A cor et à cri : Ras les escarpins à talon haut au boulot !

Les Japonaises ne veulent plus être perchées à leur corps défendant sur des talons au travail. C'est à travers le #KuToo, lancé par l'actrice Yumi Ishikawa, que les femmes nippones protestent contre le port obligatoire de chaussures inconfortables. Et ce combat contre une obligation jugée sexiste fait des émules dans le monde entier. Etat des lieux, de la tête aux pieds.

A cor et à cri : Ras les escarpins à talon haut au boulot !
© Diego Vito Cervo/123rf

Un tweet, de nombreuses réactions et une campagne nommée #KuToo, en référence aux mots japonais kutsu (chaussures) et kutsuu (douleur). C'est en exprimant sa colère sur Twitter que l'actrice Yumi Ishikawa a lancé le mouvement. La Japonaise s'indignait d'une loi sexiste en vigueur dans son pays concernant le port obligatoire de talons hauts au travail. Elle a alors reçu le soutien de centaines d'internautes. "J'ai pris conscience du fait que tant de gens avaient le même problème et j'ai décidé de lancer cette campagne", a déclaré la jeune femme.

Une pétition contre les talons

L'actrice qui veut en finir avec cette obligation discriminatoire, a décidé de réagir en s'adressant directement au gouvernement. "Aujourd'hui, nous avons déposé une pétition pour demander une loi interdisant aux employeurs de forcer les femmes à porter des talons, ce qui est de la discrimination sexuelle et constitue un harcèlement", a expliqué Yumi Ishikawa à la presse locale. Cette dernière a pu s'entretenir avec plusieurs responsables du ministère du Travail, dont une femme favorable à l'initiative. "Elle nous a dit que c'était la première fois qu'une telle demande parvenait au ministère", a-t-elle poursuivi.

Le Japon n'est pas le seul pays confronté à ce genre de pratiques misogynes. Le débat a également été ouvert en Angleterre, quand Nicola Thorp, employée en intérim comme réceptionniste à Londres en 2016, a été licenciée sur le champ pour refus de porter des talons de plus de 5cm. La jeune femme avait alors rédigé une pétition, obtenant 150 000 signatures. Après plusieurs mois de pourparlers, les députés ont refusé de changer les conditions de la loi sur l'égalité, votée en 2010. L'Equality Act proscrit toujours les comportements discriminatoires, sans interdire les contraintes sexistes imposées au bureau.

Au Canada, la province de Colombie-Britannique a interdit l'exigence des talons en 2017, la jugeant "dangereuse et discriminatoire". "Avec le port prolongé de talons hauts au travail, il y a un risque de blessure physique en glissant ou en tombant, ainsi que des dommages au niveau du pied, de la jambe et du dos" , précise le communiqué officiel, signé par Christy Clark, ex-Première ministre, et Shirley Bond, ancienne ministre du Travail de la province.

Escarpins et stilletos : et en France ? 

Selon l'article L1121-1 du Code du travail français, "Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché." En d'autres termes, chaque personne peut se vêtir comme elle le souhaite, sauf si son entreprise justifie le port d'un uniforme ou d'un code vestimentaire pour accomplir les tâches demandées. La loi française oblige d'ailleurs le port d'un équipement (casque, blouse, chaussures de sécurité) dans certains secteurs professionnels, 
Les sociétés peuvent également exiger un code vestimentaire pour hygiène ou bonne image de l'entreprise. Elles doivent alors notifier cette particularité dans le contrat de travail ou dans le règlement intérieur. Aucune loi n'interdit pour autant l'obligation du port de talons de plus de 5cm ou du rouge à lèvres. Si un individu ne respecte pas les convenances, il se voit averti et peut même être licencié... Complètement cambré ! 

A cor et à cri : Ras les escarpins à talon haut au boulot !
A cor et à cri : Ras les escarpins à talon haut au boulot !

Un tweet, de nombreuses réactions et une campagne nommée #KuToo , en référence aux mots japonais kutsu (chaussures) et kutsuu (douleur). C'est en exprimant sa colère sur Twitter que l'actrice Yumi Ishikawa a lancé le mouvement. La Japonaise...