Fermeture de maternités : "la proximité n'est pas un gage de sécurité"

Le gouvernement a décidé de transformer certaines maternités en centre périnatal de proximité. C'est le cas de la maternité de Bernay, qui assurera désormais les suivis de grossesse. Pour les gynécologues, il s'agit d'une "nécessité pour préserver la qualité et la sécurité des soins".

Fermeture de maternités : "la proximité n'est pas un gage de sécurité"
© 123rf-dolgachov

Le nombre de maternités diminue en France et certaines seront désormais remplacées par des centres de périnatalité. Concrètement, les accouchements n'y seront plus pratiqués, mais les futures mamans pourront continuer de s'y rendre pour leur suivi de grossesse. C'est notamment le cas de la maternité du Centre Hospitalier d'Oloron Sainte-Marie, qui a évolué fin 2017 vers un centre périnatal de proximité, appelé désormais le Centre Périnatal Oloronais de Proximité (C-POP). Même chose pour la maternité de Bernay, qui selon la Haute autorité de santé (HAS), ne correspond plus aux exigences de sécurité. "Nous prenons cette décision parce qu'aujourd'hui, la liste de gardes est insuffisamment robuste. Elle ne repose que sur un seul professionnel et des intérimaires" a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn lors d'une visite le 18 février dernier. Mais il s'agit avant tout de renforcer la sécurité des femmes sur le point d'accoucher. 

Dans un communiqué du 25 février, des anesthésistes, gynécologues, pédiatres et médecins généralistes rappellent que "la restructuration de l'offre dans ce domaine est une nécessité pour préserver la qualité et la sécurité des soins". En effet, "l'assouplissement des critères de sécurité, la baisse du niveau de qualification des acteurs, la multiplication des contrats de médecins remplaçants à la place d'équipes expérimentées, ne peuvent constituer des solutions pour maintenir des maternités qui ne répondent pas aux exigences de qualité/sécurité", ajoutent les spécialistes. En outre, la proximité n'est pas un gage de sécurité, estiment les professionnels de santé. En laissant ces petites maternités exercer, on risque de "mettre en danger les femmes qui viennent accoucher". Néanmoins, cette restructuration doit s'accompagner d'une analyse et de propositions pour améliorer les voies d'accès des futures mamans, "afin que le temps moyen n'augmente pas malgré les fermetures", précise le communiqué.

De manière générale, les sages-femmes sont plus nombreuses et plus accessibles en France, notamment grâce au développement des professions libérales. Entre 1999 et 2017, le nombre de sages-femmes libérales a augmenté de 15%, selon une étude de Drees publiée le 24 janvier 2019. Pour autant, certaines communes présentent des difficultés d'accès. "Près de 8,3 millions de personnes (dont 1,6 million de femmes âgées de 15 à 49 ans) résident dans une commune sous-dense en sages-femmes, soit dans l'une des 13 000 communes concernées environ", précise le rapport. En outre, 1,5% de la population habite à 45 minutes ou plus de la maternité la plus proche du domicile et 5,4% sont situées à une distance de 30 minutes. Par conséquent, les femmes enceintes qui cumulent un manque d'accès aux sages-femmes et un éloignement important entre leur domicile et la maternité, peuvent rencontrer "des difficultés de suivi de grossesse", précise la Drees.

Fermeture de maternités : "la proximité n'est pas un gage de sécurité"
Fermeture de maternités : "la proximité n'est pas un gage de sécurité"

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