Disparition de Delphine Jubillar : des recherches dans une rivière

Delphine Jubillar a disparu depuis un mois. Désormais, les plongeurs sondent une rivière près du domicile de l'infirmière et sa famille a tapé du poing sur la table... Les gendarmes ont fait des trouvailles déconcertantes : Objets saisis, Couple séparé, Chambres à part... et liaison amoureuse ! Que s'est-il passé le soir de sa disparition ? Son mari Cédric est-il suspecté par les enquêteurs ?

Disparition de Delphine Jubillar : des recherches dans une rivière
© Capture d'écran - Youtube

[Mis à jour le mardi 19 janvier à 17h17] Les recherches se poursuivent pour retrouver Delphine Jubillar, mère de famille de deux enfants, âgés de 6 ans et 18 mois. Mais désormais, les enquêteurs ont dépêché des plongeurs afin d'effectuer leurs recherches dans une rivière près du domicile de l'infirmière disparue à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Ils se concentrent au niveau du pont de Marssac, une commune à une vingtaine de kilomètres de l'endroit où la mère de famille serait sortie, dans la nuit du 15 au 16 décembre, selon BFM TV
Le 19 janvier, les deux frères et la sœur de Delphine Jubillar, née Aussaguel, ont tapé du poing sur la table et ont fait savoir, par le biais de leur avocat Laurent Nakache-Haarfi qu'ils étaient "les seuls membres de la famille Aussaguel". Ils ont ajouté qu'ils n'étaient pas à l'origine des comptes Facebook de soutien créés par leurs cousins et cousines. Des déclarations qui révèlent une querelle familiale avec la cousinade ?

Les frères et sœur font une mise au point

Quoiqu'il en soit, la fratrie insiste : ils n'accusent personne à l'heure actuelle et ne savent pas ce qui a bien pu arriver à leur sœur. "Nous n'adhérons à aucune hypothèse concernant la disparition de notre sœur et nous attendons les réponses que seule la justice pourra nous donner. Nous vous prions de ne plus fabuler en notre nom et de ne pas nous mêler à vos théories", ont-ils déclaré.

Tous les trois tiennent également à se distancier des médias : "Nous, les membres de sa famille, ne nous sommes jamais exprimés face aux journalistes et nous ne souhaitons pas le faire pour le moment. Nous vous remercions de bien vouloir respecter nos vies privées ainsi que la vie privée de Delphine, qui est toujours restée très discrète, en ne donnant pas d'informations aux médias, sur elle, ses enfants ou son mari".

Mystérieuse (et rapide) réapparition

Une mystérieuse réapparition ? Un mois après sa disparition, le compte Facebook de l'infirmière de 33 ans s'est brièvement activé, le 13 janvier. Un message vide a été posté sur son compte, avant d'être supprimé quelques minutes plus tard. L'une de ses cousines lui aurait répondu: "Tu me manques". 

Les proches de Delphine Jubillar ont ensuite signalé l'apparition de ce message aux enquêteurs. Est-ce Delphine Jubillar qui est à l'origine de ce message ? S'agirait-il d'une tierce personne ayant accès à ses données ? Les enquêteurs se pencheront sur ce mystère supplémentaire dans cette affaire déjà bien énigmatique.

Quelques jours plus tôt, une cagnotte en ligne avait été créée sur la plateforme CotizUp, par des proches du mari de la disparue, Cédric Jubillar. Mais cette cagnotte a finalement été supprimée, seulement quelques jours après sa mise en ligne. Quelques dizaines d'euros avaient été récoltés. Les proches de l'infirmière de 33 ans, disparue le 16 décembre à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, ont-ils coupé court à cette initiative ?

Le couple, qui était en instance de divorce, avait une situation financière précaire. Les époux ne vivaient que grâce au salaire l'infirmière, puisque l'activité de Cédric Jubillar, artisan-plaquiste, avait particulièrement ralenti depuis la crise sanitaire.

Où en sont les recherches ?

Des recherches sont actuellement menées au domicile familial, à Cagnac-les-Mines. "La seule certitude que nous avons, c'est que cette disparition ne peut s'expliquer que par l'intervention d'un tiers. Pour le reste, il y a plus de questions que de réponses", a déclaré une source proche de l'enquête ouverte pour "enlèvement et séquestration" au Parisien.

Plus de 100 personnes ont été pour l'heure été auditionnées.

Mais que s'est-il passé le sinistre soir du 15 décembre, date de la disparition de l'infirmière de 33 ans ? Son mari Cédric Jubillar a expliqué qu'il s'était couché avant son épouse, vers 23 heures. Delphine Jubillar dormirait souvent plus tard que lui, étant habituée à effectuer des gardes de nuit en tant qu'infirmière. En outre, le couple, qui est en instance de séparation depuis l'été, fait parfois chambres à part.

