Jouets, télécommandes : attention au risque d'ingestion de piles bouton

Un petit garçon de 2 ans est décédé un mois après avoir avalé une pile bouton au lithium se trouvant dans un hand spinner. L'occasion de rappeler les bons gestes pour éviter les risques.

Jouets, télécommandes : attention au risque d'ingestion de piles bouton
© Daniel Jędzura - 123RF

[Mis à jour le 28/09/18] Chaque année en France, plus de 1 200 visites aux urgences sont dues à l'ingestion de piles bouton. On les trouve dans les montres, les télécommandes, mais aussi dans les jouets. Le dimanche 23 septembre 2018, un petit garçon de 2 ans est décédé un mois après avoir avalé une pile bouton au lithium se trouvant dans un hand spinner. Problème : "ce ne seraient pas les produits chimiques ou métaux lourds contenus dans la pile qui entraîneraient le danger. Par contre, le voltage des piles boutons étant double de celui des autres piles, il générerait un courant plus important et une production accrue d'hydroxyde, capable de causer une brûlure chimique en quelques heures", explique le Centre antipoisons belge, en charge de l'affaire. L'occasion d'appeler les parents à la vigilance en évitant les appareils électroniques à risque et à adopter les bons réflexes si cet incident se produit. D'autant plus que ce type accident domestique n'est pas un cas isolé et concerne surtout les jeunes enfants de moins de 5 ans.

En effet, en France, plus de 1 200 visites aux urgences sont liées à l'ingestion de piles boutons chaque année, indique un communiqué du 27 septembre de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), la Direction générale de la santé (DGS) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Ces piles de petites tailles, rondes et plates, se trouvent dans de nombreux objets comme les jouets, les montres ou les télécommandes. Et "même en l'absence d'obstruction des voies respiratoires ou d'autres signes, l'ingestion d'une pile bouton peut entraîner très rapidement la formation de lésions potentiellement mortelles", alertent les autorités. 

Comment prévenir ces accidents ? La DGCCRF, la DGS et l'Anses rappellent aux parents certains réflexes pour éviter les risques en cas d'ingestion :

  • Vérifiez la sécurité des jouets, mais également celle des objets du quotidien, non destinés aux enfants et non soumis à des obligations réglementaires strictes, comme les montres, les clefs de voiture, les télécommandes, les calculatrices ou les appareils auditifs. Les jouets "sont soumis à des exigences strictes et notamment de non-accessibilité des piles, imposées par la législation européenne" rappelle les autorités, c'est-à-dire que le compartiment des piles ne doit pas pouvoir être ouvert par un enfant, ni s'ouvrir ou se casser si l'objet tombe. 
  • Privilégiez les appareils électroniques dont le compartiment à piles est bien sécurisé : fermés par une vis ou ceux qui nécessitent d'accomplir deux manœuvres indépendantes pour les ouvrir.
  • Conservez les piles boutons hors de portée d'un enfant, les neuves comme les usagées.
  • En cas d'ingestion d'une pile bouton, même supposée, contactez sans attendre un centre antipoison ou appelez le 15 en expliquant clairement à votre interlocuteur qu'il s'agit d'une ingestion d'une pile bouton. Il vous indiquera la marche à suivre. 
Un meilleur contrôle des jouets. L'Anses, la DGS et la DGCCRF souhaitent renforcer les contrôles et les analyses en laboratoire de la sécurité des jouets mis sur le marché : sur la période 2015-2018, sur 133 jouets électrique contrôlés, "les piles étaient accessibles pour 5 d'entre eux, dont 3 hand-spinners lumineux qui ont été retirés du marché", précisent-ils. Ils travaillent actuellement avec les professionnels concernés par la mise sur le marché de piles ou de produits contenant des piles bouton, dans le but d'améliorer la sécurité des produits et de prévenir les accidents. 

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