Ecole covid : autotests en 6e, ce qui change dès lundi

"Ecole covid : autotests en 6e, ce qui change dès lundi"

8890 classes sont actuellement fermées en France. A partir du lundi 29 novembre, les classes de primaire ne fermeront plus dès le premier cas de Covid-19. Les élèves seront testés systématiquement, et les collégiens de 6e devront réaliser deux autotests par semaine.

"Il n'y aura plus de fermetures systématiques de classes dès le premier cas de Covid"

[Mise à jour du 26 novembre 2021 à 16h27]. Selon le ministère de l'Education nationale, 74 structures scolaires et 8890 classes sont fermées en France en date du 25 novembre. Un chiffre qui a été multiplié par 2,5 en une semaine ! Cependant, le nombre de classes fermées devrait mathématiquement baisser à partir du lundi 29 novembre. En effet, lors d'une conférence de presse ce jeudi 25 novembre, Jean-Michel Blanquer a annoncé de nouvelles mesures à l'école"Il n'y aura plus de fermetures systématiques de classes dès le premier cas de Covid-19, mais un dépistage systématique de toute la classe. Autrement dit, seuls les élèves présentant un test négatif pourront revenir en classe. Ces tests pourront être réalisés par les responsables légaux" a expliqué le ministre de l'Education nationale.

Dépistage systématique à l'école

"Pour que ça marche, il faudra que tous les enfants soient testés. Aucun élève ne pourra retourner en classe s'il n'a pas de test négatif. Ce sont les équipes éducatives qui devront vérifier les tests fournis par les parents : ces tests ne relèvent pas du secret médical" a-t-il précisé sur France Inter ce vendredi 26 novembre.

Dans un avis du 20 novembre, le Conseil scientifique recommandait le "renforcement du dépistage réactif à l'école".  Concrètement, quand un cas positif à la Covid-19 est détecté : il faut procéder à un dépistage immédiat de l'ensemble des élèves de la classe pour lesquels les parents ont donné leur accord ; isoler les cas positifs pour 10 jours ; envisager un retour en classe des élèves ayant participé au dépistage et isoler les cas positifs et des élèves n'ayant pas participé au dépistage (statut virologique "indéterminé"). Egalement, le rétablissement du port systématique du masque en intérieur et en extérieur pour les élèves de plus de 6 ans dans la classe et recommandation dans les autres classes de l'école. Des mesures complémentaires visant à limiter le brassage des classes et des élèves pourront être prises.

Les dernières actualités sur le Covid à l'école

  • Les personnes vivant avec des enfants plus exposées au Covid. Selon une étude de l'Institut Pasteur publiée ce 25 novembre dans la revue The Lancet, et menée auprès de parents de plus de 40 ans, le risque d'être contaminé augmente de 30% lorsqu'un collégien vit au sein du foyer. Le chiffre augmente lorsque les enfants sont à l'école primaire.
  • Deux autotests par semaine pour les élèves de 6e. Pour "conserver un nombre maximum d'écoles ouvertes, tout en maintenant le même niveau de protection des élèves", Jean-Michel Blanquer souhaite que les enfants n'ayant pas encore l'âge de se faire vacciner puissent réaliser deux autotests par semaine, et ce dès la semaine prochaine, a indiqué le ministre sur France Inter ce vendredi 26 novembre. Les élèves de 6e "sont un cas particulier car les enfants ont moins de 12 ans et ne sont pas vaccinés. On va donner une boîte de 10 autotests valables pour cinq semaines. Les principaux de collège feront passer le mot aux parents" a-t-il expliqué. Dès lundi, ces autotests seront à réaliser en famille. 
  • Les classes continueront-elles de fermer ? Si plusieurs cas sont détectés dans une même classe, l'Agence régionale de santé pourra alors décider de fermer la classe, voire même l'école si les cas sont trop nombreux.
  • Les élèves de CP et de CE1 ont rattrapé le retard dû au confinement. Le ministère de l'Education nationale a dévoilé ce 15 novembre les résultats des évaluations nationales réalisées en septembre, qui portaient en CP et CE1 sur des compétences en français et en mathématiques, et en sixième sur l'ensemble des compétences acquises en primaire. Ils révèlent que les retards constatés en français et en mathématiques après le premier confinement de 2020 ont été rattrapés mais que les progrès réalisés par les élèves des écoles les plus défavorisées étaient moins importants en français. Ainsi, le point noir reste la maîtrise de la lecture à l'oral en 6ème appelée le test de fluence : un tiers des élèves à l'entrée en sixième n'ont qu'un niveau CE2.
  • La santé mentale des enfants fragilisée par la crise. Les résultats du rapport annuel de la Défenseure des droits, publié ce 17 novembre, sont inquiétants concernant la santé mentale des enfants.  Selon Claire Hédon, "il a été démontré que le premier confinement a conduit à une hausse générale des syndromes dépressifs et même à un doublement chez les 15-24 ans (10 % d'entre eux présentaient un syndrome dépressif en 2019, contre plus de 20 % en 2020)". La fermeture des écoles, des collèges et des lycées et l'enseignement à distance ont aussi aggravé les risques d'addiction aux écrans. "(Les professionnels) nous ont interpellés sur les difficultés des rythmes circadiens, des troubles alimentaires, du sommeil des enfants, qui étaient épuisés dans les écoles, qui souffrent de problèmes d'attention. Les professeurs ont du mal à les mobiliser sur des projets", a ainsi expliqué le Défenseur des enfants Eric Delemar, ce 16 novembre. Face à ce constat, Claire Hédon propose 29 recommandations comme permettre à chaque enfant d'accéder à des dispositifs d'accueil du jeune enfant, développer le "soutien à la parentalité" et ouvrir des "maisons des adolescents" dans chaque département. Elle insiste aussi sur le fait que santé mentale des enfants doit devenir une priorité publique et qu'ils doivent être pris en charge rapidement en cas de problème. "Un enfant qui ne va pas bien deviendra un adulte qui va mal  (et qui vivra dans ) une société qui va mal ", martèle-t-elle.
  • L'accès au statut vaccinal des élèves retoqué. Ce 9 novembre, les membres du Conseil constitutionnel ont censuré l'accès très critiqué des directeurs d'établissements scolaires au statut vaccinal des élèves du projet de loi "vigilance sanitaire" voté par les députés le 5 novembre. L'Assemblée nationale avait pourtant accepté que les directeurs d'école et les chefs d'établissements scolaires du secondaire puissent y avoir accès, jusqu'à la fin de l'année scolaire 2022 contre l'avis des sénateurs. Mais les sages ont estimé que volet scolaire du projet de loi "vigilance sanitaire" portait une "atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée". Ils ont en revanche validé la prolongation du pass sanitaire jusqu'à fin juillet 2022
  • Pas de pass sanitaire à l'école. Le ministre a également réaffirmé qu'il n'y aurait pas de pass sanitaire au sein des établissements scolaires. "On ne saurait exclure un élève" qui ne serait pas vacciné, mais l'objectif est de conserver les classes ouvertes dans le second degré. Les élèves non-vaccinés doivent suivre les cours à distance lorsqu'un cas positif est détecté dans une classe. "Cette mesure a sans doute permis d'avoir beaucoup d'enfants vaccinés entre 12 et 17 ans", a-t-il déclaré ce 25 octobre sur Europe 1. "C'est aussi grâce à ça que depuis début septembre, très peu de classes ont été fermées en collège et en lycée".
  • Harmonisation des règles d'indemnisation des parents. En cas de fermeture de classe, et si l'enfant est positif au Covid, l'un des parents ne pouvant télétravailler pourra bénéficier des indemnités journalières dérogatoires, sans délai de carence, avec un complément employeur, et ce qu'il soit vacciné ou non.

