Des cours de récré "non genrées" contre les stéréotypes à l'école

Après Trappes, dans les Yvelines, la ville de Rennes compte doter certaines écoles de maternelle et de primaire d'espaces de jeux diversifiés permettant aux filles et aux garçons de jouer ensemble.

Des cours de récré "non genrées" contre les stéréotypes à l'école
© Dolgachov - 123RF

La cour de récréation semble être un lieu propice de la séparation des sexes à l'école et non un espace de cohabitation comme elle devrait l'être. Pour lutter contre les stéréotypes de genres, la ville de Rennes s'est inspirée du modèle de Trappes, dans les Yvelines. La capitale bretonne souhaite mettre en place, d'ici 2023, "des espaces de jeux diversifiés, appropriables par tous (non 'genrés') et participant au bon climat scolaire", d'après une délibération du conseil municipal. En effet, une enquête de l'Unicef France, publiée en novembre 2018 et menée auprès de plus de 25 000 enfants de 6 à 18 ans, montre que les garçons prennent leurs quartiers au centre de la cour de récré, tandis que les filles ont tendance à rester en petits groupes sur les côtés. Selon l'étude, "les jeux de garçons" (jeux de ballon, de guerre, courses...) occuperaient quasiment toute la place dans la cour de récré, laissant "les jeux de filles" (élastiques, cordes à sauter...) à la périphérie.

Des activités pour tous. Pour éviter de laisser les filles sur le côté et permettre aux enfants de jouer (vraiment) ensemble, la ville de Rennes souhaite aussi se pencher sur la nature des activités. "Nous en sommes aux prémices, l'idée est aussi de choisir les activités les moins genrées", déclare à l'AFP Geneviève Letourneux, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes. L'idée serait alors de "privilégier des cours où les enfants peuvent se raconter des histoires" en proposant des jeux "dont le design participe à la création d'histoires". Car les petits et les grands aiment aussi s'amuser "au loup, lire, faire du vélo ou observer des insectes dans l'herbe", précise la DEE. Enfin, le personnel périscolaire pourrait être formé aux inégalités filles-garçons afin de favoriser les relations sociales entre les sexes, dès l'école.

L'amitié entre filles et garçons à l'école primaire ne semble pas être une évidence : les enfants de sexe différent n'interagissent et ne jouent que très peu ensemble : ils sont 40% à n'avoir aucun ami du sexe opposé, d'où l'absence de brassage filles/garçons dans la cour de récré. Selon certains garçons, les filles seraient en effet "moins bonnes" dans les activités physiques ou les jeux d'adresse et n'auraient "pas de muscles.

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