PINGOUIN & GOELAND ET LEURS 500 PETITS est notre coup de cœur ciné du 3 novembre

PINGOUIN & GOELAND ET LEURS 500 PETITS est notre coup de cœur ciné du 3 novembre

Cette semaine au cinéma, on vous encourage à aller découvrir un documentaire sur une histoire rocambolesque, méconnue et hautement instructive : celle d'Yvonne et Roger Hagnauer et de la Maison de Sèvres. "Pingouin & Goéland et leurs 500 petits", réalisé par Michel Leclerc, raconte comment ce couple de Résistants a caché des enfants pendant l'Occupation en leur apprenant à aimer la vie.

© Dulac Distribution

Pingouin & Goéland et leurs 500 petits, au cinéma le 3 novembre, a tout ce qui fait un bon film : des personnages hauts en couleur, un contexte historique terrible, des rebondissements, des méchants, du suspense, du drame et même de l'humour. Il faut dire que Michel Leclerc, réalisateur du Nom des Gens et de La Lutte des Classes, connaît la recette d'un long-métrage réussi. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que son documentaire mêlant la grande et la petite histoire soit palpitant. Le cinéaste disposait d'une matière première rare, avec l'aventure incroyable de Pingouin et Goéland et de la Maison de Sèvres. Ces deux intellectuels, Roger et Yvonne Hagnauer au civil, ont été militants pacifistes, instituteurs, syndicalistes ou encore Résistants. Par un concours de circonstances, les antifascistes qu'ils étaient se sont retrouvés à gérer une Maison pour enfants vichyste, dont ils se sont servie pour cacher des juifs et engager en douce des indésirables du Régime. À ces derniers, ils ont donné des noms de totems pour leurrer l'administration. Aux enfants, ils ont falsifié les documents d'identité. La Maison de Sèvres n'a pas seulement été une planque rêvée pour des dizaines de proscrits, mais aussi une édifiante expérience de pédagogie inspirée de la Nouvelle éducation, pour laquelle Goéland se passionnait.

Michel Leclerc, dont la maman a grandi à Sèvres, a mêlé des documents d'archives à sa propre vision de ce qui est devenu une grande famille. Plus précieux encore, il a interviewé les "copines de sa mère", des anciennes de la Maison, sur leurs années là-bas. C'est ainsi que l'on découvre des femmes drôles, vives, piquantes mêmes et des anecdotes qui en disent long sur le bien que Pingouin et Goéland ont fait autour d'eux. Avec cette réalisation, le cinéaste nous livre un documentaire joyeux sur une période si sombre. Son ton volontairement subjectif apporte une bouffée de légèreté et un ancrage immersif à son œuvre. Le récit historique laisse peu à peu place à une réflexion autour de l'éducation, de la gestion des traumatismes et de l'identité. Un malicieux melting pot, à mettre entre toutes les mains.