Ces femmes enceintes qui habitent loin de la maternité

Selon une étude de la Drees, 167.000 femmes "résident dans une commune sous-dense en sages-femmes et à 45 minutes ou plus de la maternité la plus proche".

Ces femmes enceintes qui habitent loin de la maternité
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De manière générale, les sages-femmes sont plus nombreuses et plus accessibles en France, notamment grâce au développement des professions libérales. Entre 1999 et 2017, le nombre de sages-femmes libérales a en effet augmenté de 15%, selon une étude de Drees publiée ce 24 janvier 2019. Pour autant, certaines communes présentent des difficultés d'accès. "Près de 8,3 millions de personnes (dont 1,6 million de femmes âgées de 15 à 49 ans) résident dans une commune sous-dense en sages-femmes, soit dans l'une des 13 000 communes concernées environ", précise le rapport. En outre, 1,5% de la population habitent à 45 minutes ou plus de la maternité la plus proche de chez elles et 5,4% sont situées à une distance de 30 minutes. Par conséquent, les femmes enceintes qui cumulent un manque d'accès aux sages-femmes et un éloignement important entre leur domicile et la maternité, peuvent rencontrer "des difficultés de suivi de grossesse", précise la Drees.

Moins de maternités en France. Le nombre de maternités recule en France, "passant de 816 en 1995 à 517 en 2016", précise un précédent rapport de 2017. L'avenir de certains établissements est en effet incertain, à l'instar des maternités de Creil, d'Oloron ou encore de Bernay. Néanmoins, pour faire face au manque d'accueil pour les futures mamans, Agnès Buzyn propose une alternative. "On ne ferme pas les maternités, nous les transformons en centre de périnatalité" a déclaré la ministre de la Santé ce 18 janvier sur France Info. "Cela veut dire que les femmes vont simplement aller accoucher ailleurs, mais que tout le suivi se fait dans la maternité. Elles reviennent après leur accouchement pour prendre soin du bébé et se rapprocher de leur famille", précise-t-elle. Car il s'agit avant tout de renforcer la sécurité des femmes sur le point d'accoucher. "On règle en amont les problèmes de transport. On ne va pas laisser les femmes seules avec leur inquiétude de devoir faire 30 ou 40 kilomètres pour aller accoucher", conclut la ministre.