#4novembre16h16 : Heure de l'inégalité salariale, les femmes travaillent depuis gratuitement...

L'égalité salariale n'est pas à l'ordre du jour... Cette année – comme les précédentes, les femmes travaillent gratuitement pour cette fin d'année. Mercredi 4 octobre 2020 : une date qui ne bouge quasiment pas depuis déjà cinq ans !

#4novembre16h16 : Heure de l'inégalité salariale, les femmes travaillent depuis gratuitement...
© progressman

Mercredi 4 novembre, à 16h16. Depuis cette date, les Françaises travaillent gratuitement selon les données recueillies par le collectif Les Glorieuses. Une donne induite par l'écart salarial qui sépare les revenus générés par un homme et une femme occupant des fonctions équivalentes dans les entreprises françaises. "Pour calculer cette date, nous avons rapporté d'écart de salaire entre les femmes et les hommes en France (Eurostat 2020) au nombre de jours ouvrés en 2020, 253", a expliqué le collectif.  En 2020, l'écart salarial séparant les hommes des femmes s'élevait à 15,5 %, au détriment, bien sûr, du porte-monnaie de la gent féminine. 

Un chiffre qui stagne depuis 5 ans

Malgré les voix qui s'élèvent pour dénoncer cette inégalité, ce chiffre stagne depuis déjà cinq ans. "Ça ne s'améliore pas, c'est plutôt une stagnation", a attesté auprès de l'AFP l'économiste et fondatrice du collectif, Rebecca Ansellem, qui a lancé cette année le hashtag #4Novembre16h16 pour médiatiser cette question cruciale. Pire, les inégalités semblent s'accroître. L'an passé, l'écart salarial entre les hommes et les femmes s'élevait à 15,4 %. Cette date symbolique avait alors été fixée au 5 novembre à 16h47.

La population, favorable à plus d'égalité

Une situation qui interpelle alors que la majorité de la population semble favorable à des évolutions. Selon une enquête menée par Les Glorieuses auprès d'un échantillon de 7 262 personnes âgées de 18 ans ou plus, la question des inégalités salariales entre les hommes et les femmes serait fermement condamnée par 98 % des femmes et 88 % des hommes.

Mieux : une grande majorité d'entre eux semblent même prêts à mettre la main à la patte. Ainsi, 81 % des femmes et 72 % des hommes seraient prêts à partager le montant de leur rémunération pour plus d'égalité. Et pour cause : la plupart d'entre eux estiment que le Gouvernement n'en fait pas assez sur le sujet… 

Avancer sur la question des inégalités salariales, c'était pourtant l'une des promesses d'Emmanuel Macron. Une volonté qui avait été accompagnée d'une mesure contraignant les entreprises de calculer et de publier tous les ans son indice d'égalité homme-femme. "Une bonne idée", mais qui ne va "pas assez loin", selon l'économiste Rebecca Ansellem. Elle souligne : "Comme ce sont les entreprises elles-mêmes qui se notent, elles peuvent tricher".

En réaction,  Elisabeth Borne, ministre du Travail, a indiqué dans Le Parisien, ce 4 octobre, que près de 17 000 entreprises n'avaient pas encore rempli l'index d'égalité professionnelle cette année. "Je vais maintenant mobiliser les services de la Direction générale du travail pour contacter les 16 680 entreprises de 50 à 250 salariés qui n'ont pas encore rempli cet index", a-t-elle assuré à nos confrères, ajoutant que "deux entreprises" avaient déjà été sanctionnées. 

Pour mettre la barre encore plus haut, la ministre a d'ailleurs affirmé prévoir une concertation avec les partenaires sociaux afin de compléter l'index d'une nouvelle mesure, concernant la part de femmes dans les cadres dirigeants. "Je trouve choquant que 37% d'entreprises comptent encore moins de deux femmes parmi leurs dix plus hautes rémunérations", a assuré la ministre. 

Un plan de relance féministe

Des mesures "insuffisantes", pour le collectif Les Glorieuses, qui s'inquiète désormais de l'aggravation des inégalités salariales en marge de la crise du Coronavirus. 

Une donne sur laquelle l'association a d'ailleurs décidé de se mobiliser en lançant une pétition pour favoriser un plan de relance féministe.

L'idée ? Revaloriser les salaires des métiers où les femmes sont en plus grand nombre, comme les métiers du soin particulièrement sollicités en période de Covid-19.

"La crise sanitaire a sollicité la résilience des femmes, plus que jamais en première ligne. Pourtant, le plan de relance de 100 milliards d'euros présenté par le Gouvernement ne les mentionne pas une seule fois. (..) la relance doit reposer sur une approche féministe et corriger les discriminations économiques envers les femmes. D'autant que les inégalités qu'elles subissent risquent d'empirer avec la crise du Covid", a ajouté la fondatrice de l'association.

Une idée qui, on l'espère, sera suivie d'actes pour enfin inverser cette tendance d'un autre temps.