Accouchement covid : masque, présence des pères, suivi et allaitement

Dans le contexte de pandémie à Covid-19, les recommandations concernant l'accouchement et le suivi post-natal évoluent constamment. Port du masque recommandé mais pas obligatoire, présence des pères à l'accouchement et en suites de couches, allaitement… Ce qu'il faut savoir.

Accouchement covid : masque, présence des pères, suivi et allaitement
© subbotina-123rf

[Mise à jour du 9 novembre à 18h35]. Face à la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, le gouvernement appuie les dernières recommandations du CNGOF concernant les accouchements et particulièrement le port du masque, dans un communiqué du 9 novembre. Ainsi le Ministre de la Santé, la Ministre de l'égalité entre les hommes et les femmes et le Secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance rappellent que le "port du masque chez la femme qui accouche est souhaitable en présence des soignants mais qu'il ne peut en aucun cas être rendu obligatoire". Une position partagée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). 

Accouchement et covid : les recommandations concernant le port du masque

Suite à de nombreuses plaintes de femmes dénonçant l'obligation de porter le masque pendant l'accouchement, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) avait, en effet,  actualisé ses recommandations. Ainsi, les femmes ne présentant pas de symptôme du covid-19 peuvent accoucher sans masque, même s'il reste vivement conseillé. Il précise : "pendant les efforts expulsifs, le port du masque est souhaitable car il protège les soignants et la femme elle-même. Il ne peut être imposé. On peut proposer le recours à une visière adaptée au visage de façon à faciliter les efforts et la communication avec l'équipe soignante. Si la patiente n'a ni masque ni visière, le masque porté par le personnel doit être un masque FFP2 de manière à apporter une protection maximale au personnel de santé (+ lunettes de protection)". En revanche, les futures mamans présentées comme des "cas possibles" doivent impérativement porter un masque. A noter que pour l'heure, les maternités sont libres d'imposer leurs propres règles sanitaires. Olivier Véran, Ministre de la Santé, Élisabeth Moreno, Ministre de l'égalité entre les hommes et les femmes et Adrien Taquet , Secrétaire d'Etat charge de l'Enfance, s'associent également au CNGOF pour rappeler que "la naissance doit rester un moment privilégié même dans ce contexte d'épidémie sachant que chacun doit être attentif au respect des consignes de sécurité données par les personnels des maternités". Les ministres confirment également que le masque ne peut en aucun cas être imposé pendant l'accouchement.

Présence des pères à l'accouchement, même pendant une césarienne

Pendant le confinement, les papas ne pouvaient assister qu'à l'accouchement (dans certaines maternités) et seulement aux 2 heures qui suivaient la naissance de leur bébé. Le dispositif a ensuite été assoupli pour leur permettre de soutenir la maman à la naissance.  Dans un communiqué publié ce 30 septembre, le Collège national des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) indique, en effet, que "la présence du père est souhaitable au maximum, y compris pendant une éventuelle césarienne (sous couvert d'une charte des visiteurs, la recherche de symptômes compatibles avec un covid, le respect des mesures barrières et la limitation effective des déplacements)". En revanche, les gynécologues ne conseillent pas la recherche systématique des signes cliniques du COVID-19 en salle de naissance, précisant toutefois que cette recommandation est à adapter en fonction des cas et de l'évolution locale de l'épidémie. De son côté, la Haute Autorité de Santé encourage à "proposer le dépistage par RT-PCR au minimum en amont des interventions programmées (césarienne, déclenchement), et au mieux avant toute hospitalisation programmée". 

Accouchement et covid : les visites sont-elles autorisées en suites de couches ?

Dans la dernière mise à jour de son guide sur la continuité du suivi des femmes enceintes lors de la levée du confinement, la HAS estime que "la présence de l'accompagnant asymptomatique dans la chambre de la mère peut être acceptée à condition que l'accompagnant respecte les règles strictes demandées par l'établissement et que l'établissement dispose de matériel de protection et d'une équipe en nombre suffisant pour veiller à l'application de ces règles sans impacter le bon fonctionnement de la maternité". Le CNGOF recommande de transformer les chambres doubles en chambres simples et, dans le cas où cela est impossible, de s'assurer du respect des gestes barrières et d'interdire la présence permanente d'un accompagnant. En revanche, face à la pandémie de Covid-19, les durées de séjour à la maternité ont été raccourcies. La HAS précise : "en accord avec l'équipe de la maternité, celui-ci sera le plus court possible : 2 jours après la naissance de votre bébé (4 jours en cas de césarienne)". 

Sortie précoce de la maternité et risque d'ictère du nouveau-né

Dans un communiqué publié le 30 avril, la Haute Autorité de Santé livrait ses recommandations concernant le suivi après l'accouchement. La HAS précisait qu'une sortie précoce pourrait accroître le risque d'ictère du nouveau-né (jaunisse), qui peut survenir à domicile. "Ce risque doit faire l'objet d'une attention particulière et d'une organisation anticipée : surveillance à domicile et retour à la maternité en cas d'ictère confirmé". La HAS indiquait également que la réalisation de l'examen du nouveau-né 48h après la sortie de maternité relevait de la sage-femme (le pédiatre étant tenu d'examiner l'enfant entre le 6ème et 10ème jour).

Par ailleurs, "tout nouveau-né de femme atteinte de COVID-19 doit être considéré comme porteur du virus et un test de diagnostic ne se justifie alors pas. Des précautions sont néanmoins à prendre : l'isolement de la mère et de de l'enfant pendant 14 jours est recommandé au domicile. Il est recommandé de ne pas séparer la mère et l'enfant", recommande la HAS. Enfin, l'organisation du suivi postnatal doit pouvoir être modulée en fonction des particularités géographiques de l'épidémie et de l'accès aux ressources locales.

Attention aux accouchements à domicile

Le Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France se joint au CNGOF pour mettre en garde les futurs parents qui seraient tentés d'accoucher à domicile pour palier à l'absence du père le jour de l'accouchement. "Il convient de les mettre en garde contre les risques auxquels elles s'exposeraient au regard des difficultés du système de soins actuels. En cas de problème, les SAMU débordés pourraient ne pas arriver à temps et la réactivité des services d'urgences pour la prise en charge des hémorragies de la délivrance à domicile ne sera pas la même dans la crise sanitaire que nous vivons" prévient le Syndicat dans un communiqué du 30 mars.

Allaitement, bébé : que faire si la maman est positive au Covid-19 ?

Après l'accouchement, si la mère est porteuse du virus, elle devra porter un masque chirurgical en permanence. Dans la mesure où il n'y a pas de passage du virus dans le lait, "l'allaitement direct ou l'alimentation après avoir tiré son lait sont possibles chez une mère suspecte ou confirmée d'infection à COVID-19", précisent les gynécologues. Il est donc essentiel, pour toutes les mères qui viennent d'accueillir leur nouveau-né, de respecter les règles d'hygiène strictes, avec :

  • lavage des mains réguliers à l'eau savonneuse, , bébé
  • friction des mains avec une solution hydro-alcoolique à chaque fois avant de s'occuper du bébé,
  • bien attendre que les mains soient sèches avant de prendre le bébé,
  • ne pas toucher le masque ou le visage, 
  • compléter par un lavage des seins au savon doux non odorant et à l'eau.

Accouchement