Ce qu'il s'est passé nuit de la disparition

Cédric Jubillar a ajouté que cette nuit-là, l'un de leurs enfants l'avait réveillé à 4 heures du matin. C'est à ce moment qu'il s'est rendu compte de la disparition de son épouse. Il a alerté les forces de l'ordre vers 6h du matin, après avoir tenté de joindre la mère de famille, en vain. 

Quant à son fils aîné, il a expliqué aux enquêteurs que sa mère lui avait fait "un câlin" juste avant qu'il ne se couche le 15 décembre, soit la nuit de la disparition de l'infirmière de 33 ans. Il ne se souvient pas d'un quelconque bruit ou comportement anormal de sa mère.

"Elle ne serait jamais partie sans ses enfants"

"Elle ne serait jamais partie sans ses enfants. Elle adore ses petits et a du mal à s'en séparer. D'ailleurs, elle a allaité l'aîné jusqu'à ses 4 ans et demi", a expliqué dans Le Parisien l'une de ses amies, qui a du mal à croire que l'infirmière ait pu sortir dans la nuit. Et la retraitée d'ajouter: "Elle a peur dans le noir".

Si elle connaît bien la disparue, la retraitée a beaucoup moins d'affinités avec son époux qu'elle trouve "plutôt raide".

La mère de famille serait sortie avec ses chiens. Les canidés seraient revenus au domicile familial vers 4 heures du matin, selon Cédric Jubillar. Elle avait l'habitude de porter une doudoune blanche lorsqu'elle sortait dehors, mais le manteau, ainsi que son téléphone portable, sont introuvables.

L'appareil a continué à émettre plusieurs heures après la disparition de Delphine Jubillar, mais a ensuite été coupé. 

Cédric Jubillar, suspecté ?

Alors que beaucoup de quidams comparent cette disparition à l'affaire Daval et sont persuadés que le mari de Delphine Jubillar est coupable, les enquêteurs tiennent à calmer les ardeurs. Certes, la piste d'un meurtre conjugal n'est pas totalement écartée, mais dans l'absence de preuve, Cédric Jubillar ne peut être placé en garde à vue. Il s'est constitué partie civile le 5 janvier afin d'avoir accès au dossier de l'enquête et en suivre les avancements.

Tandis que Delphine Jubillar est toujours portée disparue, des objets ont été saisi . Tout comme un objet très particulier, qui appartient à son mari Cédric.

D'ailleurs, parmi les objets saisis lors des fouilles dans la demeure familiale afin d'être analysés, la voiture de Cédric Jubillar, mais aussi son téléphone portable, examiné par les enquêteurs afin d'explorer "ses recherches Internet et retracer d'éventuels déplacements mémorisés dans l'appareil", rapporte Le Parisien.

"Travailler sur les proches de la victime, c'est la base. Mais il faut des preuves avant d'accuser quelqu'un", a expliqué au quotidien local une source proche de l'investigation.

"Cédric Jubillar déplore cette analogie avec l'affaire Daval. A ce stade, il est une victime, un homme qui a peut-être perdu la mère de ses enfants. Bien sûr, il sait que les gendarmes travaillent sur lui, et il trouve ça légitime", a expliqué Me Jean-Baptiste Alary, l'avocat de Cédric Jubillar. 

Une découverte troublante

L'infirmière, qui travaille à la clinique Claude Bernard à Albi, aurait décidé de quitter son mari à l'été, après de nombreuses tensions au sein du couple, exacerbées par la situation financière du couple. Son mari, auto entrepreneur dans le bâtiment, traverserait une passe difficile économiquement depuis le confinement. Les époux étaient mariés depuis 2013

"Il y avait beaucoup d'amour au début et puis la belle romance s'est peu à peu dégradée", a expliqué un proche à La Dépêche.

Toutefois, les enquêteurs ont découvert un fait troublant. Delphine Jubillar entretenait une relation romantique avec un homme qu'elle a rencontré sur Internet. "Elle semblait amoureuse et heureuse. Il a été entendu par les enquêteurs, mais il ne semble pas avoir le profil d'un tueur ou d'un kidnappeur", explique-t-on au Parisien.

Mais celui-ci ne croit pas non plus que Cédric Jubillar puisse avoir un rôle dans la disparition de la trentenaire.

Reste l'hypothèse d'un rôdeur. Delphine Jubillar aurait pu faire une mauvaise rencontre en pleine nuit…D'après Le Parisien, les gendarmes tentent de répertorier tous les délinquants sexuels fichés du Tarn.

Pour l'instant, ces recherches n'ont abouti sur aucune piste.