Directeur d'école : enfin un statut à part entière

L'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi de la majorité présidentielle visant à améliorer les conditions de travail et la rémunération des directeurs d'école.

Directeur d'école : enfin un statut à part entière
© Graham Oliver

Ils sont en première ligne depuis de longues semaines. Après avoir géré la mise en place de l'enseignement à distance dans leurs établissements en raison du confinement, les directeurs sont désormais à l'oeuvre pour assurer le retour à l'école du plus grand nombre d'élèves dans des conditions optimales de sécurité. Leur statut pose questions depuis plusieurs mois, notamment après le suicide d'une directrice d'école, Christine Renon, survenu en octobre 2019. Cette dernière avait expliqué son geste en évoquant la "solitude" de sa fonction et son "épuisement". 

Créer la fonction de directeur d'école : le texte adopté a l'Assemblée

L'Assemblée nationale s'est saisie le 24 juin de la proposition de loi "créant la fonction de directeur d'école" proposée par LREM. Selon la rapporteuse Cécile Rilhac (LRM), elle même ex-principale adjointe de collège, cette proposition est une "première étape" destinée à mieux encadrer la profession et à prendre en compte les" nombreuses responsabilités" des directeurs d'école et le manque de "reconnaissance institutionnelle" et financière dont ils font l'objet. Le texte a été adopté en première lecture par 55 voix contre 6, et 11 abstentions.

Il vise notamment à mettre en place une aide administrative et matérielle, à reconnaître le métier, le revaloriser, mais aussi à octroyer de décharges supplémentaires. Dans les faits, un référent "Directeur d'école" va être créé au sein de chaque académie et les directeurs bénéficieront désormais d'une aide financière et administrative, dès lors que la taille ou les spécificités de l'école le nécessitent. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, a estimé qu'il s'agissait d'une "première pierre" et a salué l'engagement et le travail de ces professionnels dont le rôle a trop souvent été négligé. "Nous leur devons dans la loi la reconnaissance des spécificités de leurs missions et dans la pratique l'amélioration de leurs conditions d'exercice", a-t-il ajouté.