Il est nul en maths, comment l'aider à progresser ?

Comme de nombreux enfants, le vôtre est fâché avec les maths, une matière pourtant incontournable ? Pas de panique, il existe des astuces pour l'aider à combler ses lacunes et à adopter les bonnes méthodes de travail. Conseils de Philippe Marchal, professeur de maths.

Il est nul en maths, comment l'aider à progresser ?
© Wavebreak Media Ltd - 123rf

[Mis à jour 8/10/18] Vous avez toujours pensé que votre enfant était un génie... Mais en maths, force est de constater qu'il est loin de ressembler à Einstein ou Pythagore ! Alors, comment lui (re)donner le goût des maths et comment améliorer son niveau ? Conseils et astuces d'experts. 

5 conseils pour aider son enfant à progresser en maths

  • S'assurer que les bases sont acquises. Dès la primaire, il faut s'assurer que les bases sont assimilées. Si l'élève accumule des lacunes, il ne pourra pas progresser. "Les mathématiques est une matière dans laquelle on empile les connaissances qui sont très liées entre elles, il faut donc assimiler les leçons (les savoirs), mais également savoir les appliquer (les savoir-faire). Les parents peuvent s'assurer que chaque chapitre est bien acquis, et que ce qui est censé être su l'est vraiment. Cela passe par faire réciter les leçons (formules, théorèmes...), corriger avec l'enfant les exercices et contrôler ses devoirs", conseille Philippe Marchal, professeur de mathématiques au collège. Et d'ajouter "si les bases ne sont pas bien acquises, elles vont engendrer des représentations mentales erronées qui risquent de perturber l'enfant dans ses apprentissages futures". Par exemple, l'enfant ne pourra pas faire d'additions ou de soustractions si la numération (le positionnement des chiffres dans un nombre) n'est pas acquise. Pour résumer : chaque acquis doit être appris dans un certain ordre pour passer au chapitre d'après.  
  • Rendre les maths accessibles. "La clef de la réussite ? Rattacher les mathématiques le plus possible à du concret, à des applications réelles et à des situations familières, surtout lorsque l'enfant est jeune. Pour qu'il soit intéressé, il faut que ça ait du sens pour lui", préconise le professeur. Une fois les bases et les outils maîtrisés, il pourra commencer à réfléchir avec des énoncés plus abstraits, au collège. Par ailleurs, souvent, la demande n'est pas très compliquée, mais elle peut être confuse par le libellé de l'énoncé. "Pour être bon en maths, il faut être bon en français, afin de pouvoir saisir au mieux ce qui est demandé dans l'énoncé. Et bien souvent le bât blesse à ce niveau-là. Parents, prenez le temps de reformuler l'énoncé, de vulgariser la demande, de faire des schémas, de lui expliquer les termes qu'il ne connaît pas, ou de trouver des synonymes...", conseille-t-il.
  • Faire des maths dans la vie quotidienne. Par exemple, en préparant des gâteaux, l'enfant commence à se familiariser avec les multiplications. Si trois cuillères de farine, deux de lait et un demi-œuf sont nécessaires pour préparer une crêpe, combien en faudra-t-il pour en réaliser 8 ? Et combien fait 25 cl de lait si mon verre-doseur est gradué en millilitres ? Sans s'en rendre compte, votre enfant fera des additions et des multiplications et comprendra plus facilement l'utilité des mathématiques dans la vie de tous les jours...  Apprendre de manière ludique est ainsi la meilleure manière de donner le goût des mathématiques à son enfant, selon Héloïse Pierre, co-fondatrice de Déclic et des Trucs, une entreprise qui crée des kits pour faire aimer les mathématiques aux petits. Alors, pourquoi ne pas le laisser payer le pain à la boulangerie pour lui apprendre à compter la monnaie, lui demander de vérifier le nombre de couverts ou d'assiettes lorsque vous mettez la table ensemble ? "D'autant plus qu'il paraît qu'on retient 90 % de ce que l'on fait contre 20 % de ce que l'on entend", précise-t-elle.
  • Ne pas avoir peur du par cœur. Quel est le point commun entre les tables de multiplication, le théorème de Pythagore et la définition d'un triangle équilatéral ? "Il faut les connaître par cœur", assure le prof de maths. "En maths, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et être patient. Comme pour beaucoup de choses, il faut déjà apprendre par cœur, avant de pouvoir les appliquer", ajoute-il.  
  • S'entraîner... encore et encore. "Les enfants ont souvent tendance à s'impatienter et aller trop vite. En mathématiques, il faut prendre son temps. Avoir un raisonnement mathématique est un chemin long à parcourir : parents comme enfants doivent accepter cette lenteur inhérente aux maths", explique le spécialiste. C'est un peu comme pour un sport : pour progresser et mettre en place des savoir-faire, rien de mieux qu'une pratique régulière et de l'entraînement. "Le parent peut ainsi proposer à son enfant de faire des exercices supplémentaires, afin que les notions soient bien fixées dans son esprit et que que les bonnes réactions face aux problèmes proposés soient pérennes", rassure le prof. Dernière chose : il est important que l'élève se trompe, qu'il soit mis en face de son erreur afin qu'il comprenne pourquoi il s'est trompé. Dans ce cas, le plus important est de le rassurer, ne pas dramatiser la situation et l'aider à reprendre confiance en lui en lui reproposant d'autres exercices, jusqu'à ce qu'il comprenne. 

