Qu'est ce qui va changer à l'école avec Pap Ndiaye ?

"Qu'est ce qui va changer à l'école avec Pap Ndiaye ?"

Dans une lettre directement adressée aux 900 000 enseignants, Pap Ndiaye a présenté les grandes directives de son projet à la tête de l'Education Nationale. Social, inclusif mais aussi scolaire, le ministre compte bien sur l'aide ses fonctionnaires pour le mener à bien.

Une fois n'est pas coutume, le ministre de l'Education nationale s'est adressé directement à ses agents, les quelques 900 000 enseignants, pour leur expliquer ce qu'il comptait bien développer pendant sa mandature. Dans un message envoyé le 27 juin au soir, Pap Ndiaye explique en quoi il s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, mais aussi à quels chantiers, qui lui tiennent particulièrement à cœur, il compte s'affairer. En cinq points, il revoit donc le fond des programmes, la forme des enseignements, ainsi que les ambitions que doit de nouveau garantir l'école républicaine. "Je suis heureux de vous écrire directement, avec la charge d'un ministère qui a structuré non seulement ma carrière mais façonné ma vie. Je le fais comme le professeur des universités que je suis, fils d'une professeure du second degré" a-t-il écrit dans cette lettre, dans le but de faire de cette entreprise une œuvre commune.

Quels sont les 5 grands axes de Pap Ndiaye pour la rentrée scolaire ?

1 - Lutter contre les inégalités sociales

Premier axe et non des moindres pour Pap Ndiaye, très attaché à la mission première de l'école Républicaine et méritocratique : permettre à tous les écoliers français de gravir les échelons et d'élever leur condition sociale"I​l est de ma responsabilité de prendre en charge le drame de l'injustice que nourrit notre système scolaire en ne permettant pas suffisamment aux plus pauvres d'espérer transformer leur condition sociale, plaide-t-il dans une interview au Huffington Post. Cette promesse non tenue fait de l'ombre à nos actes" a -t-il ainsi expliqué, voulant par ailleur faire de l'école une sorte de refuge, où la seule identité, le seul statut qui compte, est celui d'élève. Il parle ainsi de l'école comme d' "un abri contre les préjugés de toutes sortes", permettant "d'enrayer les replis qui sont consolateurs en apparence, dévastateurs en réalité... Collectivement, nous pouvons faire en sorte que de jeunes esprits ne soient pas attirés par le ressentiment et le pessimisme". Ceci, alors que 75% Français se disent inquiets face à l'augmentation du nombre de tenues religieuses à l'école.

2 - Prioriser les savoirs et enseignements des fondamentaux

A l'instar de son prédécesseur Jean-Michel Blanquer, Pap Ndiaye insiste sur les savoirs fondamentaux, avec priorité "au français et aux mathématiques dans les enseignements dispensés à nos élèves jusqu'à la fin de la sixième". Il poursuit ainsi les plans français et mathématiques, et annonce aussi pour l'année prochaine le lancement d'un "plan maternelle", lui aussi tourné vers une maîtrise initiale de ces deux matières.

3 - Veiller au bien-être des élèves

Lutte contre les discrimination et valorisation des personnes en situation de handicap, voilà l'école inclusive selon Pap Ndiaye. Sur le premier point, le minsitre se veut précis et determiné : "Cet esprit de vigilance, d'écoute, doit aussi concerner les actes et les paroles de discriminations, de haine raciste, antisémite, de violence sexiste ou sexuelle. Le bien-être des élèves nécessite que l'école soit un lieu sans préjugés, sans paroles et sans actes d'intimidation, un lieu laïque également". Quant au deuxième point, le ministre se veut "​très attentif aux situations de handicap", et souhaite améliorer "le statut de nos personnels"​, les AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap), dont le temps de travail est trop souvent subi​.

4 - S'engager sur l'environnement 

Le ministre veut inscrire son action globale dans la lutte pour la préservation de l'environnement, estimant que chaque action politique, quelque soit sa fonction ministérielle se doit d'"engager, dans toutes les dimensions, une mobilisation forte sur le sujet". De fait, il compte revoir les infrastructures scolaires et les adapter aux normes environnementales, de même que renforcer la sensibilisation théorique des élèves : "Cela suppose aussi de renforcer, dans les programmes scolaires, l'enseignement sur le sujet"​, écrit le ministre.

