Philippe Bouvard a 92 ans : Sa femme Colette, ses infidélités, ce qu'il a "caché", "pas digéré"...

Son enfance difficile, son épouse, l'adultère, son rôle de père (et de grand-père), sa peur de la mort, sa querelle avec Ruquier... Secrets et folles anecdotes du journaliste taulier.

Philippe Bouvard a 92 ans : Sa femme Colette, ses infidélités, ce qu'il a "caché", "pas digéré"...
© Philippe Bouvard en 2015 par Stephanie Lecocq / Isopix/SIPA

Philippe Bouvard a fêté ses 92 ans le 6 décembre 2021. Figure emblématique du journaliste, inoubliable ex-animateur des Grosses Têtes, l'homme de médias a considérablement marqué les Français, à travers les générations. Son enfance pendant la Seconde guerre mondiale, ses petits jobs, son épouse, son côté "infidèle", son rôle de père, sa peur de vieillir, sa rivalité avec Laurent Ruquier... Secrets du nonagénaire qui n'a rien perdu de sa gouaille.

Philippe Bouvard, abandonné par son père 

Philippe Bouvard naît à Coulommiers en Seine-et-Marne, en 1929. Il est le fils unique de Marcel Bouvard, primeuriste au Maroc avant de devenir directeur de sociétés en France, et d'une mère d'origine juive alsacienne prénommée Andrée Gensburger, opticienne. Mais le jour de sa naissance, son père quitte sa mère en lui volant de l'argent et des bijoux. Philippe Bouvard, lui, ne rencontre son père biologique qu'une seule fois, mais grandit tout de même avec une figure paternelle, en la personne de Jules Luzzato, son beau-père. 

Philippe Bouvard, caché pendant la guerre

Pendant la Seconde guerre mondiale, il se cache avec sa mère dans pas moins d'une dizaine de domiciles, tandis que son beau-père est arrêté pour résistance. Ses grands-parents adoptifs sont déportés et assassinés à Auschwitz

Philippe Bouvard : cette rencontre qui a tout changé

C'est durant sa plus tendre enfance que Philippe Bouvard commencer à envisager le métier d'écrivain. Alors qu'il est en vacances à Cannes, à huit ans, il aperçoit Jean Cocteau, conduit en limousine, et en déduit que l'écriture rapporte beaucoup d'argent. En 1944, à 14 ans, il lance son premier journal de lycée, Schola 44. "Mon premier journal, je l'ai édité à l'âge de 6 ans. C'était trois ou quatre demi-pages qu'un vieil oncle imprimeur avait fait tirer, et que j'avais distribuées à la famille (...) En fait je crois bien que si j'avais été naufragé sur une île déserte, j'y aurais créé un journal pour les singes", a-t-il raconté à FranceInfo

Philippe Bouvard, renvoyé et pris la main dans l'sac

L'écrivain en herbe échoue pas moins de trois fois au baccalauréat, puis entre au Centre de Formation des Journalistes (CFJ) de Paris, avant d'en être renvoyé. Le jeune élève, qui se fait payer pour faire les devoirs des autres, reçoit une appréciation tout sauf élogieuse: "N'est pas doué pour le journalisme mais réussira dans les professions commerciales". Visiblement, l'auteur de cette note manquait cruellement d'intuition...

Philippe Bouvard : de ses jobs alimentaires à l'accomplissement de son rêve

Avant de devenir journaliste, Philippe Bouvard exerce un temps le métier de démarcheur d'encyclopédies puis de vendeur de lunettes de soleil chez Lissac. En 1953, il entre au service photographique du Figaro en tant que coursier, puis gravit les échelons jusqu'à recevoir sa carte de presse quelques mois plus tard.

Philippe Bouvard : ce qu'il a caché à sa femme

La même année (53), il épouse Colette Sauvage. Tous deux deviennent parents de deux filles, Dominique, née en 1954, et Nathalie, qui voit le jour dix ans plus tard. Au début de leur relation, le journaliste cache ses origines juives à Colette Sauvage et se fait même baptiser en secret pour pouvoir se marier à l'église avec l'élue de son cœur.

Philippe Bouvard : ce qu'il n'a pas "digéré"

En 2014, après avoir animé les Grosses Têtes pendant près de 40 ans, il se voit remplacé aux commandes de l'émission par Laurent Ruquier. Un changement qu'il vit comme une véritable trahison. Dans Midi Libre, en 2019, il a avoué n'avoir pas "digéré" son éviction. "Je dois être le seul dans l'histoire de la radio qui a été remplacé par celui qui essayait de le rattraper en vain depuis des années", a-t-il lâché en référence à Ruquier. Et d'ajouter sur son départ: "Ça a été très dur car je m'étais totalement investi dans les Grosses têtes depuis 37 ans".

Philippe Bouvard : tensions avec Ruquier

Pourtant, avant d'être remplacé par Laurent Ruquier, les deux animateurs avaient déjà collaboré ensemble. Philippe Bouvard intervenait dans l'émission du présentateur, On va s'gêner, sur Europe 1. Mais là encore, la situation avait été un brin tendue. "Cela ne s'est pas bien passé quand on a travaillé ensemble (...) Il pensait que ma carrière était terminée, il se réjouissait que je ne lui fasse plus concurrence (...) Il voulait un peu se venger. ll ne disait pas des méchancetés à l'antenne mais il coupait systématiquement tout ce que j'avais dit", avait-il raconté dans son livre Des Grumeaux dans La Passoire

Philippe Bouvard : son rôle de père (et grand-père)

"J'essaye d'être un meilleur grand-père que je n'ai été un père. Je suis en train de devenir un patriarche grâce à mes arrières-petits-enfants. C'est très agréable. Deux filles, quatre petits-enfants et deux arrière-petits-enfants, ça fait une belle tablée", avait confié à Paris Match le journaliste, en 2019.

Philippe Bouvard, "vieux bourdon" et infidèle avec sa femme

Avec son épouse non plus, il n'a pas été le mari idéal, assez occupé à courir les jupons, dans sa jeunesse. "Ma plus grande qualité, c'est une certaine fidélité à travers les infidélités (...) Ma femme a eu beaucoup de courage. Nous venons de célébrer nos soixante-cinq ans de mariage. Je ne suis pas certain que ce soit vraiment une récompense pour elle", avait-il ajouté. Dans Gala, il avait également rendu hommage à son épouse: "À la patience qu'il lui a fallu pour me supporter, elle ajoute une mémoire sans faille et une grande capacité à préparer de petits plats. Elle est la reine de la ruche familiale dont je ne suis que le vieux bourdon".

Philippe Bouvard a peur de la fin

Concernant son âge, l'ancien animateur des Grosses Têtes est préoccupé. Il est même angoissé à l'idée de mourir un jour. "C'est embêtant, parce que je vais vers la fin de vie, et je n'ai pas l'impression d'avoir terminé mon existence (...) J'ai pris tellement de plaisir, au travail d'abord, mais aussi à tous les agréments que la vie peut offrir à quelqu'un qui est un peu connu et qui n'a pas trop de fin de mois difficile, que le fait de tout quitter brutalement, ou pas, me rend triste. Or, ce n'est pas dans ma nature de l'être", avait-il admis sur FranceInfo.