Les cours particuliers, une bonne idée ? 

Certains enfants peuvent être atteints de dyscalculie. Ce trouble de l'apprentissage du calcul et de perception des nombres, doit être détecté le plus tôt possible (idéalement vers 6-7 ans) par un bilan. Puisqu'elle demande une prise en charge précoce, il est conseillé de rapidement consulter un orthophoniste pour palier à ses difficultés. 

"Oui, mais à condition de choisir un prof particulier dont c'est le métier. Je ne conseille pas aux parents de faire appel à des étudiants. Pourquoi ? Parce qu'il est important que cet intervenant soit professionnel, qu'il ait un langage approprié, qu'il connaisse les progressions (on ne fait pas faire des maths dans n'importe quel ordre), les acquis, les pré-requis tout en étant bon pédagogue", soutient Philippe Marchal. Un bon professeur particulier est donc celui qui saura voir les lacunes de l'élève, qui lui apprendra de nouvelles méthodes de travail et qui saura répondre à ses questions. Le faire réciter ses leçons ou pire, faire ses devoirs à sa place ne servirait à rien. Avoir recours à un prof particulier peut permettre à l'enfant de progresser et de prendre confiance en lui, à condition toutefois que les parents ne délèguent pas totalement l'apprentissage ou l'aide aux devoirs à quelqu'un d'autre. "Il doivent, au contraire, accompagner leur enfant dans cet apprentissage, d'autant qu'ils sont tout à fait capable de le faire, particulièrement en primaire", ajoute quant à elle Héloïse Pierre.

Le mieux est donc de contacter le prof de l'enfant avant d'avoir recours à des cours particuliers, de lui demander quelles sont les lacunes de l'élève et de voir avec lui sur quoi il pourrait travailler avec son prof particulier. Le professeur de l'enfant pourra diagnostiquer les lacunes et quelles compétences - parmi les 6 qui doivent être assimilées par l'élève (chercher, modéliser, représenter, raisonner, calculer, communiquer) - pêchent. "En somme, dès que vous ressentez des difficultés chez votre enfant, n'hésitez pas à prendre contact avec son enseignant ou son prof de maths. Il est le mieux placé pour vous aider à prendre les bonnes décisions", conclut Philippe Marchal. 

© Bayard Box

Un kit, une appli et un site pour progresser en maths. 

Aborder les maths autrement avec les box "Oui, t'as tout compris !" de Bayard Box. L'idée ? Préparer des cookies pour comprendre la logique de la multiplication, réaliser une mini-ville pour se familiariser avec les additions ou encore, créer des origamis pour saisir le principe de la symétrie, fabriquer un théâtre d'ombre pour aborder la géométrie... Chacune des activités aboutit à un résultat concret. Votre enfant fait des mathématiques sans s'en apercevoir. Quoi de mieux pour développer la confiance en soi ? Dès 6 ans. 

