Reprise de l'école : réouverture des lycées, 4e et 3e, oral de français annulé

Les lycées situés dans les départements verts pourront ouvrir ce mardi 2 juin, les écoles et collèges pourront accueillir les élèves dans toutes les zones (y compris pour les 4e et 3e), et l'oral de français est annulé. Le point sur les dernières annonces d'Edouard Philippe.

[Mis à jour le 29 mai à 16h57]. Ce jeudi, Edouard Philippe a précisé les modalités de la seconde phase de déconfinement qui aura lieu du 2 au 21 juin. Parmi les annonces concernant les élèves et les parents : la réouverture des lycées dans les départements verts dès le 2 juin, ainsi que l'ouverture de toutes les écoles et collèges."Nous avons décidé l'accélération des écoles et collèges dans toutes les zones et des lycées dans les départements verts" a déclaré Edouard Philippe ce 28 mai. Pour autant, même si les écoliers retournent à l'école de manière plus massive, le protocole sanitaire ne sera pas allégé en juin, a averti Jean-Michel Blanquer ce vendredi. Hier, le ministre de l'Education nationale a également annoncé l'annulation du bac oral de français pour les élèves de Première. Le point sur les dernières annonces et le calendrier de reprise des cours.

Une nouvelle carte de déconfinement en France dès le 2 juin

"Le virus est encore présent à des degrés divers sur tout le territoire, mais sa vitesse de propagation est à ce stade sous contrôle" a déclaré Edouard Philippe. "Nous allons surveiller avec une vigilance particulière les départements d'île-de-France, la Guyane et Mayotte, où le virus circule plus qu'ailleurs. Dans ces départements "oranges", le déconfinement sera, pour trois semaines, un peu plus prudent que sur le reste du territoire" a-t-il ajouté. Les lycées situés dans les départements verts pourront donc ouvrir leurs portes ce mardi 2 juin. 

Nouvelle carte de déconfinement en France © Ministère de la Santé

Toutes les écoles ouvriront à partir du 2 juin

La réouverture des écoles est une urgence sociale, a rappelé Jean-Michel Blanquer. "Après cette amorce du mois de mai, nous devons parvenir à une amplification dès le mois de juin, et nous allons le faire dans le respect du protocole sanitaire". Depuis mai, plus de 80% des écoles primaires ont été ouvertes, plus de 90% des communes ont ouvert les établissements scolaires, et "nous travaillons avec un objectif de 100% de réouverture des écoles dès la semaine prochaine" a déclaré le ministre de l'Education.

  • Depuis la réouverture des écoles, "on note une différence entre les élèves accueillis en zone rouge et verte. Nous devons aller chercher les élèves qui en ont le plus besoin" a-t-il réaffirmé.
  • A partir du 2 juin, toutes les écoles seront ouvertes. Aussi, toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir emmener leurs enfants à l'école au moins une partie de la semaine. "Toutes les écoles rouvriront progressivement et assureront un accueil systématique des élèves, au moins une partie de la semaine, dans le respect du protocole sanitaire".
  • Les élèves resteront à 15 par petits groupes lorsqu'ils seront accueillis à l'école. 
  • Jean-Michel Blanquer a annoncé la mise en place du dispositif Sport-santé culture et civisme dès le mois de juin. 

Réouverture des collèges dès le 2 juin, reprise des 4e et 3e

L'ensemble des collèges pourra ouvrir à partir du 2 juin, en zone verte ou en zone orange. Rappelons que les collèges étaient déjà ouverts en zone verte à 95% pour les élèves de 6e et 5e. Ce sera donc au tour des 4e et 3e de pouvoir faire leur retour en cours lors de cette deuxième phase de déconfinement.

  • En zone verte : Les collèges pourront accueillir toutes les classes : avec les élèves de la 6e à la 3e (les 4e et 3e seront donc désormais accueillis).
  • En zone orange : les collèges rouvriront progressivement pour les classes de 6e et 5e. "Si les conditions matérielles sont réunies, les élèves des autres niveaux (4e et 3e) pourront ensuite être accueillis. Nous regarderons cela au cas par cas".

