Longtemps, une règle tacite a imposé aux femmes de sacrifier leurs longueurs ou d'adopter des coiffures très sages passé un certain âge. Aujourd'hui, les diktats s'effondrent. Place à la liberté et au naturel. Fini les lignes strictes et les coiffures figées qui durcissent les traits. La tendance est au volume aérien et à la souplesse. Comme l'explique Rémi Billaud, responsable de la formation chez Franck Provost, les femmes recherchent une coupe de cheveux qui répond à leur " envie actuelle de mouvement, de naturel et de personnalité ".
Pour répondre à ces attentes, les coiffeurs misent sur un dégradé travaillé et des longueurs effilées. L'idée ? Créer un effet faussement négligé, mais parfaitement maîtrisé. En allégeant la chevelure, cette technique accompagne son mouvement naturel. Autour du visage, quelques mèches, parfois associées à une frange, adoucissent les contours et donnent un effet rajeunissant.
La coupe qui réunit tous ces atouts ? L'iconique shag. Héritée des années 70, elle revient en force cet automne grâce à sa capacité à s'adapter à chacune. "C'est justement tout l'intérêt du shag : sa structure peut être modulée", confirme Rémi Billaud. Sur un visage rond, le volume se concentre au sommet du crâne plutôt que sur les joues. Un visage long gagne en équilibre avec une frange plus présente et du mouvement sur les côtés. Quant aux mâchoires carrées, elles s'adoucissent grâce aux mèches dégradées.
Bonne nouvelle, cette coupe n'est aps réservée exclusivement aux cheveux épais. Sur une chevelure fine ou lisse, il suffit de limiter l'effilage pour préserver la matière et de privilégier le dégradé sur le dessus de la tête. Et ses avantages ne s'arrêtent pas là : le shag est aussi facile à entretenir. " C'est justement l'un de ses avantages : il ne demande pas un coiffage ultra sophistiqué ", rassure l'expert. Sur cheveux humides, un spray texturisant, quelques mouvements des mains pour froisser les longueurs, puis un séchage naturel suffisent. Une retouche toutes les six à huit semaines permet ensuite de conserver sa forme.
Passé 50 ans, le shag offre également un joli coup de frais, à condition de miser sur une version plus douce. Des dégradés placés aux bons endroits évitent l'effet trop strict d'une coupe droite, sans appauvrir les pointes. Car au fond, tout est une question d'équilibre et de personnalisation. "Ce n'est donc pas l'âge qui doit déterminer la coupe, mais la nature du cheveu, les traits et surtout le style que l'on souhaite donner à son visage ", conclut Rémi Billaud. Une philosophie qui vaut aussi pour les cheveux gris, auxquels cette coupe apporte une vraie signature mode.