Des transports gratuits pour les enfants à Paris

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé que le Pass Navigo serait gratuit dès le 1er septembre 2019, pour les enfants âgés de 4 à 11 ans. Quels sont les changements pour la rentrée 2019 ? On fait le point sur les nouvelles mesures annoncées.

Des transports gratuits pour les enfants à Paris
© Michel Euler AP SIPA

Comme chaque année, la rentrée des classes est synonyme de changements pour les écoliers, collégiens et lycéens. L'an dernier, le plan mercredi, les nouveaux programmes, les tests d'évaluations, ou encore les classes allégées ont marqué la rentrée 2018. Quelles seront les nouvelles mesures qui entreront en vigueur au 1er septembre prochain ? Nouveau bac, transports gratuits à Paris, école obligatoire dès 3 ans... On fait le point.

Les transports en commun gratuits à Paris

Dans une interview accordée au journal Libération, la maire de Paris a annoncé, dans le cadre du rapport sur la mobilité du Grand Paris, que les transports en commun seraient gratuits pour les enfants en Ile-de-France. Qui est concerné ? A partir du 1er septembre 2019, le Pass Navigo sera offert aux Parisiens handicapés âgés de moins de 20 ans, les collégiens et les lycéens parisiens pourront se faire rembourser leur abonnement de 50% et les petits parisiens âgés de 4 à 11 ans pourront voyager gratuitement dans la capitale. Pour Anne Hidalgo, ces nouvelles mesures sont "en phase avec les deux grands enjeux de notre temps: la transition écologique et la réduction des inégalités", a-t-elle déclaré au quotidien.

L'école obligatoire dès l'âge de 3 ans

A la rentrée 2019, l'âge de l'instruction obligatoire sera abaissé à trois ans (au lieu de 6 ans actuellement) afin d'offrir à tous les élèves les mêmes chances de réussir leur scolarité. Ainsi, l'entrée à l'école maternelle sera la première rentrée des classes de tous les enfants.

Des cours à 9h au lieu de 8h au lycée ?

Suite à la demande de Valérie Pécresse, les cours pourraient démarrer une heure plus tard au lycée. Le gouvernement s'est montré favorable à une expérimentation en Ile-de-France pour la rentrée 2019. Selon une étude américaine, cette heure supplémentaire, bénéfique pour le sommeil des ados, permettrait aux élèves moins fatigués d'être plus attentifs en classe. Ces derniers obtiendraient de meilleurs résultats scolaires, et les retards ainsi que l'absentéisme seraient diminués. 

Un nouveau baccalauréat

La réforme du bac entraîne de nombreux changements pour les lycéens. Concrètement, le baccalauréat va évoluer de manière à mieux préparer les élèves à leur orientation et favoriser leur réussite dans l'enseignement supérieur. Il contiendra uniquement quatre matières obligatoires (trois épreuves écrites et un oral), avec l'introduction d'un contrôle continu tout au long de l'année qui comptera pour 40% de la note finale. Même si ce nouveau bac ne sera appliqué qu'en 2021, les élèves de seconde sont les premiers concernés, puisque ce sont eux qui passeront cette nouvelle version du bac. En septembre 2018, ces derniers ont passé un test de positionnement pour évaluer leur niveau en français et mathématiques. Enfin, les collégiens qui font leur rentrée des classes en seconde bénéficient d'un accompagnement personnalisé et de 54 heures consacrées à leur orientation, pour mieux les aider à choisir la filière professionnelle qui leur convient. 