Kiupe © 

Apprendre les multiplications avec l'appli Math Mathews Calcul Mental. Fini l'angoisse des tables de multiplication ! Dans ce jeu d'aventures qui mêle activités ludiques et opérations de mathématiques, multiplier les chiffres entre eux, les additionner ou les soustraire permettent de remporter des défis, de déjouer les pièges (des petits exercices à résoudre) et d'amener son personnage vers la victoire. Résultat : l'enfant joue sans se rendre compte qu'il révise ses leçons de maths ! Une version "Fractions" est disponible pour les enfants de plus de 9 ans. Evidemment, cela ne remplace pas les devoirs et exercices donnés à l'école, mais de temps en temps, cela ne peut pas faire de mal de s'entraîner ! Du CP à la 5e. Sur iPhone et Android.

Le site Maths en Poche propose gratuitement des cours, des exercices, des aides animées, des QCM, des jeux de logique... pour tous les niveaux du collège et du lycée. "C'est un site qui vient en renfort du traditionnel livre de maths qui peut être parfois rébarbatif et des leçons écrites par l'élèves qui peuvent être incomplètes. Il comporte des exercices progressifs sur chaque chapitre où l'enfant peut travailler en autonomie et s'auto-corriger", conseille Philippe Marchal. De la 6e à la terminale. 

Niveau en maths : comment s'en sortent les petits Français ?

Les élèves français sont loin d'exceller en mathématiques. Voici le constat établi par plusieurs études internationales ces dernières années : et en effet, au classement TIMSS qui évalue les performances des enfants de CM1 en maths, la France est arrivée dernière. Alors, comment remonter le niveau des élèves en maths ? Le mathématicien et député La République en marche Cédric Villani, ainsi que Charles Torossian, inspecteur général de l'Education nationale avaient remis en février 2018 un rapport national à Jean-Michel Blanquer. Visant à réconcilier les élèves avec cette matière et à améliorer cet enseignement à l'école, le rapport se basant sur la "méthode de Singapour" (méthode qui s'appuie sur la manipulation d'objets pour apprendre à compter) et le SLECC ("savoir lire écrire compter calculer") comportait 21 mesures. Parmi elles, une meilleure formation en mathématiques des instituteurs de maternelle et de primaire, jugée encore "insuffisante". En effet, "les professeurs des écoles, qui proviennent à 80% des filières littéraires, suivent seulement 80 heures de cours de maths, contre 400 heures à Singapour, pays qui caracole en tête des classements internationaux", précisait le rapport qui souhaitait mettre en place une formation spécifique débutant juste après le bac et adaptée aux futurs enseignants. "Nous aimerions multiplier par cinq le volume horaire consacré aux maths dans les formations initiales" et "renforcer la formation en maths des profs de CP-CE1 dédoublés des écoles défavorisées (dites REP+)", estimait Charles Torossian en février 2018. De plus, les auteurs du rapport suggéraient de nommer un référent mathématique dans chaque circonscription et de créer des laboratoires de maths dans 200 collèges et lycées pilotes : des lieux pour partager ses connaissances, expérimenter de nouvelles méthodes et écouter des universitaires. 

Suite à ces recommandations, le programme de mathématiques a été modifié en primaire. Par exemple, dès le CP, les élèves commencent désormais à travailler sur les quatre opérations (addition, soustraction, multiplication et division). Pour se familiariser avec ces techniques de calcul, ils sont invités à manipuler des objets, décortiquer le calcul à l'oral, puis poser l'opération.

    Lire aussi :

    Il est nul en maths, comment l'aider à progresser ?
    Il est nul en maths, comment l'aider à progresser ?

    [Mis à jour 8/10/18]  Vous avez toujours pensé que votre enfant était un génie... Mais en maths, force est de constater qu'il est loin de ressembler à Einstein ou Pythagore ! Alors, comment lui (re)donner le goût des maths et comment améliorer son...