Julie, 13 ans, violée par 20 pompiers : des faits terribles, une injustice ?

"Justice pour Julie", ont scandé une soixantaine de militantes devant la Cour d'Appel de Versailles, le 24 septembre. L'adolescente, qui a été violée entre 2009 et 2011 par une vingtaine de pompiers, a vu l'affaire requalifiée en "atteinte sexuelle". Depuis, la jeune femme a fait plusieurs tentatives de suicide et s'est retrouvée handicapée...

Julie, 13 ans, violée par 20 pompiers : des faits terribles, une injustice ?
©  Jozef Polc / 123RF

Elles étaient plusieurs dizaines de militantes à se rassembler devant la cour d'appel de Versailles. Le 24 septembre, des féministes ont réclamé justice pour Julie, violée par une vingtaine de pompiers alors qu'elle était mineure. Une affaire insoutenable.
Entre 2009 et 2011, l'adolescente, âgée de seulement 13 ans, a été violée par des pompiers, ces soldats du feu habituellement si courageux. Il y a dix ans, trois d'entre eux avaient été mis en examen pour "viol sur mineure" et se seraient potentiellement fait juger en Cour d'Assises.
Toutefois, en juillet 2019, le juge d'instruction a requalifié l'affaire en "atteinte sexuelle"... la renvoyant ainsi devant le Tribunal Correctionnel de Versailles.
La peine maximale y est de dix ans de prison, soit la moitié de la peine encourue à la cour d'assises. Un retournement de situation injuste pour la famille, comme pour la victime. D'autant qu'une vingtaine de pompiers seraient impliqués en tout.

Les militantes réclament justice

C'est donc pour protester contre cette injustice, que les militantes des Femen et de Osez Le Féminisme, se sont introduites dans le tribunal, le 24 septembre, alors qu'avait lieu l'audience en appel pour que l'affaire soit requalifiée en "viol sur mineure". 

Verdict le 12 novembre...

"Nous réclamons la fin de ce système patriarcal où les violeurs sont encore trop souvent impunis, relaxés, protégés. Cette affaire a mis dix ans à sortir. La victime est une adolescente handicapée", s'est indignée l'une des manifestantes, Sophia Antoine. Et d'ajouter : "Comment peut-on parler de consentement, et pas de viol, à cet âge-là?".

Des faits sordides : viol, dépression, hôpital psychiatrique

À l'époque de ces actes odieux, Julie suivait un traitement médicamenteux. Elle était sujette à des crises de spasmophilie et de tétanie. C'est ainsi qu'elle était régulièrement prise en charge par les pompiers, avec qui elle gardait contact via les réseaux sociaux. 

Une vingtaine d'entre eux, pour la plupart affectés à la caserne de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), l'auraient violée pendant ces deux années.

En 2010, l'adolescente est tombée dans une grave dépression et a été prise en charge dans un hôpital pédopsychiatrique durant quelques mois. Même dans cet établissement, l'un des pompiers l'aurait forcé à avoir une relation sexuelle....

Mais Pierre, l'un d'eux, a assuré que lui et Julie étaient en couple et que les relations étaient consenties. C'est ce dernier qui aurait communiqué les coordonnées de l'adolescente à ses collègues. "Il a agi comme le chef d'orchestre. Il a fait circuler le numéro de ma cliente, organisé des rencontres avec d'autres hommes comme un maquereau aurait pu le faire", a déclaré Me Jean Tamalet, avocat de Julie à BFMTV. 

Julie, "4 ans en fauteuil roulant"

Depuis, Julie a fait plusieurs tentatives de suicide, dont la dernière remonte à juillet 2020. En 2014, elle s'était défenestrée. "Maintenant, elle a 25 ans et elle se bat. Elle a plus d'une dizaine d'opérations. Elle en a encore une qui arrive en janvier. Elle est restée 4 ans en fauteuil roulant, elle remarche. Elle a construit sa vie. Elle vit avec quelqu'un. Elle a le droit de tourner la page. Elle a le droit d'être reconnue victime", a expliqué sa mère à RTL.