Quel protocole sanitaire à l'école ?

Le protocole de niveau 2 reste maintenu dans les établissements scolaires, excepté en Guyane où le protocole sanitaire reste au niveau 4. "La stratégie Tester, Alerter, Protéger est ce qui a permis de laisser l'école ouverte" a également rappelé le ministre de l'Education qui précise que le test reste gratuit pour tous les mineurs.

Masque à l'école obligatoire dans toutes les écoles élémentaires

Masque à l'école. Le port du masque est redevenu obligatoire dans toutes les écoles élémentaires de France métropolitaine et d'Outre-mer ce 15 novembre. "Dans ce contexte de reprise épidémique, il nous faut redoubler de vigilance. Tous les assouplissements un moment envisagés seront donc reportés pour conserver les règles actuellement en vigueur", avait indiqué le chef de l'Etat. C'est donc le niveau 2 du protocole sanitaire qui est appliqué dans toutes les écoles françaises depuis ce 15 novembre. Depuis le 8 novembre, les élèves de primaire de 39 départements métropolitains avaient déjà remis le masque à l'école, ainsi qu'à la Réunion en raison de la dégradation de la situation sanitaire.

Faut-il vacciner les enfants à l'école ?

Ce 25 novembre, l'Agence européenne des médicaments (AEM) a annoncé avoir approuvé l'utilisation du vaccin à ARN messager de Pfizer-BioNTech pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Fin mai, elle avait déjà donné son feu vert concernant l'administration aux adolescents de plus de 12 ans. Le même jour, Olivier Véran a confirmé sur le plateau du JT de 20H de TF1 que le gouvernement étudiait la question de la vaccination des enfants. "Si nous entamions une campagne de vaccination ouverte aux enfants de 5 à 11 ans, ce serait en début d'année 2022", a précisé le ministre de la Santé. 

Ce 17 novembre, un avis de l'Académie de médecine a été publié concernant la vaccination des enfants contre la Covid-19. "L'Académie nationale de médecine recommande d'élargir l'immunisation contre la Covid-19 par le vaccin (de Pfizer-BioNTech) aux enfants à risque de formes graves en raison de comorbidités, quel que soit leur âge, ainsi qu'aux autres enfants vivant dans leur environnement familial et scolaire", explique l'instance scientifique. Elle conseille aussi de vacciner "les enfants vivant dans l'entourage d'adultes vulnérables, en particulier les immunodéprimés et les personnes atteintes de maladies chroniques ". Pour autant, la question de la vaccination des enfants n'est pas encore à l'ordre du jour dans notre pays. Ce 17 novembre, Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, a expliqué sur France Inter que si une décision doit être prise dans ce sens, elle ne le sera pas avant "le début de l'année 2022".