Reprise pour les enfants en situation de handicap :

80% des établissements ont pu rouvrir pour accueillir les élèves en situation de handicap. Dès le 2 juin, le gouvernement souhaite aller plus loin avec une ouverture de 100%.

Réouverture des lycées, oral de français annulé

La priorité est portée à la réouverture des lycées professionnels qui enregistrent le plus de décrochage et qui ont des besoins particuliers en ce mois de juin. L'ensemble des lycées vont ouvrir dès le 2 juin, selon le même protocole que les collèges situés en zone verte. 

  • En zone verte : ouverture de tous les lycées généraux, technologiques et professionnels, au moins sur l'un des trois niveaux pour commencer. En outre, tous les élèves pourront être accueillis pour des entretiens pédagogiques individuels. L'occasion de faire le point sur leur orientation.
  • En zone orange : ouverture des lycées professionnels pour assurer la certification et pour au minimum un entretien pédagogique individuel.
  • L'épreuve orale de français est annulée et sera validée sous forme de contrôle continu comme pour le baccalauréat et le brevet 2020. "Nous entendons donc l'argument qui considère que l'évaluation la plus juste des connaissances des élèves en français est de prendre en compte les notes des deux premiers trimestres de l'année" a précisé le ministre.

De quelle manière les élèves sont-ils accueillis ?

Jean-Michel Blanquer souhaite que tous les élèves soient retournés à l'école avant les vacances d'été, avec "au moins des rotations pour permettre aux élèves d'être dans une sorte de mi-temps d'école" a-t-il précisé sur France Info ce vendredi. "Nous n'avons jamais dit que ce serait 100% des élèves qui seraient accueillis tous les jours. Nous savons bien que c'est impossible au mois de mai et au mois de juin" a-t-il ajouté.

Depuis le retour à l'école le 11 mai dernier, tous les enfants ne sont pas prioritaires. Ceux qui sont accueillis en priorité sont : les élèves en situation de handicap, les enfants des personnels soignants, ceux dont les parents n'ont pas de solution de garde, les enfants décrocheurs (environ 4%), mais aussi les parents isolés ou les familles monoparentales. En outre, les classes de CP et CE1 en réseau d'éducation prioritaire Rep et Rep+ étant déjà dédoublées (avec 12 élèves par classe) ont pu reprendre rapidement, tout comme les 60000 élèves des écoles rurales composées de moins de 15 élèves. Dans la majorité des cas, les enfants ne reviennent pas à l'école à temps plein. Selon les établissements scolaires, ils peuvent être accueillis une demie semaine ou une semaine sur deux... 

Les élèves font leur rentrée selon plusieurs situations 

Chaque enfant se retrouve soit à l'école en petits groupes (15 à l'école et 10 à la crèche), soit à l'étude, soit dans des locaux périscolaires, ou à la maison dans le cadre de l'enseignement à distance : à temps partiel ou à  plein temps selon les établissements scolaires. Aussi, les écoles n'ouvriront que si elles respectent le protocole national sanitaire. Concrètement, ce sont les écoles qui déterminent au cas par cas la manière dont les élèves sont accueillis. 

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Les tables doivent être espacées d'un mètre entre les élèves © Alain ROBERT SIPA

Comment va se passer la rentrée de septembre ?

La rentrée scolaire de septembre sera particulière suite à une longue période de confinement. Pour autant le retour à l'école sera obligatoire pour tous les élèves a affirmé le ministre de l'Education sur France Info ce 29 mai. Le protocole sanitaire sera maintenu pour le mois de juin, mais il pourrait être aménagé en septembre. Jean-Michel Blanquer a déclaré qu'il était en train de "travailler, en fonction de l'évolution de la situation épidémique, à un allègement du protocole sanitaire" pour le 1er septembre. 

Et comment cela se passera-t-il en cas de seconde vague ? "La rentrée de septembre sera forcément différente de celles que nous avons connues par le passé. On a deux scénarios. Soit le virus n'est plus là et l'on tirera les conséquences de ce qui s'est passé, avec parfois des acquis, sur le progrès des usages numériques, les parcours plus personnalisés et la nécessité de renforcer les élèves qui ont pris du retard. Soit le virus est encore là et nous devrons continuer à travailler de manière particulière" avait déclaré Jean-Michel Blanquer au journal Le Figaro le 1er mai.

