Alimentation de bébé : les nouveaux repères de l'ANSES

Dans le cadre du Programme national nutrition santé, l'Anses vient de publier des repères alimentaires adaptés aux enfants de 0 à 3 ans.

Alimentation de bébé : les nouveaux repères de l'ANSES
© Oksana Kuzmina-123rf

En 2017, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) publiait des repères alimentaires pour la population générale adulte. L'organisme va aujourd'hui plus loin en consacrant un nouveau dossier à l'alimentation des femmes enceintes ou allaitantes et des enfants. Ces repères tiennent compte des recommandations alimentaires récentes issues d'agences sanitaires en France et en Europe, mais aussi d'études scientifiques portant sur les relations entre la consommation de groupes d'aliments et le risque de maladies.

Dans son rapport, l'Anses rappelle l'importance d'une alimentation saine et équilibrée pour les enfants entre 0 et 3 ans. "Une période de développement intense des fonctions immunitaires, neurologiques, gastro-intestinales, cognitives et des capacités orales". Il s'agit aussi d'une phase pendant laquelle l'alimentation de l'enfant va changer radicalement, passant d'une alimentation exclusivement lactée à l'apport de nouveaux aliments solides (fruits, légumes, protéines), qu'il convient d'intégrer en respectant certaines règles. L'Anses s'est donc particulièrement intéressée à la question de la diversification alimentaire, mais aussi au contrôle de l'apport en sucre à cette période clé du développement.

Alimentation lactée et allaitement

Jusqu'à l'âge de 4 mois révolus, lorsqu'il est possible de commencer la diversification, l'alimentation de l'enfant est exclusivement composée de lait, qu'il lui soit apporté via l'allaitement maternel ou des préparations infantiles. Sur cette question, l'Anses rappelle les bienfaits de l'allaitement sur la future alimentation de l'enfant, qui lui permettrait notamment de favoriser l'acceptation des saveurs en faisant varier les flaveurs à chaque tétée. Le rapport ajoute que l'allaitement permet également à l'enfant de "développer de meilleures capacités orales pour s'alimenter par la suite" et note que "plusieurs études ont montré un lien entre la durée de l'allaitement et une alimentation plus saine et diversifiée à l'âge deux ans". Des observations qui rejoignent les recommandations de l'OMS, et de nombreux pédiatres. 

Concernant les préparations infantiles pour nourrissons, l'Anses fait un certain nombre de recommandations et s'inquiète de la vogue actuelle de donner des laits végétaux aux bébés. 

  • Les préparations "hypoallergéniques" ne conviennent pas aux enfants allergiques aux protéines de lait de vache.
  •  Eviter les préparations à base de protéines de soja avant 6 mois.
  •  Ne pas substituer les préparations pour nourrissons et les préparations de suite par des boissons végétales dites " laits végétaux " chez les enfants de moins de 1 an.

Diversification alimentaire

Des bases scientifiques placent l'âge optimum de la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois révolus. Une transition qui doit s'effectuer en douceur en gardant à l'esprit qu'au début du processus, le lait maternel ou les préparations pour nourrissons, puis les préparations de suite et de croissance restent la base de l'alimentation de l'enfant. Pour minimiser le risque d'allergie lorsque la diversification a débuté, l'Anses recommande "d'introduire sans tarder dans l'alimentation les produits laitiers, l'œuf et l'arachide, qui sont des allergènes alimentaires majeurs, que l'enfant soit ou non à risque d'allergie du fait de ses antécédents familiaux". Concernant l'introduction des aliments solides, l'Agence propose de procéder en deux phases :

  • Entre 4 et 6 mois : introduction d'aliments solides, de texture simple comme la purée par exemple, dont on varie les goûts.
  • Progressivement ensuite, on passe aux aliments de la table familiale qui nécessitent d'adapter la taille des morceaux et d'éviter les aliments non recommandés pour les moins de 3 ans.
© Anses

Comment favoriser une alimentation saine et diversifiée ?

  •  Si bébé refuse un aliment au début de la diversification, il doit lui être proposé au moins à 8 reprises par la suite pour être finalement accepté par l'enfant.
  • Il est important d'offrir à l'enfant une grande variété de légumes et de fruits. Cela va l'aider par la suite à accepter les nouveaux aliments.
  • Pensez à introduire les aliments non lisses à partir de 8 mois et pas après 10 mois, en faisant varier les textures proposées et en adaptant la taille et la dureté des morceaux aux capacités de l'enfant.
  • Quel que soit l'âge de l'enfant, il faut savoir identifier et respecter les signes qui indiquent qu'il a faim mais aussi ceux qui indiquent qu'il a assez mangé. Pour l'aider dans cet apprentissage, il est donc nécessaire d'être à son écoute, tout simplement !
  • Il est préférable d'éviter d'exposer trop tôt l'enfant à des aliments riches en sucres, de type confiseries, boissons sucrées ou gâteaux, et de limiter leur consommation afin de favoriser des habitudes alimentaires saines à l'âge adulte.

Le contexte du repas

Il ne suffit pas de savoir quels aliments donner et comment les introduire dans l'alimentation de bébé. Le contexte du repas a également d'une importance fondamentale. Il est donc très important que le repas soit un moment de convivialité, partagé si possible en famille et sans télévision allumée ! L'Anses précise qu'il est importent d'éviter toutes les sources de distraction qui peuvent "détourner l'attention de l'enfant de son assiette, de ses sensations et des signaux de rassasiement et peuvent également limiter la possibilité pour l'enfant d'observer les autres convives et leur comportement alimentaire". Une grande partie de cet apprentissage du "bien manger" se fait grâce à l'observation, le bébé doit donc être dans un contexte chaleureux et calme favorable aux échanges. Les autres convives présents sont aussi là pour l'encourager à goûter sans le forcer à manger !

Quels sont les aliments à éviter ou à limiter pour les bébés ?

Afin de donner aux jeunes parents des indications claires sur les aliments qui ne sont pas recommandés, l'Anses a établi deux listes.

Les aliments à éviter : 

  • Les petits aliments de forme cylindrique ou sphérique qui résistent à l'écrasement
  • Le café, le thé, les sodas et autres boissons caféinées
  •  Les édulcorants et boissons édulcorées

Les aliments à limiter :

  • Les produits à base de soja, à limiter en raison des expositions aux phytoestrogènes
  •  Le chocolat, à limiter en raison de sa contribution importante à l'exposition des enfants au nickel (voir l'étude EATi).

Concernant l'apport en sucres, véritable problème de santé publique, l'Anses s'appuie sur une étude récente de la Commission européenne sur les aliments pour bébés disponibles sur le marché européen, et dénonce plusieurs catégories d'aliments, notamment les biscuits et biscottes, qui peuvent "contribuer à apporter des quantités excessives de sucres totaux aux enfants". Au-delà de la nécessité pour les pouvoir publics d'établir "des critères de teneur en sucres pour que ces produits soient adaptés à la consommation des jeunes enfants", les parents peuvent au quotidien réduire la consommation de leurs enfants en observant bien les étiquettes, en réalisant des goûters maison et en favorisant des en-cas sains.

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