fait ignoré par un grand nombre : en Allemagne, la traque des homosexuels ne s'est pas arrêtée avec la chute du Troisième Reich. Les gays ont continué d'être persécutés et emprisonnés à cause du paragraphe 175 du Code pénal, qui interdisait totalement l'homosexualité jusqu'en 1969. Il a disparu en 1994. Son film dresse le portrait d'un personnage fictif, inspiré d'hommes bien réels. Hans Hoffmann est gay et parce qu'il ne peut empêcher ses sentiments, il passe une grande partie de sa vie en prison. Great Freedom est le récit de cette existence privée de libertés.

Un film de prison pas comme les autres

Sebastian Meise choisit un sujet cruel, mais ne se place pas du côté du pathos et de la noirceur. Le réalisateur dépeint la prison comme un lieu froid, mais met de côté la rivalité et la violence souvent inévitables quand on met en scène cet endroit. Il se concentre sur la camaraderie et les instants de solidarité naissants à l'ombre des cellules et si précieux pour ces hommes qui se croisaient parfois sur différentes décennies, comme Hans et Viktor, les personnages principaux.

Un casting en or

Franz Rogowski est la star de ce film. C'est avec un jeu tout en intériorité et très peu de dialogues qu'il incarne Hans Hoffmann. Le comédien allemand livre là une performance puissante où tout passe par ses expressions, son visage, ses yeux. On y lit la résilience, la résistance, la malice, l'amour ou encore la douleur. Face à lui, l'Autrichien Georg Friedrich est celui par lequel les sentiments explosent, en homophobe rattrapé par la tendresse.

Un regard très actuel

Si le film glisse jusqu'aux années 60, il semble intemporel et son message universel. Le décor de la prison permet de lisser l'époque et le lieu de ces injustices. L'homosexualité criminalisée montrée dans le film peut alors être vue comme un miroir de la situation actuelle à certains endroits du monde. Pour rappel, elle est passible d'une peine d'emprisonnement dans 69 pays et de la peine de mort dans 11.

Great Freedom, repéré à travers le monde du 7e art

La superbe toile de Sebastian Meise a été récompensée dans de nombreux festivals pour son sujet, ses interprétations et sa mise en scène. Sélectionné pour concourir à l'Oscar 2022 du meilleur film étranger, Great Freedom est déjà reparti avec le Grand Prix des festivals de Séville, de Sarajevo, de Valenciennes et du festival LGBTQIA+ Chéries Chéris. Sa photographie et sa musique ont elles été primées par les European Film Awards. Des trophées amplement mérités.