Affaire Adrien Quatennens : le discours "lunaire" de Manuel Bompard choque, Marie Fugain furieuse contre lui

Adrien Quatennens, député LFI du Nord, a reconnu des violences contre son épouse, notamment une gifle. Tandis que son collègue Manuel Bompard a pris sa défense, la Toile (et plusieurs personnalités) se sont indignées...

Affaire Adrien Quatennens : le discours "lunaire" de Manuel Bompard choque, Marie Fugain furieuse contre lui
© MPP/SIPA

[Mise à jour le 23 septembre 2022 à 18h04] Alors qu'Adrien Quatennens a avoué avoir giflé son épouse, Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône, a pris la défense de son collègue du Nord à l'Assemblée nationale. Sur le plateau de CNews, il a persisté et signé : "J'essaye de faire la part des choses. Une gifle n'est jamais acceptable mais une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours. Et une gifle n'est pas égale à un homme qui est accusé de viol après avoir drogué les personnes qui l'accusent (...). Il faut qu'on arrive sur ces sujets à avoir de la nuance". En outre, Manuel Bompard a expliqué que le parti LFI avait décidé de ne pas demander la démission d'Adrien Quatennens de son poste de député. "Il s'est mis en retrait de son poste de coordinateur, c'est suffisant", a-t-il expliqué.

Manuel Bompard : ses propos choquent Marie Fugain et plusieurs personnalités

Un discours qui a tout bonnement indigné la Toile, y compris l'actrice Marie Fugain, qui s'est offusquée sur son compte Twitter:  "TU NE TOUCHES PAS UNE FEMME !!! Ni avec une gifle ni avec rien !!!! Ça va rentrer dans vos têtes d'australopithèques????? Quelle que soit ta couleur, ta religion, ton parti politique, ton énervement, ton peu de mots pour argumenter, JAMAIS TU NE TAPES UNE FEMME!!!".

L'écrivain et chroniqueur Eric Naulleau a, lui aussi, déploré les propos de Manuel Bompard. "Entre cette déclaration lunaire de Manuel Bompard et la vulgaire tentative d'intimider un journaliste de Quotidien par Mélenchon, beaucoup découvrent la tartufferie et la culture de la violence au sein de LFI. Mais que de temps perdu avant d'ouvrir les yeux", a-t-il déclaré.

Adrien Quatennens reconnait des violences contre son épouse Céline

Rebondissement dans l'affaire Adrien Quatennens. Après avoir appelé au respect de sa vie privée, le député de La France Insoumise a reconnu ce dimanche avoir "giflé" sa femme. Il a aussi annoncé son retrait de ses fonctions au sein du parti. Par la suite, Danièle Obono a déclaré sur BFMTV : "Nous avons assumé son retrait politique (de son poste de coordinateur de LFI) et son retrait du travail parlementaire. Mais il n'est pas interdit d'hémicyle."

Depuis quelques jours, la France Insoumise est (à nouveau) dans la tourmente. Et pour cause, le député de la 1ère circonscription du Nord, Adrien Quatennens, actuellement en plein divorce, a été mis en cause par le Canard Enchaîné. Le 13 septembre dernier, le journal a en effet indiqué que celle qui est encore sa femme, Céline Quatennens, avait déposé une main courante contre lui. Dans la foulée de ses révélations, le couple a d'abord demandé "le respect" de sa "vie privée". "Suite à une dispute après avoir annoncé sa volonté de séparation, Céline Quatennens a déposé une main courante en précisant aux policiers qui l'ont entendue qu'elle ne souhaitait ni porter plainte, ni qu'il y ait de suites judiciaires à cette main courante et qu'elle exigeait que les informations ne se retrouvent pas dans la presse", ont également détaillé les époux Quatennens. Avant de conclure : "Nous entendons protéger notre vie privée et celle de notre famille, en demandons le respect pour retrouver le chemin de l'apaisement". 

Mais ce week-end, l'affaire a pris une toute autre tournure. Et le principal concerné a même reconnu des faits de violences à l'égard de sa femme. Le numéro 2 de La France Insoumise a d'abord avoué avoir "giflé" sa femme, avant d'annoncer son retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise. Dans un long communiqué à nouveau diffusé sur les réseaux sociaux Adrien Quatennens est rentré dans les détails. Il a commencé de la manière suivante :  "Je pourrais faire le dos rond, minimiser les faits et attendre que la tempête passe". Et à lui de continuer : "Mais parce que je suis responsable politiquement et que je tiens à l'exemplarité à laquelle je veux m'assigner et qui a toujours été ma ligne de conduite, j'en tire les conséquences politiques". "Dans ce contexte d'annonce de séparation, j'ai envoyé de trop nombreux messages (…) pour la convaincre que nos difficultés de couple pouvaient être dépassées", a ensuite écrit le député de 32 ans. Avant de reconnaître : "Dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle, j'ai donné une gifle". 

