Sur le calendrier, l'automne est sur le point de commencer mais au jardin, le changement de saison est beaucoup moins évident. Après un été exceptionnellement chaud et sec, la terre manque encore d'eau sur une grande partie de la France. Les quelques pluies de la fin août n'ont offert qu'un répit et le mois de septembre est à nouveau marqué par un temps très sec. De quoi remettre en question certains réflexes que les jardiniers adoptent habituellement à cette période.
En septembre, le début de l'automne donne traditionnellement le signal de départ de nombreux travaux. Les températures commencent normalement à baisser, l'évaporation diminue et le retour des pluies permet progressivement à la terre de retrouver de l'humidité. Des conditions bien plus favorables qu'en plein été pour installer de nouveaux végétaux. Mais en 2026, regarder uniquement la date sur le calendrier risque de donner une fausse idée de ce qui se passe réellement sous nos pieds.
L'automne est généralement présenté comme une excellente saison pour planter les arbres et les arbustes, car ils peuvent développer leurs racines avant les fortes chaleurs de l'année suivante. Mais mettre maintenant un jeune sujet dans une terre encore très sèche peut compliquer sa reprise et imposer des arrosages importants. Dans les jardins où le sol reste sec en profondeur, mieux vaut donc attendre le retour de pluies suffisamment durables pour l'humidifier réellement plutôt que de vouloir absolument respecter le calendrier habituel. Quelques averses ne suffisent pas toujours : la surface peut paraître humide alors que la terre reste sèche quelques centimètres plus bas.
Avant de sortir la bêche, le meilleur calendrier est donc désormais celui du jardin lui-même. Il suffit notamment d'observer la terre à plusieurs centimètres de profondeur plutôt que de se fier à une surface humidifiée par une averse. Si elle reste dure, poussiéreuse et sèche, patienter peut faciliter la reprise des arbres et arbustes et éviter de devoir compenser immédiatement par des arrosages répétés. Une fois l'humidité revenue, un paillage installé sur un sol humide permettra ensuite de limiter l'évaporation et de conserver cette eau plus longtemps. L'automne reste une excellente période pour planter, mais cette année, il pourrait commencer un peu plus tard sous terre que sur le calendrier.
Cette année, la prudence reste de mise car Météo-France qualifie la sécheresse des sols de l'été 2026 de sans précédent à l'échelle du pays. Les pluies de la seconde moitié d'août ont amélioré la situation de façon inégale, sans permettre un retour durable à la normale. À la mi-septembre, l'indicateur national de sécheresse des sols atteignait encore un niveau jamais observé à cette période dans de nombreux départements.