Blob : pourquoi Thomas Pesquet en emporte sur l'ISS ?

Alors que les astronautes de la mission Alpha sont en route pour rejoindre la station spatiale internationale, 2000 écoles, collèges et lycées se préparent à vivre une expérience en commun autour de blobs, une espèce unicellulaire qui fascine les scientifiques. Explications.

Blob : pourquoi Thomas Pesquet en emporte sur l'ISS ?
© © 2019 Jarmila Horálková

Ce vendredi 23 avril, Thomas Pesquet a décollé à à bord du "Crew Dragon" de SpaceX dans le cadre de la mission baptisée Crew-2. Il est accompagné de deux astronautes américains, Shane Kimbrough et Megan McArthur, et d'un Japonais, Akihiko Hoshide. C'est en Floride, à 5h49 heure locale (11h49, heure de Paris), que le Français s'est envolé pour une mission de six mois. Thomas Pesquet est parti accompagné d'une forme de vie animale étonnante... des blobs !  Un projet éducatif, entre l'espace et la terre a été mis en place autour de ce spécimen. Mais de quoi s'agit-il exactement ?

Blob : qu'est-ce que c'est ? 

Le blob n'est ni un animal, ni un champignon, ni une plante : il fait partie de la classe des myxomycètes. Son vrai nom est physarum polycephalum. Cette espèce unicellulaire défie les lois de la biologie ! Dépourvu de cerveau, le blob présente pourtant des comportements intelligents. Il ne possède pas de pattes, d'ailes ni de nageoires, et peut pourtant se déplacer. Il est capable d'anticiper un changement de son environnement climatique, de trouver un chemin plus court pour sortir d'un labyrinthe, il peut même apprendre. Autre caractéristique impressionnante du blog : il est presque immortel, ne craint ni la lumière, ni la sécheresse et si les conditions ne lui sont pas favorables, il entre en hibernation pour survivre. Cette espèce qui intrigue les scientifiques serait apparue il y a un milliard d'années. 

Un projet éducatif avec les écoles autour du blob 

Les astronautes, qui ont gagné l'espace ce 23 avril pour rejoindre la station spatiale internationale (ISS) ont embarqué plusieurs blobs avec eux, sous forme déshydratée. Dans quel but ? Comprendre comment ce spécimen, ultra résistant aux conditions terrestres, réagit dans l'espace, s'il est capable de se développer malgré l'apesanteur par exemple. Les scientifiques les utiliseront pour diverses expériences. L'une d'elle consistera à réveiller un blob (en lui remettant de l'eau) et à le photographier pour capturer chaque étape de son évolution. En parallèle, l'expérience sera vécue sur terre, en partenariat avec 2 000 écoles, collèges et lycées. Chaque établissement a reçu 4 blobs déshydratés, qui seront petit à petit réhydratés et étudiés, nourris, pour que les élèves puissent voir comment ils grandissent. 

L'astronaute français en a parlé sur son compte Instagram, expliquant ce qui allait être fait une fois dans l'espace, non sans une certaine dose d'humour, évoquant tous les scénarios extraordinaires déjà racontés dans divers films d'horreurs. "Ça fait un moment que je n'ai pas parlé de recherche scientifique et pourtant, c'est le but de la Station spatiale ! J'essaierai de décrire les expériences qu'on y réalise... même si parfois, c'est compliqué y compris pour nous de les comprendre" a-t-il plaisanté. "Il y en a une qui m'amuse, c'est d'élever un blob dans l'ISS. Au-delà de me rappeler un film d'horreur qui était déjà vieux quand j'étais jeune, c'est un organisme fascinant, ni animal ni végétal ni champignon, sans cerveau, et pourtant il est capable d'apprendre, de chercher sa nourriture, et même de communiquer (au final un peu les mêmes compétences qu'un astronaute). On va en élever quelques-uns dans la station... en essayant de ne pas trop penser aux scénarios de films catastrophe que ça évoque."