Le baccalauréat 2021 © Ministère de l'Education

Evaluations dès le CP

En septembre 2018, 1,6 million d'élèves de CP et CE1 ont passé des évaluations afin d'être mieux suivis dans leur parcours scolaire, "Aujourd'hui, 15% des élèves quittent le primaire sans bien maîtriser la lecture et l'écriture et 27%  sans maîtriser les bases des mathématiques", avait rappelé le ministère de l'Education dans un communiqué. Selon les résultats provisoires, les élèves semblent en effet en difficulté en calcul mental et en français. Néanmoins, les syndicats d'enseignants pointent du doigt ces tests d'évaluations qu'ils considèrent complexes et inadaptés à l'âge des élèves, qui engendrent du stress. Rappelons que ces évaluations permettent aux enseignants de mieux repérer les difficultés des élèves, pour les aider à les surmonter, ou les accompagner en fonction de leurs besoins. "Disposer de ce point de repère dès les premiers jours de l'année scolaire permet d'agir au plus tôt, avant que les difficultés ne s'installent. Le volet "Évaluations" est complété d'un second volet "Interventions" qui proposera des ressources pédagogiques spécifiques aux professeurs pour répondre aux besoins de chacun des élèves, et qui s'étoffera chaque trimestre à l'aide des retours des professeurs", précise le ministère. Au collège, les élèves en difficultés pourront bénéficier des "devoirs faits" et de deux heures d'accompagnement personnalisé. Cette année, l'éducation nationale souhaite étendre cette mesure en proposant 4 heures par semaine dans chaque collège et inciter davantage d'élèves à en bénéficier. 

Sur quoi portent les évaluations ? 

- Au CP,   il s'agit de vérifier les connaissances des élèves "afin de commencer l'apprentissage de la lecture et des mathématiques dans de bonnes conditions", précise le ministère de l'Education. En français, les évaluations du CP portent donc sur la capacité des enfants à assimiler les sons, à comprendre les mots, les phrases et un court texte lu par le professeur. En mathématiques, on se penche sur la connaissance des nombres (jusqu'à 10) et leur capacité à les utiliser.

- Au CE1, les évaluations portent sur la lecture, l'écriture et la numération. En français, les écoliers doivent savoir décoder les mots, lire à voix haute de manière fluide, bien orthographier les mots, et comprendre un texte simple. En mathématiques, les premières notions de géométrie et les nombres entiers, supérieurs à dix, doivent être maîtrisés.

- En 6e. "La nature et la difficulté des questions soumises à l'élève varient en fonction de la justesse de ses réponses" précise le ministère. Comme l'an passé, ces évaluations d'une durée d'une heure sont pratiquées sur des outils numériques et sont automatiquement corrigées en ligne.

Que prévoit le Plan Mercredi ? 

Depuis la rentrée 2018, les communes proposent un accueil de loisirs pour les enfants scolarisés de la maternelle au CM2, chaque mercredi en dehors des dates des vacances scolaires. L'objectif : renforcer la qualité des offres périscolaires, favoriser l'accès à la culture et au sport, et permettre à tous les élèves, en particulier les enfants en situation de handicap, d'y participer. Le ministère de l'Education promet ainsi des activités plus nombreuses et variées, notamment grâce à un soutien financier renforcé pour organiser ces activités éducatives. "Associations et établissements culturels (bibliothèques, musées, conservatoires, etc.), associations sportives, fédérations d'éducation populaire, sites naturels (parcs, jardins, fermes pédagogiques) vont joindre leurs énergies pour proposer aux enfants une offre périscolaire riche et diversifiée. Sport, culture, nature, activités manuelles et numériques contribueront à leur épanouissement", a déclaré Jean-Michel Blanquer à l'occasion de la présentation du Plan Mercredi, le 20 juin dernier. En outre, le taux d'encadrement devrait être adapté aux différentes activités. En effet, les intervenants extérieurs comme les entraîneurs de clubs sportifs, les professeur du conservatoire, etc.) pourraient désormais être pris en compte.

Des classes allégées : au tour des élèves de CE1

A la fin de l'école primaire, "20% des élèves ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux", a ajouté le ministre de l'Education. Diviser par deux les classes de CP et CE1 en réseau d'éducation prioritaire (REP+), tel était l'objectif du gouvernement pour lutter contre les inégalités et le décrochage scolaire. En 2017, ce sont tout d'abord les classes de CP des quartiers défavorisés qui ont été dédoublées (avec 12 élèves au maximum). En 2018, les classes de CE1 en REP+ et REP sont à leur tour divisées par deux.

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