La première réaction de Jean-Luc Mélenchon ne passe pas

Juste après la diffusion du communiqué d'Adrien Quatennens, son mentor, Jean-Luc Mélenchon, a à son tour pris la parole publiquement. Et a même tenu à lui apporter son soutien. Mais sa réaction a très vite fait grincer des dents. Accusé de minorer les faits et d'invisibiliser les violences pourtant reconnues par son poulain, le chef de La France Insoumise n'a en effet alors adressé aucun mot à Céline Quatennens. "La malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux se sont invités dans le divorce conflictuel d'Adrien et Céline Quatennens. Adrien décide de tout prendre sur lui. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection", a tweeté le chef de file du parti d'extrême gauche. 

Très vite, les réactions se sont enchaînées. Et toutes ont été assez vives. "Les violences au sein du couple sont intolérables, quels que soient les conflits qui existent. J'exprime mon soutien à Céline. Je prends acte des excuses et du retrait d'Adrien de ses fonctions au sein du mouvement. Tout mon soutien aux femmes victimes, partout dans le monde", lui a immédiatement répondu la militante Caroline De Haas. "Il y a les violences physiques et celles qui consistent à prendre le téléphone portable de l'autre. Les violences faites aux femmes prennent de nombreux visages. Aucun n'est acceptable. La justice doit se prononcer et en attendant Adrien Quatennens doit se mettre en retrait de tout", a quant à elle tweeté la député EELV Sandrine Rousseau.

Comme pour calmer le jeu, le communiqué de presse officiel de La France Insoumise s'est voulu beaucoup plus sobre que la prise de parole de Jean-Luc Mélenchon. "Adrien Quatennens a annoncé ce jour sa mise en retrait de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise. Cette décision, que nous saluons, a été prise en concertation avec les instances du mouvement et sera suivie des dispositions nécessaires à la bonne animation de notre mouvement", a d'abord affirmé le parti. Avant de terminer : "En tout état de cause, la France insoumise réitère son engagement sans faille dans la lutte contre les violences faites aux femmes et rappelle l'existence en son sein d'un comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles toujours disponible pour écouter la parole des femmes". Face au tollé général de sa première prise de parole, le leader du parti s'est exprimé une seconde fois. "Céline et Adrien sont tous deux mes amis", a-t-il d'abord écrit.  "Mon affection pour lui ne veut pas dire que je suis indifférent à Céline. Elle ne souhaitait pas être citée", a-t-il poursuivi. "Mais je le dis : une gifle est inacceptable dans tous les cas. Adrien l'assume. C'est bien". 

Ce qui est reproché à Adrien Quatennens, en plein divorce

C'est le Canard Enchaîné qui a révélé l'information le 13 septembre 2022 : après une dispute liée à leur divorce en cours, l'épouse du numéro 2 de la France Insoumise, Céline Quatennens, a déposé une main courante contre celui qui est encore son mari. Oui mais voilà, cette main courante n'aurait jamais dû se retrouver dans la presse. Et pour cause, en la déposant, l'épouse du député La France Insoumise aurait demandé explicitement aux policiers de ne pas la divulguer. Elle assure même avoir demandé à ce qu'aucune poursuite judiciaire ne soit menée à l'encontre d'Adrien Quatennens. Tout de suite après cette révélation, le couple a donc diffusé un communiqué de presse, mis en ligne par son avocate Me Jade Dousselin, pour mettre les choses au clair. Les époux Quatennens réclament noir sur blanc "le respect" de leur "vie privée". 

"Comme des millions de Français, nous vivons actuellement une situation de divorce difficile que nous entendons réaliser à l'amiable" : ainsi débute ledit communiqué de presse partagé sur les réseaux sociaux par Adrien et Céline Quatennens. "Suite à une dispute après avoir annoncé sa volonté de séparation, Céline Quatennens a déposé une main courante en précisant aux policiers qui l'ont entendue qu'elle ne souhaitait ni porter plainte, ni qu'il y ait de suites judiciaires à cette main courante et qu'elle exigeait que les informations ne se retrouvent pas dans la presse", ont-ils écrit. Avant d'expliquer avoir appris "par voie d'avocats" que le Parquet de Lille s'était saisi de cette affaire et qu'ils regrettent que la main courante ait "fuité immédiatement". "Nous entendons protéger notre vie privée et celle de notre famille, en demandons le respect pour retrouver le chemin de l'apaisement", concluent-ils leur texte d'une petite quinzaine de lignes. 

Pourquoi le Parquet s'est-il saisi de l'affaire ? 

Mais alors, pourquoi le Parquet de Lille s'est-il saisi de cette affaire alors même que Céline Quatennens avait demandé explicitement qu'aucune poursuite ne soit faite et que les mains courantes n'ont pas vocation à ouvrir une information judiciaire ? Tout simplement parce qu'une exception existe dans le cadre de soupçons de violences conjugales. En effet, en application du protocole relatif au traitement des mains courantes et des procès-verbaux de renseignements judiciaires en matière de violences conjugales du 13 novembre 2013, les fonctionnaires de police et de gendarmerie sont obligés de transmettre certaines de ces informations au Procureur de la République. Rien n'explique en revanche que la procédure se soit immédiatement retrouvée dans la presse. Me Jade Dousselin, l'avocate du député de la 1ère circonscription du Nord et de sa femme, n'a pour le moment donné aucun autre détail.