Le Bureau of Reclamation, l'agence fédérale américaine chargée de la gestion de l'eau, vient de dégainer une compétition baptisée "Halt the Hitchhiker" ("Stoppez l'auto-stoppeur"). L'ennemi ? De petits coquillages envahissants qui coûtent déjà plus d'un milliard de dollars par an aux États-Unis. Les autorités cherchent des cerveaux, partout, pour trouver la parade.
Les coupables s'appellent moules zébrées, moules quagga et, plus récemment, moules dorées. Ces mollusques s'accrochent par grappes aux surfaces dures sous l'eau : docks, rochers, mais aussi canalisations, pompes et prises d'eau des villes, des fermes et des centrales hydroélectriques. Résultat : des tuyaux bouchés, des équipements hors service et des factures salées pour les gestionnaires d'eau de tout l'ouest américain.
Leur arme secrète ? L'auto-stop. Les moules voyagent d'un lac à l'autre cachées dans les compartiments de ballast des bateaux, ces réservoirs internes qui servent à équilibrer l'embarcation. Même quand un bateau semble parfaitement sec, quelques gouttes piégées dans un tuyau suffisent à transporter des larves microscopiques. C'est là que le concours entre en scène : Washington offre jusqu'à 200 000 dollars, soit plus de 150 000 euros au cours actuel du dollar, à la personne ou à l'équipe qui proposera la meilleure solution pour inspecter ou décontaminer ces recoins cachés, sans abîmer les bateaux, ni blesser les gens, ni polluer l'environnement.
L'urgence est particulièrement vive en Californie. Selon le département local de la faune, une moule dorée a été repérée pour la première fois le 17 octobre 2024 près du port de Stockton, dans le delta du Sacramento-San Joaquin. L'identification a été confirmée par le Genomic Variation Laboratory de l'université UC Davis. Depuis, plusieurs centaines de spécimens ont été retirés d'une station de pompage. West Bishop, expert chez SePRO, est catégorique : cette espèce "n'a rien à faire ici".
La compétition se joue en trois manches : une idée sur papier récompensée jusqu'à 25 000 dollars, un pitch virtuel façon " Shark Tank " à 50 000 dollars, puis des prototypes testés en laboratoire, avec 125 000 dollars pour le vainqueur. Seul bémol pour les lecteurs français : seuls les candidats basés aux États-Unis peuvent postuler. En attendant le génie qui empochera le jackpot, la meilleure arme contre cet envahisseur microscopique reste un chiffon et un peu de patience au retour du lac.