Doliprane enceinte : autorisé, posologie, dans quels cas ?

Maux de tête, fièvre, douleurs lombaires…Si le Doliprane est l'un des seuls médicaments autorisés pendant la grossesse, il n'est pas si anodin qu'il n'y paraît. Quand en prendre ? Quels sont les risques pour le fœtus ? Réponses et conseils du Pr Pierre-Emmanuel Bouet, gynécologue-obstétricien, chef du service de Médecine de la Reproduction au CHU d'Angers.

Doliprane enceinte : autorisé, posologie, dans quels cas ?
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Le Doliprane est-il autorisé pendant la grossesse ?

La liste autorisée des médicaments pendant la grossesse étant très restreinte, mieux vaut ne pas tomber malade ! Rare médicament à être autorisé pendant cette période, le Doliprane (paracétamol) est l'anti-douleur prescrit en première intention. En revanche, les anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l'ibuprofène sont déconseillés en début de grossesse et formellement contre-indiqués à partir du sixième mois de grossesse. Toutefois, ce n'est pas parce que le Doliprane est autorisé qu'il faut en prendre à la moindre douleur. 

Dans quels cas prendre du doliprane pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, le Doliprane est indiqué dans trois situations principales : les douleurs abdominales, les douleurs dans le bas ventre, ainsi que la fièvre qui peut survenir au cours d'une infection. "La fièvre étant susceptible d'entraîner des contractions et par conséquent des menaces d'accouchement prématuré voire des accouchements prématurés, il est important de la faire baisser rapidement à l'aide de paracétamol", commente le Pr Pierre-Emmanuel Bouet. 

Doliprane pendant la grossesse : quels sont les risques ?

Ces dernières années, plusieurs études se sont intéressées à l'impact éventuel de la prise de paracétamol durant la grossesse. Ont notamment été étudiés le risque uro-génital, le risque d'hyperactivité dans l'enfance, le risque de malformation fœtale, le risque sur le neuro-développement du bébé. Mais à ce jour, les données restent incomplètes et discordantes, ce qui ne permet pas de confirmer quoi que ce soit. Selon les recommandations de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM), "Si nécessaire, le paracétamol peut être utilisé pendant la grossesse; cependant il devra être utilisé à la dose efficace la plus faible, pendant la durée la plus courte possible et à la fréquence la plus réduite possible. En dehors des risques liés directement à votre grossesse, le paracétamol peut présenter d'autres effets indésirables, notamment des lésions graves du foie dans certains cas de surdosage, pouvant conduire à des greffes du foie"

Doliprane pendant la grossesse : quelle posologie ?

"Les risques associés à la prise de Paracétamol ne contre-indiquent pas son usage pendant la grossesse et ce, d'autant plus que c'est un antalgique et un antipyrétique autorisé et efficace chez la femme enceinte. Il existe aussi un recul suffisant pour être globalement rassuré sur son utilisation pendant la grossesse", informe le gynécologue-obstétricien. Néanmoins, la prudence est de mise. "Pour le paracétamol, comme pour tout autre médicament ingéré pendant la grossesse, on conseille aux femmes d'éviter impérativement l'automédication. Si le paracétamol est pris sur prescription médicale et que les doses sont respectées, il n'y a pas de danger. Ce qui est important, c'est de commencer par de petites doses et de limiter la prise dans la durée. Évidemment, il ne faut surtout pas céder à la tentation de prendre du paracétamol pendant toute la grossesse au moindre mal de tête, auquel cas on pourrait effectivement se poser la question de l'effet sur le fœtus ! ", continue-t-il. Autrement dit, si le Doliprane fait l'objet d'une prescription médicale contrôlée par l'obstétricien ou la sage-femme qui suit la patiente et que celle-ci respecte la posologie indiquée, les données sont globalement rassurantes. "En cas de maux de tête, la femme enceinte peut prendre 500 mg ou 1 g par jour pendant 48 h mais si ça ne passe pas, elle doit contacter son médecin traitant, son gynécologue ou sa sage-femme pour réévaluer le traitement", insiste le spécialiste.  

Merci au Pr Pierre-Emmanuel Bouet, gynécologue-obstétricien, chef du service de Médecine de la Reproduction au CHU d'Angers

Questions et petits maux de la grossesse