Lou.Yetu, une histoire de bijoux en or

Plus qu'une comptine, l'aventure de la marque de bijoux Lou.Yetu, et de sa créatrice Camille Riou, a tout d'un récit merveilleux. Il était une fois un doux rêve devenu réalité.

Lou.Yetu, une histoire de bijoux en or
© Lou.Yetu

Nous sommes en 2009 quand Camille Riou, 20 ans, se met à fabriquer des bijoux chez elle. La jeune femme les photographie et retouche ses clichés à l'aide d'Instagram, considérant le réseau social, comme la plupart de ses utilisateurs alors, comme un simple outil de retouche. L'étudiante en école de commerce réalise assez vite la portée de la plateforme et, de fil en aiguille, son travail gagne en notoriété. "C'était le bon projet au bon moment." commente-t-elle modestement. En 2015, c’est le saut dans le vide. Mue par sa passion, sans formation spécifique ni filet de sécurité, elle quitte son emploi dans le marketing chez Procter and Gamble pour lancer Lou.Yetu. Aujourd'hui, une décennie après ses premiers posts au format carré, la jeune femme nous reçoit au nouveau siège de sa marque qui en dit long sur sa success story. 555 000 abonnés sur Instagram, une adresse royale derrière la Place Vendôme à Paris et une croissance qu'elle qualifie elle-même d'"astronomique" : ses bijoux fins plaqués or, fabriqués à Paris sont devenus les plus unanimement désirés de ces dernières années.

Bijoux de famille 

Il n'y à qu'à parcourir le compte Instagram de Camille pour comprendre sa trajectoire. Cette histoire d'amour avec les bijoux, elle l'a reçue en héritage et ce sont ses grand-mères qu'elle remercie sans cesse pour ce cadeau. 

lou-yetu-boutique-paris
La boutique Lou. Yetu au 12 Rue Volney à Paris © Journal des Femmes / Mitia Bernetel

L'une d'elles, épouse de marin, déniche à chaque escale de merveilleux trésors. Ses trouvailles des quatre coins du monde, elle les transmet à sa petite fille au travers d'un rituel fondateur : à chaque grande occasion, elle l'accompagne se faire confectionner des bijoux. Perles de Tahiti, pierres précieuses et autres pièces aux savoir-faire exotiques ont ainsi très tôt peuplé les rêveries de la jeune femme. C'est avec une grande fierté que Camille a pu présenter sa boutique et son siège rue Volney à cette dernière qui, à 86 ans, n'est pas avare en remarques acerbes mais précieuses pour l'entrepreneure avide de suivre les pas de ses modèles. De l'autre côté de l'arbre généalogique, Nelly, sa chic arrière grand-mère aux grandes lunettes 70's lui a inspiré sa première ligne de solaires cet été. "J'ai imaginé des paires intemporelles que je pourrais potentiellement transmettre à mes enfants, tout comme j'ai récupéré les siennes." De passé à futur. 

Self-made bijoutière

Si l'entrepreneure est si reconnaissante, c'est certainement parce que la transmission est la pierre angulaire son parcours. Alors qu'elle confectionne ses première pièces chez elle à Lyon, Camille sympathise avec un commerçant en perles et aprêts et anime des ateliers dans sa boutique. Une fois installée à Paris, aux prémices de Lou.Yetu, il lui fait un "cadeau inouï" : son carnet d'adresses de fournisseurs et d'artisans. "J'avais 20 ans, j'allais sourcer mes pierres chez ces professionnels qui me disaient "C'est pour tes parents ?"J'ai suscité la curiosité ! " raconte-t-elle avec amusement. "J'étais curieuse mais je n'y connaissais rien. Eux avaient tous beaucoup d'expérience et m'ont aidé à apprendre." Loin d'être condescendants, ces derniers se prennent de passion pour le projet, si bien que certains figurent encore à ce jour parmi les partenaires de la marque.

bijoux-lou-yetu-pendentif
Les "bijoux espiègles" de Lou.Yetu © Journal des Femmes / Mitia Bernetel

Confectionné avec amour

C'est toujours à Paris que sont pensées et conçues les pièces, à quelques exceptions près pour des fontes de prototypes en Thailande ou des nacres philippines. Piloté par Nicolas (ex-Chanel et Hermès) le développement se fait selon deux méthodes : l'estampe, en partenariat avec des maisons spécialisées dans le Marais, et l'impression 3D. Élaborée en interne, cette technologie tend à prendre le pas sur les estampes, dont Lou.Yetu n'a pas l'exclusivité (trop onéreuses à concevoir pour de petites quantités), et qui peuvent donc se retrouver au service de griffes concurrentes... La rançon de la gloire pour les "bijoux espiègles" à succès. 

Faire valoir cette conception française par des certifications, bien entendu, Camille y a pensé, mais le temps manque. Avec un rythme effréné d'une collection tous les deux mois, le désir des clientes est sans cesse attisé. Une frénésie qui a valu à Lou.Yetu le surnom du "Sézane du bijou" et qui ne l'empêche pas, tout comme son homologue du prêt-à-porter, d'agir avec raison. L'upcycling est de plus en plus présent dans les collections avec la réutilisation des chutes de chaînes et l'or Fairminded est au programme, mais l'entreprise doit essuyer les pots cassés d'une année Covid. 

"Etre cheffe d'entreprise c'est dur, c'est la première année que c'est aussi dur. Ma priorité c'est d'être avec les équipes et de faire avancer les choses". Plus concernée que pressée, Camille fait preuve de précaution pour ne pas épuiser ses collaborateurs. Créer moins ? La question ne se pose pas pour celle qui trouve que se renouveler est encore la partie la plus simple de son métier. Une première collection de joaillerie pour satisfaire le désir de "vrais bijoux" de sa grand-mère, une collection anniversaire avec un retour aux motifs naturels qui ont fait son succès pour septembre, elle nous laisse d'ailleurs avec de belles perspectives. Loup y es-tu ? Plus que jamais. 

lou-yetu-atelier-paris
Rue Volney, on s'atèle au montage des pièces Lou.Yetu © Journal des Femmes / Mitia Bernetel