À l'heure de la rentrée, un changement important est en train de s'opérer en France. Il passe pour l'instant relativement inaperçu et les températures élevées attendues dans les prochains jours pourraient même donner l'impression inverse. Pourtant, nous venons de franchir une période charnière de l'année : à partir de maintenant, un mécanisme naturel va progressivement peser de plus en plus lourd sur les températures, quelles que soient les fluctuations de la météo.
Ce changement n'empêchera absolument pas le thermomètre de s'envoler ponctuellement. Le mois de septembre est encore capable de réserver des séquences très chaudes et même des températures supérieures à 30 °C dans de nombreuses régions. Mais les masses d'air qui circulent au-dessus du pays ne sont pas les seules à déterminer la température ressentie au sol. Un autre facteur évolue désormais rapidement, jour après jour, et va peu à peu rendre la chaleur plus difficile à installer et surtout à conserver.
La France entre en réalité dans la phase de refroidissement saisonnier, qui coïncide avec le début de l'automne météorologique ce 1ᵉʳ septembre. À cette période de l'année, le soleil monte de moins en moins haut dans le ciel et la durée du jour diminue rapidement. Ses rayons apportent donc progressivement moins d'énergie au sol, tandis que les nuits, de plus en plus longues, lui laissent davantage de temps pour se refroidir. Ce phénomène va se renforcer au fil des semaines jusqu'à devenir suffisamment puissant pour faire baisser nettement les températures moyennes, indépendamment des épisodes chauds qui peuvent encore se produire.
Concrètement, c'est d'abord le matin et le soir que ce basculement va devenir perceptible. Lors des nuits calmes et dégagées, le thermomètre pourra descendre beaucoup plus facilement qu'il y a quelques semaines. Les écarts de température au cours d'une même journée pourront donc devenir particulièrement marqués : une matinée nécessitant une veste pourra parfaitement être suivie d'un après-midi à plus de 25 °C. Après le coucher du soleil, la température aura également tendance à diminuer plus rapidement. Et même lors d'une journée très chaude, la chaleur accumulée aura progressivement davantage de mal à se maintenir pendant toute la nuit.
Puis le changement gagnera les après-midis. Au fil de septembre, il faudra des masses d'air de plus en plus chaudes pour atteindre les mêmes températures qu'en plein été. À situation météo identique, une journée ensoleillée de la fin septembre ne pourra généralement plus chauffer autant qu'une journée de juillet ou du début août. Les périodes de chaleur resteront donc possibles, parfois même intenses, mais elles deviendront progressivement plus fragiles et plus courtes. C'est cela que les Français vont réellement ressentir dans les prochaines semaines : non pas une arrivée soudaine du froid, mais une chaleur qui perd peu à peu sa capacité à résister du matin jusqu'au soir.