Meurtre d'Estelle Mouzin : une "tombe" retrouvée dans une forêt ?

Un homme a fait une étrange découverte dans une forêt des Ardennes. Un endroit, qui peut s'apparenter à une tombe, pourrait dissimuler le corps d'Estelle Mouzin. Monique Olivier, l'ex-femme de Michel Fourniret, guide les enquêteurs lors des fouilles...

Meurtre d'Estelle Mouzin : une "tombe" retrouvée dans une forêt ?
© Monique Olivier en 2008 par HADJ/SIPA

[Mis à jour le 27 avril à 19h23] De nouvelles fouilles sont entamées dans les Ardennes, à Issancourt-et-Rumel, pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, indique Le Figaro. Plusieurs hectares de forêt doivent être passées au peigne fin. Daniel Delogne, retraité des parcs et jardines de Charleville, a fait une étrange découverte dans cette forêt. Il a remarqué ce qui pourrait s'apparenter à une tombe. "C'est une sorte de trou peu profond, d'1m20 de long sur 40 centimètres de large recouvert de feuilles et de ronces. On peut encore très nettement distinguer les bords de la tombe", a-t-il expliqué.
La tâche ne sera toutefois pas simple. "La forêt a été presque entièrement coupée au début des années 90 ce qui veut dire que le sol est plein de souches, de jeunes racines et de cailloux. Autant dire impossible à creuser", a-t-il ajouté.

Quant à Monique Olivier, qui guide les fouilles, elle a indiqué être certaine  "à quasiment 100 %", que cette parcelle de forêt était bien l'endroit où son ex-mari avait enterré la fillette.

Monique Olivier : révulsantes révélations

Début avril, Monique Olivier, ex-épouse de Michel Fourniret, a avoué qu'elle était présente lorsqu'Estelle Mouzin était séquestrée, a expliqué à Franceinfo Didier Seban, l'un des avocats du père de la fillette enlevée à Guermantes, en Seine-et-Marne, en 2003. "Elle n'était pas en Seine-et-Marne, mais était présente au moment où Estelle était dans les Ardennes, vivante", a précisé l'homme de loi, avant d'expliquer: "C'est la première fois qu'au lieu de dire 'j'ai été au courant', elle dit 'j'étais là' et je crois que c'est un tournant dans l'enquête".

C'est début avril que l'ex-femme de l'ogre des Ardennes est passée aux aveux, face à la juge d'instruction Sabine Kheris.

Monique Olivier a aidé son mari à cacher le corps d'Estelle Mouzin

De surcroît, selon Le Parisien, Monique Olivier a avoué qu'elle avait aidé son mari à transporter le corps d'Estelle Mouzin, dans un bois des Ardennes, non loin du lieu où la fillette avait été séquestrée.

Le lendemain de l'enlèvement, Michel Fourniret aurait contacté son épouse, qui se trouvait alors dans leur propriété des Ardennes. Il lui aurait expliqué qu'il avait enlevé Estelle Mouzin, mais qu'il devait s'absenter le temps de quelques heures. Il lui aurait donc demandé de surveiller la petite fille pendant ce temps. Après l'avoir gardée sous ses yeux durant plusieurs heures, elle aurait quitté la propriété, laissant Michel Fourniret seul avec la fillette.

Deux jours plus tard, il l'a de nouveau appelée pour lui demander de l'aide. Cette fois, lorsqu'elle a aperçu son époux, il se trouvait dans une voiture qui contenait le corps de la petite fille. Ensemble, ils ont parcouru quelques kilomètres.

"Au bout d'un chemin forestier, Monique Olivier aurait laissé Michel Fourniret seul avec la dépouille de la fillette", lit-on.

Monique Olivier ne conduisait pas le véhicule qui a conduit jusqu'au chemin forestier, mais en tant que passagère, elle aurait mémorisé le parcours. Pour autant, elle affirme ne pas connaître l'endroit exact où Michel Fourniret a caché le corps de la petite fille.

Les fouilles devraient débuter le 7 avril. "Elles pourraient durer plusieurs jours voire plusieurs semaines car la zone à couvrir est grande et boisée. Mais au moins, si l'on peut accorder un peu de crédit aux déclarations de Monique Olivier, on sait où chercher", a précisé au Parisien une source proche du dossier.

Le corps d'Estelle Mouzin, bientôt retrouvé ?

Ces nouvelles informations pourraient mettre les enquêteurs sur la piste de l'endroit où se trouve le corps de la fillette: "Elle a donné des indications. On va chercher. On espère que cette fois-ci, ça sera la bonne et qu'on trouvera le corps d'Estelle". 

Le lieu indiqué par Monique Olivier doit être fouillé.

Toutefois, l'avocat de l'ex-femme du tueur en série, Richard Delgenes, a tenu à tempérer, auprès de l'AFP: "Elle participe pour essayer d'aider les enquêteurs à retrouver le corps, mais n'a jamais reconnu savoir où Michel Fourniret l'avait mis".

Michel Fourniret "ne rendra pas des comptes devant la justice"

Si maître Seban, avocat d'Eric Mouzin, se réjouit de l'avancée dans le dossier, il dénonce une inactivité de la justice au cours des 17 dernières années. Ce n'est qu'en novembre 2019 que Michel Fourniret a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

"On n'attend plus rien de cet homme. Je crois qu'aujourd'hui, il est très malade. Malheureusement, il ne rendra pas des comptes devant la justice. Pour elle comme pour d'autres affaires pour lesquelles il est mis en examen parce qu'on a trop tardé à travailler sur ces dossiers, c'est vraiment la leçon qu'il faut tirer", a-t-il déploré, toujours au micro de FranceInfo.

Monique Olivier, sous emprise... vraiment ?

Quant à Monique Olivier, elle clame depuis longtemps avoir été sous l'emprise de son tueur en série d'ex-mari pendant que celui-ci violait et tuait ses victimes. Elle assure que si elle avait fait le moindre geste, Michel Fourniret l'aurait tuée, elle et son fils. 

Pour Joseph Agostini, Psychologue clinicien, Psychanalyste et co-auteur de l'ouvrage Tueurs en Série sur le Divan (à paraître le 11 mai, aux éditions Envolume) , Monique Olivier n'était pas une victime, mais une coupable à part entière. 

"Monique Olivier repérait les victimes avec Fourniret dans les rues des villes. Elle pouvait parfois les attendre des heures dans sa voiture.  Elle prétextait que son enfant de quelques mois était malade pour faire monter les fillettes à l'arrière et leur demander de leur indiquer l'adresse d'un médecin. Elle les piégeait comme des animaux terrorisés", a-t-il déclaré.

Et d'ajouter: "J'ai en mémoire les mots d'une maman de victime au moment de son procès, qui lui avait hurlé alors qu'elle restait impassible dans sa cage de verre : 'Ma petite fille vous a suppliée toute la nuit, vous étiez dans la pièce d'à côté. Vous donniez le biberon à votre bébé alors que mon enfant était accrochée, les bras en croix, sur un lit et que votre mari allait l'étouffer avec un sachet plastique le lendemain. Alors, Madame, c'est vous le monstre humain'".