5 - Revaloriser le métier d'enseignant

Alors que la profession fait face à une crise de la vocation sans précédent, et que la rentrée va se faire avec des postes vacants pour cause de pénurie de profs, Pap Ndiaye a bien l'intention de redorer le blason de la profession. "Cette reconnaissance symbolique est primordiale. Elle implique de consacrer un effort particulier et significatif à la hausse des rémunérations si l'on veut créer un choc d'attractivité, attirer et conserver nos jeunes collègues"

En quoi consiste la grande concertation ?

 Dès le mois de septembre 2022, commencera la grande concertation, dans le cadre de la grande réforme de l'école souhaitée par le président de la République Emmanuel Macron et rapidement poursuivie par son nouveau ministre de l'Education Pap Ndiaye. Ce dernier à ainsi expliqué comment il procèderait, en entamant tout d'abord des débats ouverts à tous les acteurs qui évoluent au sein ou autour de l'école. "Il s'agira vraiment d'un débat, d'échanges décentralisés, dans l'ensemble des établissements scolaires" où les "les professeurs, les parents d'élèves, les personnels administratifs et de direction et d'autres acteurs de la vie locale" seront invités à s'exprimer.

Quels changements concrets pour la rentrée ?

Une école plus inclusive

Concrètement en septembre prochain, Pap Ndiaye a annoncé la création de "4.000 équivalents temps plein supplémentaires d'accompagnants d'enfants en situation de handicap" 

Moins d'enfants en classe et dédoublement

Priorité donnée au cursus élémentaire avec "une amélioration du taux d'encadrement des élèves". En pratique, cela signifie un nombre moyen d'élèves par classe en baisse, alors qu'il est déjà passé de 23 à 21.8 enfants entre 2017 et 2021. Chez les plus petits, en maternelle, le dédoublement des classes de grande section sera poursuivi dans les réseaux d'éducation prioritaire et prioritaire renforcée, dits REP et REP+.

30 minutes de sport par jour à l'école

C'est le président qui a annoncé lui-même que les élèves des classes élémentaires auront désormais quotidiennement trente minutes de sport par jour,

en plus des heures d'EPS. "C'est une vraie révolution, pour à la fois mieux apprendre (...) et avoir une vraie politique de prévention en santé pour lutter contre l'obésité et la sédentarité de beaucoup de nos enfants et adolescent" a déclaré Emmanuel Macron.

Retour des maths dans le tronc commun à la rentrée

Dans le secondaire, confirmation a aussi été faite au début du mois du retour des mathématiques "en option" dans le tronc commun en Première dès septembre 2022. Ce nouvel enseignement scientifique et mathématique sera porté à 3 heures 30 hebdomadaires (contre 2 heures actuellement). Il sera évalué dans le cadre du contrôle continu, sans modification du coefficient actuellement attribué à l'enseignement scientifique (coefficient 3 pour l'année de 1ère).

Relancer l'attractivité du métier d'enseignant

Point clé de la réforme et acteur principal de l'école, le personnel enseignant est au cœur des préoccupations du ministre de l'Education. Accusant une baisse significative de ses effectifs, Pap Ndiaye a pour défi de relancer l'attractivité des métiers de l'enseignement alors qu'une pénurie de professeurs sans précédent met à mal la prochaine rentrée scolaire. Le Job dating lancé avec Pôle Emploi avait d'ailleurs fait un scandale, et pour accueillir les 12.2 millions d'élèves au mois de septembre, le ministre fait appel "à des enseignants contractuels, dont la part demeure très modeste avec 1% dans le premier degré et 8% dans le second degré" a-t-il indiqué. A plus long terme et dans une logique structurelle, le ministre s'accorde à revoir de meilleures rémunérations et conditions de travail des professeurs et enseignants.

C'est quoi l'école du futur ?

Ces écoles du futur, expérimentées à Marseille, apportent davantage d'autonomie aux écoles primaires, en permettant notamment aux chefs d'établissement de recruter eux-mêmes leurs enseignants. En déplacement à Marseille jeudi 2 juin 2022, Emmanuel Macron rassure : "on ne va jamais se mettre à ce que les chefs d'établissement fassent leur propre mercato". De quoi répondre en revanche à la pénurie de professeurs qui inquiète les académies. Mais concrètement, selon Virginie Akliouat, porte-parole du Snuipp-FSU, syndicat de professeurs des écoles, "le test n'a pas réellement démarré dans les 59 écoles". précise-t-elle au Parisien.

Ecole maternelle et primaire