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Le Comité scientifique préconisait une rentrée en septembre

Rappelons que les spécialistes du Comité scientifique n'étaient pas vraiment pour une rentrée des classes en mai, mais plutôt à la rentrée de septembre. Jean-François Delfraissy, Président du Conseil scientifique sur le Covid-19, a expliqué sur BFMTV ce 27 avril que "si l'on met des enfants dans une zone confinée comme les écoles, il y a un risque de transmission au sens de la population qui est plus important". Pour les enfants, rien d'inquiétant selon le scientifique puisqu'ils sont pour la plupart asymptomatiques, rappelle-t-il. Mais en dehors de l'école, dans les familles notamment, "ils peuvent être source d'infection. C'est la raison pour laquelle, d'un point de vue strictement sanitaire, nous avions fait la recommandation de poursuivre la fermeture des écoles". Néanmoins, compte tenu des enjeux sociétaux, les spécialistes se disent tout de même favorables à ce que cette rentrée progressive se passe "sur la base du volontariat et de non obligation de la part des familles", avec la possibilité de poursuivre les cours à distance. 

A l'inverse, les pédiatres ont appuyé la reprise des cours. Dans une tribune publiée dans le Quotidien du médecin, des pédiatres plaident pour "une réouverture pragmatique" des écoles. Ils rappellent que les enfants ne sont pas le vecteur principal de l'épidémie et que les symptômes sévères restent exceptionnels. "Nous savons aujourd'hui que la quasi-totalité des enfants qui ont été infectés par le Covid-19 l'ont été au contact d'adultes." Pour les experts, il est essentiel que les enfants puissent retrouver leurs camarades de jeux. "Ouvrir les écoles est possible si les adultes accompagnent cette rentrée de manière positive. L'exemplarité doit être sans faute, à commencer par les mesures d'hygiène et les gestes barrières", précisent-ils. Les pédiatres préviennent également que "les mesures de distanciation excessive (comme la suppression des espaces de jeux, l'interdiction aux enfants de jouer entre eux, ou le refus de consoler un enfant) sont inutiles voire préjudiciables". Mais en pratique, ces mesures de distanciation "manifestement inapplicables" seraient susceptibles d'entraîner "une anxiété particulièrement néfaste au développement des enfants et générateurs de troubles du comportement potentiellement majeurs. Ces mesures excessives font également perdre sens et engagement au métier exercé auprès des enfants par les assistantes maternelles, les professionnels des crèches et des écoles". Comme le rappelle Jean-Michel Blanquer, le retour à l'école est aussi indispensable pour venir en aide aux enfants victimes de maltraitance, lutter contre le décrochage scolaire, assurer une protection vaccinale aux élèves et ceux qui sont suivis pour une maladie chronique.

Les maires sont-ils responsables juridiquement en cas de Covid à l'école ?

316 maires d'Ile de France ont demandé au gouvernement un report de la date de rentrée scolaire, estimant qu'il était difficile d'appliquer le protocole sanitaire d'ici le 11 mai. "Nous apprenons, dix jours avant la date de réouverture des écoles, qu'il appartiendrait aux maires de décider de la réouverture des écoles, et aux parents de décider du retour vers le chemin des classes de leurs enfants" précisent-ils dans La Tribune. Outre les questions organisationnelles, ou encore la disponibilité des enseignants, les maires s'opposent surtout à toute responsabilité juridique dans le cas où un élève serait victime du Covid-19. Il réclamaient notamment que cette responsabilité fasse "l'objet d'un traitement législatif spécifique pour qu'ils bénéficient d'une protection adaptée à ces circonstances exceptionnelles". Pour Edouard Philippe, la loi Fauchon, qui n'a pas été modifiée depuis 20 ans, ne doit pas empêcher les responsables à prendre des décisions en cette période de crise sanitaire. "Préciser la loi, rappeler la jurisprudence, qui oblige le juge à tenir compte des moyens disponibles et de l'état des connaissances au moment où l'on a agi, ou pas agi, oui. Atténuer la responsabilité, je suis nettement plus réservé" a-t-il déclaré devant le Sénat ce lundi 4 mai.