Trop d'enfants se retiennent d'aller aux toilettes à l'école

L'hygiène et la propreté des toilettes des établissements scolaires laissant à désirer, plus de 8 enfants sur 10 évitent d'y aller à l'école primaire. La journée mondiale des toilettes qui a lieu ce 19 novembre est l'occasion de rappeler les risques sur leur santé.

Trop d'enfants se retiennent d'aller aux toilettes à l'école
© Cathy Yeulet-123rf

Manque d'intimité, d'hygiène et de propreté, pas assez de papier toilette... Les petits écoliers ont tendance à fuir les toilettes de leur école. Selon une étude menée fin octobre 2019 par Harris Interactive pour Harpic, auprès de 400 parents et 602 enfants âgés de 6 à 11 ans, plus de 8 enfants sur 10 se retiennent d'aller aux toilettes de l'établissement scolaire, préférant utiliser les WC avant ou après l'école. En cause ?  Pour 60% des écoliers, les toilettes sont sales, mal chauffées, et 70% estiment qu'elles sentent mauvais. Le manque d'intimité est également mis en cause : près d'un enfant sur trois déclare que les portes ferment mal, et que les WC ne fonctionnent pas bien (problème de chasse d'eau, de robinets, de lumière). En outre, à l'école primaire, beaucoup d'enfants se font embêter aux toilettes. Cet endroit qui n'est pas surveillé par les adultes devient tantôt un lieu de harcèlement, tantôt un lieu de refuge pour se cacher des autres camarades de classe. Par conséquent, un enfant sur quatre se plaint d'être embêté aux toilettes et 81% se retiennent de s'y rendre. Pour réussir à limiter leurs envies, certains ont même développé des "stratégies", par exemple en évitant de boire la journée. La journée mondiale des toilettes qui a lieu ce mardi 19 novembre 2019 est l'occasion de rappeler les bons gestes à adopter pour éviter les complications. D'autant qu'un élève a besoin d'uriner plusieurs fois par jour et qu'il reste près de huit heures à l'école. 

Se retenir d'aller aux toilettes : quelles conséquences sur la santé des enfants ?

Le fait de se retenir toute la journée peut entraîner des complications et le périnée peut devenir hypertonique. En effet, cela peut provoquer des troubles urinaires ou des infections, ainsi que des maux de ventre liés à une constipation chronique. Selon l'étude, 70% des élèves se plaignent de douleurs au ventre quand ils évitent d'aller aux toilettes. Ces mauvaises habitudes peuvent par ailleurs durer à l'âge adulte. Selon l'ONS, les filles seraient 9 fois plus touchées que les garçons par ces infections urinaires. Pour elles, s'ajoute le fait de ne pas s'asseoir sur la lunette des toilettes lorsqu'elles urinent. Quant aux collèges et aux lycées, le problème reste le même. En outre, le fait de se retenir d'aller aux toilettes entraîne également des perturbations psychologiques comme le stress, l'anxiété ou le manque de concentration en classe.

Les parents doivent en discuter avec leur enfant

Souvent tabou, ce sujet doit au contraire être abordé avec les plus petits. Si les établissements scolaires ont la responsabilité de proposer des toilettes propres pour leurs élèves, les parents peuvent quant à eux être attentifs à certains symptômes tels que le retour du pipi au lit, des urines qui sentent fort, un mal de ventre ou encore des irritations génitales. En cas de besoin, un kinésithérapeute peut mettre en place une rééducation du périnée pour aider l'enfant a relâcher ses muscles. Enfin, apprendre les gestes d'hygiène à son enfant est essentiel : lui rappeler une nouvelle fois qu'il ne faut pas s'asseoir, (ou en cas de besoin utiliser du papier à placer sur la cuvette), ne surtout pas attendre et se retenir d'aller aux toilettes, et bien sûr, se laver les mains avec du savon.