Nataasha Torzsa, 33 ans, assistante de direction à Brisbane et maman d'un petit Ryan de 3 ans, raconte son parcours dans un témoignage publié par la chaîne australienne ABC. En 2017, la jeune femme se réveille avec une montagne de dettes et zéro économie. Comme beaucoup, elle galère pour finir le mois. "Je savais qu'il fallait que quelque chose change", confie-t-elle. Restait à trouver comment.
Ses premières tentatives de budget tournent au fiasco. Elle pose des chiffres sur le papier, fixe des limites, mais finit toujours à découvert. "Les montants que j'avais écrits n'étaient pas du tout justes", reconnaît-elle. Le budget ne tenait pas la route. Il lui faudra plusieurs années de tâtonnements avant de mettre la main sur un système qui fonctionne vraiment, et qui lui a permis, petit à petit, d'économiser plus de 10 000 euros.
Cette méthode, c'est le "zero-based budgeting", ou budget à base zéro. Le principe est simple : chaque euro reçu doit avoir un "rôle", c'est-à-dire une affectation précise (épargne, courses, prochaine facture d'assurance, etc.). Payée tous les quinze jours, Nataasha planifie chaque quinzaine en intégrant aussi les grosses dépenses à venir dans les mois suivants. Aujourd'hui, elle dispose d'un peu moins de 50 000 dollars australiens d'économies, auxquels s'ajoute une prime de licenciement. Soit environ 70 000 dollars (près de 42 000 euros) à mettre sur la table pour acheter une maison à son fils et elle.
Sa recette tient en cinq étapes. D'abord, lister tous les revenus réguliers (salaire, allocations) sans compter les petits boulots à côté, "au cas où" cet argent ne tomberait pas. Ensuite, noter les dépenses fixes : loyer, internet, frais de garde. Puis estimer au plus juste les dépenses variables, comme les courses, les transports ou les sorties. Quatrième étape, la plus maligne : alimenter des "cagnottes dédiées" aux grosses factures annuelles. Si la carte grise coûte 100 euros et qu'il reste dix paies avant l'échéance, elle met 10 euros de côté à chaque salaire. Le jour J, l'argent est déjà là. Enfin, ce qui reste part en épargne ou en remboursement de dettes.
Pour les imprévus, elle a aussi prévu une ligne "matelas de sécurité" qui évite de tout faire dérailler à la moindre tuile. Et après chaque quinzaine, elle compare ses dépenses réelles à ses prévisions pour ajuster le tir la fois suivante. Tout est suivi dans un simple tableur, mais un carnet ou une appli de budget font aussi très bien l'affaire. Sa philosophie ? "Les finances personnelles, c'est personnel." À chacun de trouver sa formule, donc. Pas de baguette magique, pas de gourou des comptes : juste un tableur, un peu de discipline… et l'envie d'arrêter de jouer à cache-cache avec son relevé bancaire.