La plupart des salariés connaissent bien leurs cinq semaines de congés payés annuels. Mais en France, le code du travail et surtout les conventions collectives de branche ou d'entreprise prévoient tout un arsenal de jours supplémentaires, bien souvent rémunérés. Problème : personne ne vient frapper à votre porte pour vous les rappeler. Résultat, des millions de jours dorment dans les textes sans jamais être posés.

C'est le cas des congés accordés pour le décès d'un proche par exemple. Les salariés savent qu'ils y ont droit pour leur conjoint, leurs parents ou encore leurs enfants. Mais certaines conventions prévoient des dispositions plus larges, pour le décès d'un grand-parent, d'un oncle ou d'une tante par exemple. Ce que les salariés ignorent parfois. Même logique côté mariage : la convention des journalistes accorde deux jours ouvrables pour le mariage d'un enfant… ou d'un parent, voire d'un grand-parent. Celle de l'animation offre un jour pour le mariage d'un frère, d'une sœur, d'un oncle ou d'une tante.

Et ce n'est qu'un début. Les congés trop souvent oubliés vont bien au-delà des grands événements familiaux. La rentrée des classes, par exemple, n'ouvre aucun droit dans le code du travail. Mais la convention nationale des entreprises de propreté accorde une journée pour la première rentrée d'un enfant. Celle des espaces de loisirs prévoit une demi-journée jusqu'aux 12 ans. Même chose pour le déménagement : aucun droit légal, mais un jour ouvré dans la branche des marchés financiers, deux jours dans la banque et deux jours ouvrables chez les journalistes.

L'ancienneté aussi peut rapporter gros. La convention des agences de voyages et du tourisme offre deux jours supplémentaires après douze ans dans la même boîte. La fédération Syntec (bureaux d'études, cabinets de conseil) accorde un jour après cinq ans, deux après dix, trois après quinze et quatre après vingt ans. Les moins de 21 ans embauchés en cours d'année, eux, profitent systématiquement de 30 jours ouvrables, peu importe la date de leur arrivée dans l'entreprise, même si les jours " en trop " ne sont pas payés. Et s'ils ont un enfant à charge, deux jours rémunérés s'ajoutent, cette fois au-dessus du plafond légal.

Pour savoir si vous êtes concerné, le plus rapide reste de passer un coup de fil aux ressources humaines. Sinon, le texte de votre convention collective est en accès libre sur Legifrance. Un quart d'heure de lecture peut vite se transformer en une semaine de vacances en plus. De quoi faire passer la pilule du retour au bureau.