Il suffit parfois de soulever un pot de fleurs, une pierre ou quelques feuilles mortes pour les voir filer dans tous les sens. Les cloportes sont présents dans les jardins toute l'année, mais l'automne offre de bonnes occasions de les observer. Le retour d'un temps plus frais et humide leur est favorable, tout comme les feuilles et les débris végétaux qui commencent à s'accumuler au sol. Leur présence peut pourtant inquiéter lorsqu'on les retrouve juste à côté des plantes.

Pour comprendre pourquoi ils se regroupent à certains endroits, il faut regarder les conditions qu'ils recherchent. Contrairement aux insectes, les cloportes sont des crustacés terrestres. Ils ont besoin d'un environnement humide et apprécient les endroits sombres et abrités. Le dessous d'un pot, une couche de feuilles ou un morceau de bois posé au sol constituent donc des refuges parfaits. À l'automne, ces petits coins frais et humides deviennent simplement plus nombreux dans le jardin.

En voir régulièrement dans un coin du jardin donne donc une indication assez claire sur les conditions qui y règnent. Les cloportes signalent un endroit humide, bien abrité et où la matière organique s'accumule et se décompose. Les feuilles mortes, le bois ramolli et les autres débris végétaux constituent justement l'essentiel de leur nourriture. Leur présence ne signifie donc pas, comme on pourrait le croire, que les plantes sont attaquées. Elle montre plutôt qu'une activité de décomposition est en cours au niveau du sol et les cloportes participent en fragmentant les végétaux morts.

La crainte reste compréhensible lorsqu'on les retrouve au pied d'une plante. Les cloportes peuvent parfois grignoter des tissus végétaux tendres, comme ceux des jeunes pousses ou des semis, mais les dégâts restent généralement limités. Avant de leur attribuer des feuilles abîmées, mieux vaut donc observer attentivement les plantes et rechercher d'autres responsables possibles. En l'absence de dommages visibles, la simple présence de cloportes ne justifie pas de chercher à les éliminer.

Aucun traitement n'est donc nécessaire lorsqu'ils vivent simplement sous les pots, dans les feuilles mortes ou parmi les débris du jardin. Si leur présence devient gênante autour de jeunes plants fragiles, quelques gestes suffisent généralement : déplacer les pots ou morceaux de bois qui leur servent d'abri, éviter de maintenir inutilement le sol détrempé et retirer les végétaux en décomposition directement au contact des jeunes pousses. Ailleurs dans le jardin, les cloportes peuvent poursuivre tranquillement leur travail discret. Sous nos pieds, ils font partie de toute une petite faune qui participe à la transformation de la matière organique.