"La femme idéale sert les hommes à tables", "Mes couilles sur un plateau" : Chirac et ses phrases cultes

Bon vivant, politicien à l'humour vif, Jacques Chirac a su gagner le cœur des Français par son honnêteté et ses frasques d'homme du peuple. Président de la République durant 12 ans, il aura tout de même défrayé la chronique par ses passages télés et ses assertions cultes et sexistes.

"La femme idéale sert les hommes à tables", "Mes couilles sur un plateau" : Chirac et ses phrases cultes
© LORIEUX/SIPA

Ce que l'on gardera de Jacques Chirac, hormis son inoubliable poupée des Guignols de l'Info, ce sont ses boulettes immortalisées par la caméra. Qu'il y soit question de femmes, de politique ou de grivoiserie, l'ancien chef de l'Etat a toujours su faire rire l'assistance, que cela soit voulu ou non. Retour sur 10 moments cultes de la Chiraquie avec des jacqueries gravées dans le marbre. 

  • "Qu'est-ce qu'elle me veut cette mégère ? Mes couilles sur un plateau ?" 

Nous sommes en février 88, lors du sommet européen de Bruxelles. Margaret Thatcher demande des aides de la part de l'Union européenne. Jacques Chirac, pensant que son micro est éteint, est apparemment fatigué par ces doléances, se lâche : "Mais qu'est-ce qu'elle me veut cette mégère ? Mes couilles sur un plateau ?"
Une phrase qui résonnera longtemps à l'oreille de nos voisins anglais puisque The Sun, premier tabloïd du pays, titrera "Le Premier ministre français est ordurier". 

  • "Pour moi, la femme idéale, c'est la femme corrézienne" 

Amoureux des femmes comme de sa terre natale, la Corrèze, Jacques Chirac a vite fait de mêler les deux en une seule citation, datant de 1978 pour F Magazine. "Pour moi, la femme idéale, c'est la femme corrézienne celle de l'ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s'assied jamais avec eux et ne parle pas." Chirac, c'était une autre génération !

  • "J'aime beaucoup les pommes !" 

En 1995, Jacques Chirac retente sa chance aux présidentielles et profite de ses passages sur les plateaux pour promouvoir son livre de campagne, La France Pour Tous. Interrogé par Alain Duhamel, le candidat Chirac répond à une question "frivole" du journaliste, qui ne peut s'empêcher de demander pourquoi la première de couverture du bouquin est illustrée d'un pommier. Réponse de son auteur : "J'aime beaucoup les pommes. Je suis un mangeur de pommes, j'aime bien le cidre aussi. Chez moi, en Corrèze, y'a des pommiers et on y fait un petit cidre, qui n'a pas grande prétention mais que j'aime bien. Donc, ça me rappelle un peu ça", conclut simplement Jacques Chirac, sourire aux lèvres.
D'ailleurs, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré à RTL qu'il avait planté un pommier dans le parc de Matignon lors de son arrivée au gouvernement, en hommage au slogan de Jacques Chirac lors de sa campagne de 1995.   

  • "Vous parlez sérieusement ou vous faîtes de l'humour ?" 

Durant cette même interview, Arlette Chabot questionne le candidat sur son ambition. "Quoiqu'il arrive, vous irez jusqu'au bout dans cette campagne présidentielle ?" La réponse sanglante de Jacques Chirac ne se fait pas attendre : "Vous parlez sérieusement ou vous faîtes de l'humour ? Soyez sérieux, Arlette Chabot, je vous en prie..." Un souvenir -un poil sexiste qui aurait du mal à passer aujourd'hui- qui doit encore hanter la journaliste...  

  • "Vous savez les femmes, il faut se méfier"

Séducteur invétéré, Jacques Chirac aura fait rire la France entière, en 2009 lors d'un déplacement en Corrèze. Alors que son épouse Bernadette fait un discours pour l'inauguration d'un musée, Jacques Chirac conte fleurette dans son dos à une jeune élue, Sophie Dessus, qu'il somme de venir s'asseoir à ses côtés.
Lui susurrant des mots au creux de l'oreille, l'ancien président lui dit alors : "Vous savez les femmes, il faut se méfier !". Le flirt prend fin lorsque Bernadette Chirac interrompt son discours pour lancer un regard noir à son coureur de jupons de mari.

  • "Sans elle, je serai malheureux comme les pierres"

D'après le journaliste Franz-Olivier Giesbert, auteur de la biographie, Chirac, Une Vie (Ed. Flammarion) parue en 2016, l'ancien Président lui aurait confié : "Nous autres, les hommes, nous sommes les Cro-Magnon de la Préhistoire. Toujours à chasser et à courir la gueuse. Mais à la fin des fins, il nous faut retourner dans notre grotte. Moi, j'ai besoin de cette grotte pour me retrouver. Sans elle, je serai malheureux comme les pierres."  A noter que la "grotte" en question n'est autre que Bernadette Chirac, son épouse depuis 1956. 

  • "A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent !"

Professionnel lorsqu'il s'agit d'employer des termes et expressions grivois d'un autre âge, Jacques Chirac régalait ses proches et collaborateurs d'allocutions particulières. Son fidèle ami et ancien président de l'Assemblée Nationale, Jean-Louis Debré, en a même fait un livre, Le Monde Selon Chirac (Ed. Tallandier) paru en 2015 et dans lequel il compile le meilleur des citations de Jacques Chirac. C'est en mars 1992 que l'ancien président aurait lancé ce toast, en soutient à la candidature de Jean-Louis Debré aux élections législatives :"Allons boire à nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent"

  • "Le bruit et l'odeur"

C'est l'un des dérapages les plus célèbres de Jacques Chirac. En 1991, lors d'un dîner-débat du RPR à Orléans, le maire de Paris raconte sa promenade dans le quartier de la Goutte d'Or avec Alain Juppé."Comment voulez-vous que le travailleur français […] qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur. Eh bien le travailleur français sur le palier devient fou". Hilarité dans la salle, à laquelle viendra s'ajouter ensuite une mini-polémique pour ces propos racistes.  

  • "What do you want ? Me to go back to my plane ?"

En visite en Israël en 1996, Jacques Chirac, qui prend un bain de foule dans les rues de Jérusalem, apostrophe violemment un policier israélien aux méthodes peu orthodoxes. "What do you want ? Me to go back to my plane and go back to France ?" (Que voulez-vous ? Que je remontes dans mon avion et rentre en France ?)     

  • Dans l'intimité : "Si vous n'êtes pas contente, demandez le divorce !"

Tout les couples traversent des périodes difficiles et les Chirac ne font pas exception. Bernadette Chirac n'a jamais caché la patience dont elle a dû faire preuve pour venir à bout des infidélités de son mari. D'après Candice Nédelec, auteure de Bernadette et Jacques (Ed. Stock) le jeune marié n'a pas attendu longtemps pour tromper sa jeune épouse qui s'en est plainte. "Si vous n'êtes pas contente, demandez le divorce !", aurait alors suggéré l'ancien président de la République.En 2016, dans un documentaire, elle expliquera pourquoi elle n'a jamais divorcé : "Je ne l'ai pas fait parce que d'abord, je suis catholique pratiquante et je crois que la formation qu'on a reçue quand on était enfant est indélébile. Et ensuite, il faut dire la vérité, j'étais quand même très amoureuse de mon mari". Des couples solides comme on en fait plus.