Accouchement masqué : est-ce obligatoire, quelles alternatives ?

Après les nombreux témoignages de mères racontant le calvaire d'accoucher masquées, les futures mamans appréhendent l'accouchement. Le masque est-il vraiment obligatoire en salle de naissance ? Le CNGOF livre de nouvelles recommandations.

Accouchement masqué : est-ce obligatoire, quelles alternatives ?
© 123RF / ngamsitara

Accoucher masquée : les mamans témoignent

[Mise à jour du 19 octobre à 17h52]. Le masque est devenu obligatoire dans tous les lieux publics, et certaines femmes sont même contraintes de le porter pour accoucher à la maternité ! Or, porter un masque rend (encore plus) difficile la poussée, et empêche les patientes de bien respirer. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses mamans s'insurgent de devoir donner naissance à leur bébé en étant masquées, jugeant cette contrainte nuisible au bon déroulement de l'accouchement. Voire à leur santé tout court. Elles n'hésitent d'ailleurs pas associer le port du masque à une forme de violence obstétricale. Et pour cause, pour beaucoup, accoucher masquée a rendu la respiration très difficile pendant la poussée, occasionnant parfois même une violente envie de vomir. "Je me souviens avoir eu vraiment envie de vomir après chaque poussée, tellement j'avais du mal à respirer" témoigne l'une d'entre elle sur Twitter. D'autres, peinant à respirer correctement à cause de leur masque, ont dû être placées sous oxygène... mais toujours en gardant leur masque, pourtant responsable de leur difficulté respiratoire. Des témoignages comme celui-ci, le collectif "Stop aux violences obstétricales et gynécologiques" dit en avoir reçu plus de 1 000. Celui-ci a en effet lancé, le 8 septembre dernier, un appel à témoins sur le port du masque pendant l'accouchement associé au hashtag #StopAccouchementMasqué.

Le masque est-il obligatoire pour accoucher en salle de naissance ?

Face à ces réactions de futures et jeunes mères indignées, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a publié de nouvelles recommandations dans un communiqué du 30 septembre 2020 :

  • Le dépistage systématique de la Covid en salle de naissance n'est à ce jour pas recommandé mais à adapter en fonction des cas et de l'évolution locale de l'épidémie.
  • Le port du masque est recommandé en présence des soignants. Pendant les efforts expulsifs, le port du masque est souhaitable car il protège les soignants et la femme elle-même, mais il ne peut être imposé. Alors que faire si on refuse de le porter pour accoucher ? Dans ce cas, "on peut proposer le recours à une visière adaptée au visage de façon à faciliter les efforts et la communication avec l'équipe soignante. Si la patiente n'a ni masque ni visière, le masque porté par le personnel doit être un masque FFP2 de manière à apporter une protection maximale au personnel de santé ( avec des lunettes de protection)" précise le CNGOF.
  • Pendant l'accouchement, la présence du père est souhaitable au maximum, y compris pendant une éventuelle césarienne (sous couvert d'une charte des visiteurs, la recherche de symptômes compatibles avec un COVID, le respect des mesures barrières, et la limitation des déplacements).
  • En ce qui concerne les visites post natales, elles sont désormais autorisées, mais doivent être limitées pour restreindre le nombre de personnes dans l'hôpital et la maternité. Le co-parent ou un accompagnant peut ainsi rendre visite à la maman et au bébé, mais la visite des frères et sœurs n'est toujours pas recommandée. "Cela est à adapter à chaque maternité en fonction de sa situation (locaux, volume d'activité, nombre de personnels). Il faut encourager le retour à domicile rapide" recommande le CNGOF.

Que faire si ma maternité impose le masque lors de l'accouchement ?

Sur le principe, il ne faut pas recommander le port du masque pour les patientes qui ne sont pas Covid positives ou qui ne présentent pas de symptômes évocateurs. Pour les professionnels, le masque chirurgical suffit à protéger à 85%, nous rappelle le Syndicat National de Gynécologues et Obstétriciens français (Syngof). "Le port du masque est nécessaire dans certaines zones où les poussées épidémiques sont vives, et chaque maternité adapte les recommandations selon la situation dans sa zone géographique". Aussi, pour éviter le port du masque durant le travail, Bertrand de Rochambeau, Président du SYNGOF, propose quant à lui de tester systématiquement chaque femme et son accompagnant dans les jours qui précèdent l'accouchement en mettant en place des accès prioritaires aux laboratoires d'analyses médicales. Rappelons que les équipes soignantes sont pour l'heure décisionnaires. Libre à chaque maternité donc de faire porter ou non un masque à ses patientes. Seule solution actuellement, contacter les maternités et remplir les formulaires pour connaître les pratiques sanitaires qui y sont appliquées